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Copenhagen Photo Festival 2026 : Un entretien avec Maja Dyrehauge Gregersen

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Le Festival photo de Copenhague se tiendra du 11 au 21 juin au cœur de la capitale danoise. Cet événement dédié au troisième art est un rendez-vous incontournable en Scandinavie. À cette occasion, nous avons pu rencontrer la directrice du festival, Maja Dyrehauge Gregersen, en pleine préparation de l’événement.

 

Quels sont les temps forts de cette nouvelle édition du Festival de la photo de Copenhague ?

Maja Dyrehauge Gregersen : Nous proposons cette année un programme très riche et international. La plupart des expositions sont réparties entre deux lieux : le centre du festival au Théâtre royal, où sont présentées les œuvres de photographes internationaux confirmés, et notre parc d’exposition VÆKST à Refshaleøen, où vous trouverez davantage d’artistes émergents. Notre invitée d’honneur est l’artiste américaine Carolyn Drake, qui présente trois de ses projets. Je recommande également les expositions des artistes sélectionnés pour des expositions individuelles cette année : Roger Ballen, Rhiannon Adam, Maja Daniels et Helge Skodvin, lauréats de notre appel à projets international.

 

Le Festival de photographie de Copenhague est le plus grand festival de photographie de Scandinavie. Le Danemark entretient-il un lien particulier avec la photographie ?

Le Danemark possède depuis longtemps une solide tradition en matière de photographie documentaire et de presse – une tradition qui a d’ailleurs été récompensée par des prix World Press Photo. Le plus célèbre actuellement est sans doute Mads Nissen. Le Danemark est historiquement lié à la photographie humaniste, comme en témoignent Jacob A. Riis, Jacob Holdt et son ouvrage American Images, Krass Clement et d’autres. Dans le domaine de la photographie d’art, nous comptons des photographes de renommée internationale tels que Trine Søndergaard et l’un des pionniers de la photographie d’art danoise, Keld Helmer-Petersen.
Nous constatons un intérêt international considérable de la part des photographes et des institutions, malgré la faible population du Danemark. Il existe généralement un grand intérêt international pour la scène culturelle danoise, et en particulier pour Copenhague. Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles le Copenhagen Photo Festival est devenu un haut lieu international en Scandinavie.

 

Quelles sont vos missions en tant que directeur du Festival de photographie de Copenhague ?

Ce qui rend ce festival de photographie unique, c’est qu’il n’est ni une institution, ni un musée, ni une galerie. C’est avant tout un lieu de rencontre. Nous jetons des ponts entre les photographes confirmés et les jeunes talents, ainsi qu’entre différents publics et des genres éclectiques. Ma mission la plus importante est d’être constamment attentive à la manière dont nous prenons nos décisions, à la manière dont nous facilitons les rencontres entre les photographes et le public, et de veiller à la cohérence entre ce qui nous motive et ce dont nous sommes réellement capables.

 

Vous évoquez la recherche constante de financements pour le festival. Concrètement, qui vous finance ?

Le festival dépend de fonds publics et privés. Nous bénéficions du soutien de la municipalité de Copenhague depuis le début [le festival a été créé il y a 16 ans], et ce soutien est essentiel. Nous tirons également des revenus de la vente des billets. Cependant, ces dernières années, le nombre de festivals au Danemark a augmenté, ce qui met chacun d’entre eux sous pression en termes de financement et de visibilité.

 

Quelles sont les expositions consacrées à la photographie danoise ?

Le festival dispose de deux sites : le centre international du festival au Théâtre royal et le parc d’exposition de Refshaleøen, à la périphérie de Copenhague. Sur ce dernier site, nous transformons un vaste espace naturel en parc d’exposition en collaboration avec l’école de photographie nordique
Nous mettons l’accent sur la photographie émergente à travers les travaux d’étudiants des écoles de photographie et de jeunes photographes des pays nordiques. Récemment, nous avons lancé l’initiative « Vækst Creatives », axée sur d’autres arts qui s’inspirent de la photographie. En réunissant ces jeunes communautés régionales, nous espérons créer une forte synergie entre elles et leur pratique artistique.

 

En dehors du festival, où peut-on voir des expositions de photographie à Copenhague ?

Il est toujours intéressant de suivre de près des lieux tels que Dark Gallery, ODP3 ou Ex Nihilo, qui lancent des initiatives intéressantes. Il s’agit de galeries ou d’espaces assez modestes, généralement à but non lucratif, qui s’efforcent vraiment de promouvoir les jeunes artistes travaillant dans le domaine de la photographie, souvent basés à Copenhague. Je vous recommande également de vous inscrire à notre newsletter, dans laquelle nous vous proposons environ une fois par mois des suggestions d’expositions, d’événements et de lancements de livres ayant lieu principalement à Copenhague et parfois aussi à Malmö.

 

Quels sont les photographes dont les œuvres vous ont marqué ?

Dans le cadre de mon travail, je vois régulièrement beaucoup de photographies exceptionnelles et visionnaires, mais si je devais citer quelques noms, je mentionnerais des figures très reconnues. L’année dernière, nous avons travaillé avec Martin Parr, par exemple, et je sais bien sûr qu’il est extrêmement célèbre, mais en quoi était-il si brillant ? À mon avis, il était brillant parce qu’il savait nous montrer les aspects universels de l’âme humaine tout en capturant l’instant présent, pour ainsi dire : il nous donnait un aperçu d’époques spécifiques et de certains modes de vie, faisant ainsi de la photographie un témoin du temps. C’est une sorte de photographie anthropologique, je dirais. Dans cette catégorie, je pense aussi à des noms comme Mary Frey, une photographe américaine qui a réalisé des mises en scène fascinantes dans les années 70 et 80, et on  embrasse mieux l’humanité après vu ses photos ; on a vraiment l’impression de comprendre comment les gens interagissent les uns avec les autres. D’autres noms méritent d’être mentionnés dans ce genre de photographie anthropologique, comme Jeff Wall et Taryn Simon. Pour n’en citer que quelques-uns.

Entretien Laurine Varnier

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