Gallerie d’Italia présentent Replaced, un nouveau corpus d’œuvres de la photographe Diana Markosian qui explore la relation entre l’amour et le chagrin. À la fois poétique et cinématographique, Replaced se déploie à travers la photographie et le film, marquant un nouveau chapitre audacieux dans la pratique interdisciplinaire en constante évolution de Diana Markosian. Reconnue pour brouiller les frontières entre mémoire et reconstruction, l’artiste tourne une fois de plus son objectif vers son monde intérieur.
L’exposition coïncide avec la parution du livre de photographies éponyme de Markosian, coédité par Allemandi et Atelier EXB, prolongeant ainsi la portée émotionnelle du projet au-delà des murs de la galerie.
Replaced s’ouvre sur des questions à la fois intimes et universelles : que se passe-t-il lorsqu’une histoire d’amour prend fin ? Que signifie se voir discrètement remplacé, non seulement dans la vie d’autrui, mais aussi au sein même de ces lieux autrefois sacrés ?
L’œuvre est façonnée par cette prise de conscience troublante : l’amour peut perdurer en votre absence, et les gestes, les lieux ainsi que les souvenirs que vous croyiez autrefois vôtres, et vôtres seulement, peuvent être partagés à nouveau avec quelqu’un d’autre. La charge émotionnelle ne réside pas uniquement dans la fin d’une relation, mais dans cette conscience désorientante que l’intimité n’est pas figée qu’elle peut être recréée et revécue avec un autre.
Pour faire face à ces sentiments, Markosian met en scène des reconstitutions avec un acteur, recréant des moments de tendresse côtoyant la rupture. Naviguant sur le terrain instable de la mémoire où le désir peut déformer, embellir et effacer, elle utilise l’appareil photographique comme un outil d’auteur, revisitant le passé tout en le façonnant au présent. Ce qui se déroulait autrefois hors de son contrôle est désormais dirigé, cadré et rejoué.
Un film immersif, se déployant sur les multiples murs de la galerie, prolonge cette démarche. Alternant entre images uniques et juxtapositions en écran partagé, il approfondit la résonance émotionnelle des photographies tout en réanimant les scènes à travers le temps narratif.
En fin de compte, Replaced offre une réflexion sur la survivance émotionnelle de l’amour, sur la manière dont nous traversons les cycles d’attachement, de séparation et de souvenir. Les images s’attardent dans un espace fragile, entre présence et absence, suspendues entre l’impulsion de laisser partir et le désir de retenir.
Diana Markosian (née en 1989 à Moscou) est une artiste américaine d’origine arménienne. Naviguant entre le documentaire et la mise en scène, Markosian explore la manière dont la photographie donne forme à l’absence, au désir et à la reconstruction du passé. À travers ses projets, la perte émerge comme une condition génératrice, façonnant des récits qui revisitent les ruptures fondatrices et les architectures fragiles du sentiment d’appartenance. Dans Santa Barbara (2020), elle mène une réflexion sur la migration et la fragmentation du foyer, abordant ces thèmes à travers le prisme de l’installation de sa propre famille aux États-Unis. Dans Father (2024), Markosian se tourne vers la possibilité de la réparation, retraçant une tentative de renouer avec son père, dont elle était éloignée, après des décennies d’absence. Avec sa toute dernière série, Replaced (2026), cette exploration s’étend au domaine de l’intimité amoureuse, examinant la vulnérabilité inhérente au fait de fonder son identité sur un avenir partagé, ainsi que le désarroi qui surgit lorsque cet avenir imaginé se dissout.
L’œuvre de Markosian a été exposée au sein d’institutions internationales de premier plan, notamment le San Francisco Museum of Modern Art, la National Portrait Gallery, l’International Center of Photography de New York et le FOAM Fotografiemuseum d’Amsterdam. En 2025, elle a reçu le Prix Madame Figaro aux Rencontres d’Arles pour son exposition Father. Ses travaux figurent dans d’importantes collections publiques et privées, et elle est largement reconnue pour avoir instauré un dialogue nuancé, au sein de l’art contemporain, entre pratique documentaire et narration mise en scène.
Zach Ritter
Diana Markosian : Replaced
Jusqu’en septembre 2026
Gallerie d’Italia
Piazza San Carlo, 156
10121 Turin TO, Italie
https://gallerieditalia.com/en/turin/exhibitions-and-initiatives/














