J’ai rencontré Maciej Markowicz à l’été 2024 dans la Galerie d’Anne Clergue à Arles. La galerie présentait son travail de Camera Obscura, à la fois non conventionnel et poétique, et j’ai immédiatement été fascinée par l’idée de savoir comment ces images avaient été créées et qui en était l’auteur.
C’est donc un plaisir aujourd’hui de partager davantage sur les inspirations de Maciej, sa manière de travailler et les idées qui le portent. Bonne lecture !
Nadine Dinter : Camera Obscura… comment vous est venue l’idée de travailler avec cette méthode photographique particulière ?
Maciej Markowicz : Elle est née de la confrontation avec la mortalité et du choix de cesser de courir dans la vie. La camera obscura impose ce choix – on ne peut pas se presser avec elle. Cette contrainte est devenue le cœur du projet.
Quand j’étais enfant, ma grand-mère polonaise m’appelait pędziwiatr – un geocoucou, toujours en train de courir, toujours en mouvement, emporté par le vent. Mais un jour, j’ai presque manqué de temps. Une maladie soudaine a failli me coûter la vie. Beaucoup de médecins m’ont abandonné, sauf un.
Cette expérience précoce a complètement transformé ma perception du temps. Elle m’a rendu obsédé par son écoulement, par les qualités temporelles de la vie. Je suis là maintenant, mais je pourrais ne plus être là demain. Cette conscience ne me limite pas ; elle m’éveille. Chaque instant devient précieux. Chaque seconde de lumière devient sacrée.
Pourquoi la Camera Obscura en particulier ? Parce que, pour moi, la Camera Obscura n’est pas seulement un appareil – c’est un sanctuaire. Un endroit où je peux cesser d’être le roadrunner et me rendre pleinement présent à la lumière elle-même. Dans cet espace obscurci, le monde se projette, inversé et pur. Saviez-vous que, pendant les dix premières semaines de sa vie, un nouveau-né voit le monde à l’envers et en miroir, comme dans une camera obscura ? Son cerveau n’a pas encore appris à retourner l’image. Ce regard brut, non filtré, sur le moment présent est précisément ce que je recherche.
La camera obscura me ramène à cette perception primordiale. C’est un temple de lumière où je peux être pleinement présent à l’instant et m’exercer à ralentir le temps.
Pendant des années, j’ai cherché des moyens d’exprimer ce que je ressentais à propos du temps, de la lumière, de la présence. Je construisais des Camera Obscura et j’exposais directement sur du papier photo depuis 2007. Puis, une nuit à New York en 2012, alors que je traversais un tunnel dans le métro, les lumières du train se sont éteintes pendant quelques secondes et la lumière du tunnel s’est mise à clignoter à travers les fenêtres. J’ai eu une révélation : le mouvement est le temps rendu visible. Et il me suffisait de mettre la camera obscura en mouvement.
À cette époque, après quinze ans passés à chercher ma place dans le vaste paysage de l’art et de la photographie, je l’ai trouvée à l’intérieur de la camera obscura en mouvement – non pas à cause de ce qu’elle fait, mais à cause de ce qu’elle révèle du fait d’être vivant dans le temps.
Votre travail s’appuie sur une méthode photographique historique pour capter des atmosphères presque irréelles, tout en y insufflant une sensibilité contemporaine, tournée vers l’avenir. Avez-vous trouvé un terme spécifique pour qualifier votre manière de faire des images ?
MM : Je les appelle des « Motiongraphs ». Ces œuvres saisissent la véritable nature fluide du temps – cette transformation continue qui se perd dans notre manière instantanée de regarder. Nous pensons voir le monde, mais nous sommes généralement distraits, pressés, occupés à préparer ce qui vient ensuite. J’ai parfois l’impression que ma vie est devenue numériquement possédée et numériquement traitée. La vie moderne rend très difficile l’expérience du moment présent tel qu’il se déploie réellement.
Un Motiongraph n’est pas une photographie de quelque chose. C’est une trace du temps lui-même dansant avec la lumière. C’est ce qui se produit lorsque l’on ralentit suffisamment pour se joindre au processus créatif de l’univers.
