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Le Questionnaire : Jean-Pascal Hesse par Carole Schmitz

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Jean-Pascal Hesse : Regarder pour raconter

Depuis toujours, Jean-Pascal Hesse regarde le monde avec une intensité presque cinématographique. Historien de formation, écrivain par vocation et communicant par intuition, il a su faire de l’image — fixe ou en mouvement, réelle ou rêvée — le fil conducteur d’un parcours singulier, à la croisée de la culture, du style et de l’émotion. Loin d’un simple esthétisme de surface, son rapport à l’image s’apparente à une quête : celle de la beauté, de la mémoire, du détail révélateur.À travers ses nombreux ouvrages — sur Pierre Cardin, Maxim’s, le Palais Bulles ou encore les paysages secrets du Luberon — il construit un véritable travail de mise en scène du réel, où chaque lieu, chaque objet, chaque silhouette devient prétexte à narration. Il ne s’agit jamais de décorer, mais d’évoquer, de suggérer, de transmettre. Chez lui, l’image est langage. Elle convoque le passé tout en célébrant la modernité, elle donne à voir, mais surtout à ressentir. Dans un monde saturé de visuels éphémères, Jean-Pascal Hesse cultive au contraire une vision exigeante, presque artisanale, de l’image. Une vision où la lumière, le cadrage, la matière comptent autant que l’intention. Rencontre avec un homme pour qui écrire, raconter et montrer ne sont jamais des gestes séparés, mais les expressions multiples d’un regard profondément sensible et engagé dans l’art de révéler.

 

Website : www.jeanpascalhesse.com
Instagram : @jpgs75
Actualité : A paraitre en Juin 2025 aux Editions Odyssée : « Salon de Provence, Mémoires d’une ville ».

 

Votre premier déclencheur photographique ?
Jean-Pascal Hesse : Les collines de mon enfance à Pélissanne.

L’homme ou la femme d’image qui vous inspire ou a pu vous inspirer ?
J-P.H. : Un mannequin emblématique des années 50, Marie-Hélène Arnaud.

L’image que vous auriez aimé prendre ?
J-P.H. : La première photo connue de l’histoire de la photographie prise par Niépce « Le Point de Vue de la fenêtre du Gras ».

Celle qui vous a le plus ému ?
J-P.H. : Une photo de mes parents, jeunes mariés qui quittent pour toujours Alger en juin 1962, pour prendre un avion pour Marseille.

Et celle qui vous a mis en colère ?
J-P.H. : Les photos de guerre.

Quelle photo a changé le monde ?
J-P.H. : La photo du premier homme en juillet 1969, Buzz Aldrin qui marche sur la Lune.

Et quelle photo a changé votre monde ?
J-P.H. : La photo que j’ai pu prendre avec mon premier iPhone.

Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans une image ?
J-P.H. : L’esthétique d’une image et le mystère de sa beauté.

Quelle est la dernière photo que vous ayez prise ?
J-P.H. : Un bouquet de fleurs.

Une image clé dans votre panthéon personnel ?
J-P.H. : Un portrait d’Albert Camus de Yoshi Takata, le jour où il a reçu le prix Nobel de littérature.

Un souvenir photographique de votre enfance ?
J-P.H. : Des souvenirs de vacances en famille dans la maison de campagne de mes grands parents à Lapradelle dans l’Aude.

Qu’est-ce qui fait une bonne photo ?
J-P.H. : L’émotion qu’elle nous renvoie que ce soit de la joie ou du regret.

La personne que vous aimeriez photographier ?
J-P.H. : L’enfant que je n’ai pas eu.

Un livre photo indispensable ?
J-P.H. : Tous les livres de décoration, les beaux livres d’art.

L’appareil photo de votre enfance ?
J-P.H. : L’appareil photo Kodak de mon père avec son étui en cuir.

Celui que vous utilisez aujourd’hui ?
J-P.H. : Un Lumix.

Un projet à venir qui vous tient à cœur ?
J-P.H. : La rénovation d’une maison en Lozère.

Votre drogue favorite ?
J-P.H. : Coca Cola regular !

Le meilleur moyen de déconnecter pour vous ?
J-P.H. : Partir, les voyages.

Quelle est votre relation personnelle à l’image ?
J-P.H. : Difficile, je m’aime rarement sur les photos.

Par qui aimeriez-vous être photographié ?
J-P.H. : Annie Leibovitz.

Votre dernière folie ?
J-P.H. : L’achat d’une maison en Lozère dans un petit village aux portes de l’Aubrac.

Une image pour illustrer un nouveau billet de banque ?
J-P.H. : Une image qui représente la France et qui parle au plus grand nombre, la Tour Eiffel ?

Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ?
J-P.H. : Thanatopracteur.

Votre plus grande extravagance professionnelle ?
J-P.H. : Mon entretien d’embauche chez Pierre Cardin.

Quelle question pourrait vous déstabiliser ?
J-P.H. : Celle qui relève de l’intime.

Quelle question aimeriez que lon vous pose, et que lon ne vous a jamais posé ?
J-P.H. : Aucune, on m’a posé toutes les questions inimaginables.

Quelle est la dernière chose que vous avez faite pour la première fois ?
J-P.H. : Contester les honoraires de mon avocat et rentrer en conflit avec lui.

La ville, le pays ou la culture que vous rêvez de découvrir ?
J-P.H. : L’Océanie.

Le lieu dont vous ne vous lassez jamais ?
J-P.H. : Capri.

Votre plus grand regret ?
J-P.H. : Avoir fait confiance.

Sur les réseaux sociaux, êtes-vous plutôt Instagram, Facebook, TikTok, et pourquoi ?
J-P.H. : Instagram pour le plaisir de poster mes photos.

Quont apporté les réseaux sociaux, que ce soit en bien ou en mal, selon vous ?
J-P.H. : Un moyen de communiquer et de rentrer dans la vie des gens et le mal : les mises en scène qui illustrent à la fois l’absence de spontanéité et l’addiction à l’image et tous ces impératifs de standardisation.

 Couleur ou N&B ?
J-P.H. : Les deux.

Lumière du jour ou lumière artificielle ?
J-P.H. : Lumière du jour.

Quelle ville vous semble la plus photogénique ?
J-P.H. : Hydra.

Si Dieu existait, lui demanderiez-vous de poser pour vous ou préféreriez-vous un selfie avec lui ?
J-P.H. : Lui demander de poser pour moi.

Si je pouvais organiser votre dîner idéal, qui serait à table ?
J-P.H. : Une table en présence de tous ceux qui ont fait les racines de ma vie.

L’image qui représente pour vous l’état actuel du monde ?
J-P.H. : La fonte des glaces en Arctique.

Selon vous, qu’est-ce qui manque dans le monde d’aujourd’hui ?
J-P.H. : Plus d’humanité.

Si vous deviez tout recommencer ?
J-P.H. : J’aimerais savoir dire non plus souvent.

Que souhaiteriez-vous que l’on dise de vous… après ?
J-P.H. : Je ne sais pas… Il est encore trop tôt.

La chose essentielle que l’on doit savoir sur vous ?
J-P.H. : Je suis animé le plus souvent de bons sentiments.

Un dernier mot ?
J-P.H. : Merci la vie.

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