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Arles 2025 : Musée Réattu : Béatrice Helg : Géométries du Silence

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Le Musée Réattu d’Arles est incontestablement un des berceaux iconiques des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles. À ce titre et fier de poursuivre cette tradition, la direction de ce musée nous propose, chaque année, de grandes expositions. Ces manifestations reposent sur la mise en valeur des œuvres d’un ou de plusieurs photographes qui ont marqué leur époque dans des styles très divers et dans des catégories d’images non exhaustives. Il est, au passage, quand même très étonnant que ce lieu qui nous propose souvent les toutes meilleures œuvres photographiques des Rencontres soit ostracisé sous une bannière « Arles Associé ».

Dans cet écrin atypique, la volonté est clairement affichée de faire découvrir aux visiteurs, les travaux photographiques de qualité de telle ou tel auteur qui ont su valoriser le domaine de l’expression en images. Toutefois, la volonté clairvoyante et les lieux mythiques ne sont pas toujours suffisants pour faire une alchimie réussie avec un travail de créatif, dont les contours doivent s’adapter.

Cette année, le choix des photographies de Béatrice Helg n’était guère contestable au regard des productions originales et incontestables de cette créatrice de talent. Le défi se trouvait dans la constitution de l’indispensable harmonie cohérente dans l’environnement feutré et baroque de ce grand prieuré qui héberge le musée.

Avec Béatrice, le problème ne semble pas s’être posé. La photographe a débarqué à Réattu avec ses choix, ses scénographies adaptées à chaque salle, et, en fin de compte, elle a pris en main la confection de son catalogue. Sans réserve, cette exposition dans sa présentation, son accessibilité et la mise en dialogue des images est une réussite complète. Le perfectionnisme, l’intelligence des formes et des volumes, les impacts de la lumière, servent à merveille immersion ou la contemplation des photographies. Si je ne suis pas fanatique des auteurs qui veulent se mêler de tout, il est parfois des concepteurs dont la recherche de la perfection – au sens spirituel -, accouche d’un ensemble quasi parfait.

Merci Madame de cette réalisation que nombre de scénographes, de « curateurs » (commissaires d’expositions), de graphistes des Rencontres et autres palanquées étudiants devraient venir étudier, même s’ils n’ont strictement aucun intérêt pour la photographie. Après Jean Claude Gautrand à Réattu et Hans Silvester à l’Arlaten en 2024, vous continuez à nous proposer des expositions qui ressemblent à des expositions. Dommage que ces lieux de culture emblématiques ne soient qu’associés, alors qu’ils proposent parmi les meilleures prestations.

Mais l’essentiel revient aux plus de 70 images qui sont accrochées. Toutes ces photographies, extraites des différentes collections, définitivement figées, réalisées par Béatrice Helg sont dans des grands formats hétérogènes d’environ un mètre carré. Il est essentiel de préciser que tant pour des raisons personnelles que de réalisations techniques, tous les tirages sont réalisés en nombres très limités (1 à 3), à jamais verrouillés. La qualité des images frôle la perfection absolue (qui ne saurait exister, parait-il, en notre bas monde). Le travail de l’auteure commence avec le choix du sujet pour se terminer avec son encadrement de ses œuvres. Chacun de nous sait que la maîtrise absolue de chaque étape de réalisation d’une image photographique est indispensable pour espérer un aboutissement au plus près de son imaginaire. Ceci étant posé, les réalisations de Béatrice reposent sur une dualité permanente entre la matière et la lumière. Ensuite, les compositions se jouent entre des masses et des ombres, le regard est aspiré par l’ensemble à partir d’un des nombreux détails alors que la vue s’est déjà évadée dans un ailleurs. La pensée se perd dans un espace, totalement voulu par la photographe, sans savoir si nous sommes toujours dans l’image ou dans un mirage en dehors. Le travail d’une orfèvre qui s’appuie sur les capacités sensorielles de chacun pour imposer, grâce à sa parfaite maîtrise de nombreux outils photographiques, un autre cheminement de nos dialogues avec ses images.

L’exposition est très belle, les photographies sont magiques. Cette présentation s’annonce comme l’une des plus belles et des plus originales des Rencontres 2025. Si vous passez à Arles, photographe, ou non, avant la fin du mois de septembre, vous devez passer à Réattu pour contempler quelques minutes certaines des œuvres de Béatrice Helg.

Pour les autres, cette photographe qui sait tout faire a pris en main la confection d’un très beau catalogue qui est à la hauteur de l’évènement et que vous pouvez commander directement à la librairie du musée.

Thierry Maindrault

 

EXPOSITION

Musée Réattu
10 rue du grand prieuré
13200 ARLES [intra muros]
du 05 juillet au 05 octobre 2025
du mardi au dimanche de 10 h 00 à 18 h 00. [fermé lundi]

 

CATALOGUE

Librairie Musée Réattu
10 rue du grand prieuré
13200 ARLES
30,00 euros + frais de port.

www.museereattu.arles.fr

https://beatricehelg.com

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