Pensez-y : chaque photon présent dans ces images a voyagé huit minutes depuis le Soleil pour atteindre la Terre, parcourant 93 millions de miles en transportant l’énergie fondamentale qui anime toute vie. Puis, pendant exactement huit secondes, je laisse cette lumière cosmique écrire son histoire sur le papier photographique. Je ne me contente pas de faire de l’art, je collabore avec la lumière et le temps pour enregistrer leur déploiement continu.
Chaque œuvre est unique, parce que le temps ne s’écoule jamais deux fois de la même manière. Héraclite disait que « nul ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » – ma Camera Obscura flottante incarne cette vérité. Je saisis l’écoulement du fleuve, pas seulement le fleuve.
Pourquoi des négatifs uniques plutôt que des reproductions ? Parce que l’unicité reflète la véritable nature de la vie. Ce moment ici et maintenant ne se reproduira jamais. Chaque respiration que vous prenez ne peut être répéter. Chaque Motiongraph rend hommage à cette vérité. Il ne s’agit pas de rareté au service de la valeur marchande ; il s’agit d’honorer la nature singulière de l’expérience vécue.
Ce qui m’intéresse, c’est de révéler le flux du temps, la puissance de la lumière, le pouvoir que possède le ralentissement lorsqu’il nous permet d’être réellement présents. La Camera Obscura n’est que mon moyen d’y parvenir.
Vous utilisez actuellement votre Camera Obscura flottante à Berlin, sur la Spree, pour créer des images. Comment vous est venue l’idée de travailler depuis un bateau ?
MM : L’eau est une métaphore parfaite du temps.
Le fleuve s’écoule sans relâche. Il relie tout. Il n’est jamais le même d’un moment à l’autre et pourtant il conserve sa nature essentielle. Le fleuve ne résiste pas à son propre courant – il l’incarne.
Lorsque je vis et travaille à l’intérieur de la Camera Obscura flottante, je pratique une forme de méditation. Le bateau tangue doucement. La lumière danse à la surface de l’eau. La ville glisse à 8 km/h. Dans l’espace obscurci, je suis à la fois en mouvement et immobile : le paradoxe du geocoucou qui a cessé de courir.
Pourquoi l’eau en particulier ? Parce que j’ai le sentiment que nous avons perdu notre lien avec les rythmes naturels. Nous vivons dans une culture obsédée par l’accélération, où tout doit être plus rapide, plus efficace, plus productif. Le fleuve se moque du succès ou de la performance. Il se contente de s’écouler. Être sur l’eau m’entraîne dans ce rythme dans ce qui est réel plutôt que dans ce que nous fabriquons.
Le philosophe Henri Bergson distinguait entre le « temps de l’horloge » (temps) et la « durée vécue » (durée). Le temps de l’horloge est celui que nous mesurons. La durée vécue est ce que nous éprouvons lorsque nous sommes pleinement présents. La Camera Obscura flottante me donne accès à la durée au temps tel que nous le vivons réellement, et non tel que nous le comptabilisons avec anxiété.
À bord de la Camera Obscura, je pratique une véritable thérapie du ralentissement du temps. Ce n’est pas qu’une métaphore. Des études montrent que, lorsque nous sommes pleinement présents, le temps s’étire littéralement. Huit secondes d’attention totale contiennent plus d’expérience vécue que des heures passées à courir, distraits.
On me demande parfois des détails techniques – comment j’ai construit le bateau, quels matériaux j’ai utilisés. Mais cela revient à demander COMMENT. La vraie question est POURQUOI. Pourquoi un artiste choisit-il de vivre à l’intérieur d’une chambre noire flottante ?
Parce qu’être dans le noir, c’est comme être à l’intérieur de mon propre esprit. Le noir est la couleur de l’inconscient. Lorsque j’accroche le papier photographique dans l’obscurité, lorsque je compte ces huit secondes d’exposition, lorsque je deviens une partie de la Camera Obscura elle-même, je pratique une forme de méditation de la présence. Le bateau me porte, et je fais corps avec la machine, avec l’eau, avec la performance éternelle de la lumière, avec l’instant unique de l’ici et maintenant.
L’eau est la force implacable qui relie tout. Le passé se déverse dans le présent, qui se déverse dans le futur. Le fleuve ne segmente pas le temps en instants distincts il révèle la nature continue du temps.
En 2015, vous avez lancé le projet Camera Obscura Van New York. Pourriez-vous partager quelques moments forts de cette période et nous dire combien de temps le projet a duré ?
