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Bande organisée : Le Matin rose

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Entre Strasbourg, Arles et les Vosges, trois jeunes photographes se rassemblent sous la bannière du collectif Le Matin rose. Sans attendre que le monde de l’art leur ouvre les portes, ils se prennent en main et organisent ateliers, expositions, projections pour donner des moyens d’expression à une nouvelle génération d’artistes.

 

Votre collectif a un peu plus de trois ans. Qu’est-ce qui vous a rassemblé ?

Séléné Brault : On était en BTS photo tous les trois et on s’est dit : “on est copains, on continue ensemble après la formation et on ne lâche pas ce truc d’être à plusieurs, de parler mutuellement d’images.

Arthur Perrin : Dès le début, le collectif a été très important pour moi. Je suis arrivé tout seul en tant que photographe dans une ville où je ne connaissais personne. Et c’est vraiment Le Matin rose qui m’a poussé, qui m’a donné de l’énergie pour continuer à avoir une pratique personnelle.

Mélina Rard : On voulait même s’obliger à avoir ce cadre là. Et aussi de ne pas s’enfermer, de faire des choses avec d’autres amis photographes. Moi, je voyais ça un peu comme une envie pour plus tard. Et Arthur nous a poussé : “on peut faire ça maintenant, on fait ça maintenant !

 

Vous habitez à Strasbourg, à Arles, dans les Vosges. Comment parvenez-vous à faire collectif ?

Mélina Rard : C’est un peu un crédo du Matin rose : on n’a jamais vraiment été réunis. Par contre, on échange régulièrement en visio et on organise des temps pour se voir. Dans ces moments, c’est assez fou à quel point on peut avancer. Peut-être que si on se voyait plus, le collectif ne marcherait pas !

 

Après des premiers travaux sous forme de collages à Marseille puis à Lyon en 2023, vous avez organisé une projection de projets photos à Arles en 2024, comment est née cette idée ?

Mélina Rard : On s’est retrouvé au printemps à Arles et j’avais émis l’envie de faire une projection dans mon jardin. Et petit à petit, on s’est dit qu’on pouvait faire quelque chose de plus grand. Ça nous a presque un peu dépassé ! On avait cette volonté que ça reste en plein air, accessible. Et ça s’est fait au tiers-lieu La Verrerie.

Arthur Perrin : Plutôt qu’exposer nos photos et celles de nos amis, on s’est dit : “pourquoi ne pas faire un appel à candidatures ?”. On en a reçu plus d’une centaine. Il a fallu faire un choix, et on a sélectionné 12 projets qui nous touchaient, qui allaient bien ensemble.

Mélina Rard : C’était réservé à de jeunes photographes qui n’avaient jamais exposé. C’était très dur de choisir mais super intéressant de voir tous les sujets traités.

 

Quelle forme a pris cet événement ?

Arthur Perrin : C’est devenu une Soirée projo. On a fait une longue projection, d’environ une heure, en extérieur avec des projets du Matin rose, d’amis qui avait candidatés et d’autres photographes qu’on ne connaissait pas. Il y a eu des échanges, des discussions, des présentations de projets. Ça a créé des liens.

Mélina Rard : Après ça, on s’est demandé si on repartait sur un nouvel appel à projet et finalement, on a eu une proposition pour exposer ces 12 photographes dans un espace d’exposition : Le Refuge de la création dans les Vosges.

Séléné Brault : On a montré trois images par photographe à l’intérieur du refuge et il y avait aussi la volonté de montrer un travail local alors le travail d’Arthur sur la forêt vosgienne a été exposé à l’extérieur.

Arthur Perrin : Ça a permis de montrer un autre regard sur la forêt vosgienne, en dehors de la photographie animalière qui est très fréquente dans cette région. On a le sentiment que les gens ont été touchés par ça.

Séléné Brault : C’était aussi notre rôle sur place, expliquer les intentions des projets, parler d’autres formes photographiques.

Mélina Rard : Depuis le début, on se questionne : à qui on veut montrer nos photos ? Pourquoi on fait ça ? Comment rendre accessible nos images ? À Arles, par exemple, on est face à des publics d’initiés. C’est important pour nous de garder cette intention-là : ouvrir nos images.

 

Cette exposition se nomme “Ne plus attendre”. Un prolongement de ce que vous disiez un peu plus tôt : “on peut faire ça maintenant, on fait ça maintenant“ ?

Arthur Perrin : Tous les projets photos qu’on a présentés ont été imaginés par des jeunes photographes qui traitent des sujets relatifs à notre génération. L’idée c’est d’exposer tout de suite, sans attendre de gravir les échelons de la hiérarchie de la photographie. Ne plus attendre c’est dire que les jeunes photographes ont plein de choses à exprimer sur des thématiques sociales, écologiques et que ces sujets sont tout aussi importants que ce que les photographes plus anciens présentent à Arles. C’est un peu ouvrir par effraction le monde de l’expression et de l’art. Ce qu’on fait dans nos ateliers d’éducation à l’image dans les écoles, c’est ça aussi : utiliser les images comme un moyen de discussion, d’expérimentation, de pratique.

 

Vous sentez que le cadre de la diffusion de la photographie a réellement changé aujourd’hui ?

Arthur Perrin : En tout cas, il y a des formes, des possibilités. Internet joue un rôle dans ces changements. On a reçu les candidatures pour l’appel à projets par Instagram, on a contacté le lieu via Instagram, on a fait notre communication sur Instagram. Et puis le collectif : individuellement personne ne nous connaît, mais avec Le Matin rose on est une entité qui nous permet d’organiser des expositions, des projets, des ateliers.

 

C’est quoi l’avenir ?

Mélina Rard : On aimerait continuer de développer les ateliers en école avec Séléné. Prendre aussi le temps de se recentrer et d’imaginer un vrai projet collectif. Mais tout en restant ouvert, pour partager des choses avec d’autres photographes hors du collectif. Et dans le grand futur, avoir un lieu ce serait super !

 

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