MM : Ce projet de van consistait à chercher le rêve américain tout en découvrant ce qui est réellement réel.
J’ai grandi dans la Pologne des années 1980 en rêvant de l’Amérique – ce lieu mythique de liberté et de possibilités. En 2010, j’ai obtenu une bourse pour la School of Visual Arts (SVA) et, en 2012, je suis parti à bord d’un van transformé en Camera Obscura, poursuivant ce rêve sur les routes américaines.
Mais voici ce que j’ai découvert : lorsque l’on ralentit suffisamment pour vraiment voir, le rêve se révèle à la fois vrai et faux. Le rêve existe, mais pas de la manière dont on l’imagine. La véritable magie ne résidait pas dans les destinations – elle se trouvait dans la lumière : dans la danse des ombres, dans cette qualité particulière de la lumière américaine, différente de toutes les autres.
J’ai passé des années dans ce Van Camera Obscura, à photographier New York presque incognito, traversant la métropole trépidante à une vitesse suffisamment lente pour réellement voir la vie plutôt que simplement la traverser. Le van est devenu mon premier temple flottant mon premier remède contre la culture de l’accélération.
Le moment fort n’a pas été un lieu ni une image. Le moment fort a été de découvrir que le mouvement pouvait être l’élément qui me manquait. Pendant quinze ans, j’avais peiné à essayer de saisir le temps, la lumière et la mémoire des lieux dans une seule photographie. Puis j’ai compris : je devais cesser de lutter contre le mouvement et commencer à collaborer avec lui, en enregistrant directement sur une feuille de papier photographique le mouvement de nos vies.
Le van m’a appris qu’être porté par la machine, devenir une partie intégrante de l’appareil ce n’était pas seulement une technique. C’était ma philosophie. C’était une manière d’être au monde.
Vos séries portent souvent des titres poétiques et minimalistes, comme View from the Bridges…. Dans quelle direction vous engagez-vous désormais ?
MM : Je continuerai à pratiquer l’art de la présence à une époque dominée par la distraction.
Je garde mes titres minimalistes parce que je veux que les gens fassent l’expérience de l’œuvre, plutôt que de la lire. Le texte peut devenir une distraction. Je préfère que l’œuvre parle à travers la lumière et le temps, et je souhaite que les spectateurs s’immergent dans chaque pièce pendant au moins huit secondes.
Mon sujet, c’est le temps lui-même. Les qualités temporelles de l’existence. Le flux implacable du moment présent. Sur le plan artistique, j’explore la manière dont la Camera Obscura peut devenir encore davantage un temple, un espace sacré pour éprouver la lumière. Peut-être en travaillant avec des ballons météorologiques, peut-être sous l’eau. Mais ce ne sont là que de nouvelles formes pour la même question essentielle : comment rester présents à la nature fugace, précieuse et irrépétable de la vie ?
Ma Camera Obscura continue de se déplacer parce que la vie continue de s’écouler. Je ne fais que poursuivre la pratique de l’art d’être présent à ce flux.
Votre prochaine exposition, Above the River and Under the Sky, ouvrira à la galerie INNSITU à Innsbruck mi-avril 2026. Pourriez-vous donner à nos lecteurs un aperçu de ce qu’ils pourront y découvrir ?
MM : Le titre lui-même est conçu pour éveiller la curiosité et donner un indice de ce que j’explore.
Mon projet se situe à l’intersection d’une technique photographique historique la camera obscura, d’une pratique contemporaine du paysage et d’une réflexion philosophique sur le temps.
Ce nouveau corpus, réalisé dans le Vorarlberg et le Tyrol, en Autriche, fait écho à un sentiment très fort que j’ai éprouvé pour la première fois en travaillant avec mon prototype de Van Camera Obscura à New York en 2012. Ces premières œuvres étaient principalement des vues depuis des ponts – une position suspendue, littéralement « pendue » entre verticales et horizons. À l’intérieur du véhicule obscurci, dans l’attente que l’image inversée se forme sur le papier photosensible, j’existe dans un état de suspension : entre le fleuve qui s’écoule en bas et les ciels changeants au-dessus, entre le moment à l’extérieur et l’exposition qui se construit à l’intérieur, entre voir et faire.
Above the river, under the sky – c’est là que nous vivons tous. C’est là que chaque respiration a lieu. C’est là que la lumière accomplit sa danse éternelle, se déplaçant dans l’espace et le temps.
Nous existons dans cette couche incroyablement mince entre l’eau et le ciel, entre la terre et le cosmos. Nous sommes pris en sandwich entre ces deux royaumes, et la plupart des gens ne s’arrêtent jamais pour ressentir cette vérité. Mon travail invite les visiteurs à faire l’expérience de ce seuil, de cet espace de suspension et de devenir.
Ce que les visiteurs découvriront, ce ne sont pas simplement des photographies accrochées aux murs. C’est une invitation à témoigner de la nature fluide du temps. Chaque œuvre grand format est ce que j’appelle une « lemniscate temporelle », une incarnation visuelle du symbole de l’infini, où la limitation et l’illimitation collaborent.
Lorsque le chiffre 8 se couche, il devient le signe de l’infini. Mes expositions de huit secondes capturent un parcours complet autour de ce symbole éternel. Huit secondes, c’est assez long pour percevoir le flux du temps, assez court pour préserver l’énergie du moment présent.
À rebours du mythe fabriqué de la capacité d’attention limitée à huit secondes, ma pratique démontre que huit secondes d’attention véritable – une attention cosmique – ouvrent des portes vers une conscience infinie. C’est une thérapie qui ralentit le temps par la lumière.
Mais, au fond, les détails précis de l’exposition importent moins que la question centrale : êtes-vous prêt à ralentir suffisamment pour voir ce que la lumière veut vous montrer ?
Comment vous préparez-vous à une prise de vue à l’intérieur de votre Camera Obscura ? Suivez-vous un rituel particulier ?
MM : Lorsque je me prépare à faire des photographies, je me prépare surtout à recevoir ce que la lumière offre.
Je ne prends pas des photographies, je les reçois : « prendre » implique le contrôle, la possession, l’extraction. « Recevoir » suppose la collaboration, l’humilité, la présence.
Ma routine est un rituel de présence :
J’entre dans la Camera Obscura plongée dans le noir – j’entre dans mon propre esprit, dans cet espace de subconscient où le noir révèle au lieu de dissimuler.
J’accroche le papier photographique dans l’obscurité totale – c’est une sorte de danse, guidée par la mémoire et le toucher plutôt que par la vue. La performance qui se joue à l’intérieur de la Camera Obscura n’est pas destinée à un public. C’est une relation de parenté avec la lumière.
Je compte huit secondes – ni sept, ni neuf. Pourquoi huit ? Parce que huit secondes sont mon portail personnel vers le moment présent. Parce que savoir que je pourrais ne plus être là demain rend chaque tranche de huit secondes sacrée.
Pendant ces huit secondes, je deviens immobile. Je respire. Je sens le mouvement. J’entends le vent. Je deviens une partie de la Camera Obscura en mouvement, une partie du lieu, une partie du voyage de la lumière depuis le Soleil.
Puis le papier est développé et l’autobiographie de la lumière se révèle. Je ne la manipule pas, je ne la « corrige » pas dans Photoshop, je n’essaie pas d’améliorer ce que la lumière a écrit. Ce qui s’est passé s’est passé. Le temps a coulé, la lumière a dansé, et j’étais présent pour en être le témoin.
Si vous deviez associer votre travail à de la musique, quel compositeur, quel groupe ou quel genre résonnerait le mieux avec ce que vous faites ?
MM : Une musique qui vous apprend à écouter comme mon travail vous apprend à voir.
Si je devais choisir deux musiciens qui incarnent ce que je fais avec la lumière et le mouvement, ce serait les Nocturnes de Chopin et les improvisations de Keith Jarrett.
Les Nocturnes de Chopin saisissent l’immobilité intérieure, l’obscurité contemplative du fait d’être à l’intérieur de la Camera Obscura. Écoutez son Nocturne in E-flat major, Op. 9, No. 2 – il y a là une intimité, une sensation d’être seul avec la lumière et l’ombre, où chaque note est comme un photon qui cherche son chemin dans l’obscurité. Chopin avait compris que les sentiments les plus profonds naissent dans des espaces calmes et solitaires. C’est exactement ce qu’est la Camera Obscura – un nocturne fait de lumière plutôt que de son.
Les improvisations sans fin de Keith Jarrett – en particulier The Köln Concert – sont du mouvement à l’état pur, une vie en perpétuel déplacement, des impressions qui se déploient sans plan ni contrôle. Il s’assoit au piano et laisse la musique surgir du moment lui-même, répondant à ce qui vient de se produire, anticipant ce qui pourrait suivre, pleinement présent dans l’acte de devenir. C’est exactement ce qui se passe à l’intérieur de ma Camera Obscura flottante : j’improvise avec le mouvement, avec les courants de l’eau, avec la lumière changeante, avec le rythme du fleuve qui me porte.
Ensemble, ils sont parfaits : Chopin est l’immobilité à l’intérieur de la Camera Obscura plongée dans l’ombre. Jarrett est le mouvement du bateau sur l’eau. Le ressenti intérieur rencontre le flux extérieur. La contemplation rencontre l’improvisation. La lumière rencontre le mouvement.
Tous deux exigent la même chose que demande mon travail : on ne peut pas les précipiter. Il faut se rendre à leur temps, entrer dans leur rythme, les laisser se déployer à leur propre cadence. Dans notre culture obsédée par l’accélération, cela devient radical – une musique et un art qui exigent la présence, qui pratiquent la thérapie du ralentissement du temps.
Quelle serait votre recommandation à la toute dernière génération de photographes expérimentaux ?
MM : Cessez de vous intéresser à la photographie. Commencez à vous intéresser à ce que vous voulez révéler. Une fois que vous aurez exploré en profondeur votre engagement envers votre sujet, les outils deviendront secondaires.
Mes quatre conseils essentiels :
- Trouvez ce que vous ne pouvez pas ne pas faire
J’ai failli mourir jeune. Cette expérience m’a rendu obsédé par la nature précieuse et fugace du temps. Je ne pouvais PAS ne pas explorer la temporalité. Quelle est votre obsession ? Quelle blessure êtes-vous en train de guérir ? Avec quelle question vivez-vous ? Ne soyez pas simplement « intéressé par la photographie » laissez-vous consumer par quelque chose que la photographie vous aide à révéler.
- Construisez votre temple, pas votre carrière
Pour moi, la Camera Obscura est un temple de lumière, un sanctuaire contre la culture de l’accélération, un espace où s’opère la thérapie du ralentissement du temps. Quel est votre temple ? Trouvez l’espace physique, mental, intemporel où vous pouvez accomplir votre travail le plus profond. Construisez-le. Protégez-le. Laissez-le révéler qui vous êtes de l’intérieur, et non ce que vous pensez que le monde veut voir.
- Faites de vos limites votre libération
Je travaille uniquement avec des expositions directes sur papier photographique. J’expose exactement pendant huit secondes. Je ne peux travailler que là où le soleil brille. Ce ne sont pas des contraintes ce sont mon moteur créatif. Trouvez votre limitation sacrée. Cessez d’essayer de tout faire. Faites une chose avec une telle dévotion qu’elle en révèle l’infini.
- Souvenez-vous : vous pourriez ne plus être là demain
Ma grand-mère m’appelait roadrunner. Puis j’ai failli manquer de temps. Cette prise de conscience a tout changé. Elle a rendu chaque instant précieux. Chaque photo est sacrée. Chaque tranche de huit secondes est un cadeau. La thérapie réside dans la pratique, non dans la reconnaissance. Vivez comme si cela comptait. Créez une œuvre qui a vraiment du sens pour vous.
Dernière vérité :
Le roadrunner a découvert que, pour rattraper le temps, il faut d’abord cesser de courir. La Camera Obscura m’a appris que huit secondes d’attention totale ne me donnent pas moins elles me donnent tout. Elles m’offrent une fenêtre infinie à l’intérieur de chaque moment ordinaire.
Trouvez vos huit secondes. Trouvez votre temple. Trouvez ce que vous ne pouvez pas ne pas faire.
Puis consacrez-vous à le révéler, et pas seulement à le photographier.
Pour plus d’informations, consultez le compte Instagram de l’artiste : @maciejmarkowicz
SAVE THE DATE:
Above the River and under the Sky
INNSITU Gallery, Innsbruck | Camera Obscura Project for the 200th Anniversary of Photography
Opening Week: April 13-16, 2026














