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Bande organisée : Collectif EeZ0

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Rarement collective, la photographie expérimentale trouve avec EeZ0 un terrain de rencontre à cinq voix. Le groupe revendique un dialogue entre des démarches affirmées, sans diluer les singularités. Après deux expositions et une troisième à venir, EeZ0 entre aussi en résidence dans un espace commun pour approfondir cette aventure naissante.

 

Comment vous êtes vous rassemblés autour de ce nouveau collectif : EeZ0 ?

Emilio Chiofalo : Avec Tomás, nous avions lancé un cycle d’événements consacré à la photographie expérimentale : Lumières libres. À cette occasion, nous avons conçu une exposition et invité trois artistes qui allaient devenir les membres du collectif. La collaboration a été naturelle, comme un coup de foudre artistique ! L’exposition s’intitulait État zéro : ce titre a conduit à celui du collectif, Élément zéro, que nous appelons aujourd’hui Eez0.

Julie Laporte : Pour cette première exposition, nous avons présenté des travaux personnels tout en cherchant un fil conducteur commun. L’enjeu était de faire dialoguer nos démarches afin de construire un ensemble cohérent, sans gommer nos singularités.

Benoît Lefeuvre : L’idée du « degré zéro » évoquait ce moment charnière : à la fois l’amorce d’un cycle et l’achèvement d’un autre. Cette notion correspondait parfaitement à la naissance du collectif.

 

Il y a peu d’exemples de collectifs de photographes expérimentaux. Quelle est votre expérience du travail collectif ?

Tomás Amorim : Je travaille au sein d’un atelier. Cette expérience m’a familiarisé avec cette dynamique : occuper un espace commun, confronter les idées, observer les processus des autres. Au sein d’EeZ0, nous nous sommes retrouvés dans des approches artistiques plus proches. J’ai sans doute apporté cette habitude du travail en collectif au moment de fonder le groupe.

Benoît Lefeuvre : En 2017, j’ai cofondé un label de musique expérimentale : autoproduction, recherche de lieux, organisation d’événements… Ce sont des expériences qui apprennent à construire à plusieurs et qui enrichissent les pratiques.

 

Comment êtes-vous passés de cette exposition, prémices de la création d’Eez0, à Afterglow, votre première exposition en tant que collectif à la galerie Porte B ?

Benoît Lefeuvre : Je collabore régulièrement avec la galerie Porte B, qui avait déjà présenté mon travail au salon Approche. J’ai proposé d’y développer un projet collectif. La galerie porte une attention particulière aux pratiques expérimentales : le contexte était propice. Travailler en collectif permet aussi d’élargir les perspectives, de mutualiser les réseaux et d’imaginer des projets plus ambitieux.

Emilio Chiofalo : Afterglow désigne la lueur persistante après le coucher du soleil. Cette image faisait écho à nos recherches autour de la lumière et à des procédés qui s’inscrivent dans la durée, parfois sur plusieurs mois avant de parvenir à une image. À l’occasion du bicentenaire de la photographie, c’était aussi une manière d’interroger l’évolution du médium, en faisant dialoguer techniques anciennes et outils contemporains, jusqu’à l’intelligence artificielle.

 

Quels sont vos sentiments au terme de cette première exposition collective ?

Emilio Chiofalo : Nous sommes très satisfaits de ce que nous avons présenté. Les retours ont été nombreux, souvent exigeants et sincères, y compris de la part de professionnels. Cette exposition a offert une réelle visibilité au collectif et ouvert de nouvelles perspectives. Nous poursuivrons d’ailleurs cette dynamique avec une exposition du 2 au 19 avril à Plateforme, comme un prolongement d’Afterglow.

 

Comment travaillez-vous ensemble ?

Emilio Chiofalo : Notre organisation reste souple, adaptée aux disponibilités de chacun. Un groupe WhatsApp très actif nous permet d’échanger en continu, et nous nous réunissons dès que possible, parfois tous les cinq, parfois en plus petit comité.

Julie Rochereau : Les idées circulent rapidement, autour d’un café ou à distance. Pour Afterglow, nous nous sommes retrouvés chez les uns et les autres afin de présenter nos recherches. La scénographie s’est construite in situ, en dialogue avec la galerie. Nous ne disposons pas encore d’un espace commun, mais c’est une perspective que nous aimerions développer. Une résidence à La Capsule nous permettra notamment de l’expérimenter.

Emilio Chiofalo : Je suis en résidence à La Capsule depuis plus d’un an, et la naissance du collectif s’est inscrite dans ce contexte. Le directeur nous a proposé d’y organiser une résidence collective, accompagnée d’une exposition prévue en octobre.

Tomás Amorim : Dans un premier temps, il ne s’agit pas forcément de produire des œuvres communes, mais de partager un espace et un temps communs. Être réunis permet de s’imprégner des gestes et des processus de chacun, d’observer le travail en train de se faire.

Benoît Lefeuvre : Nous sommes encore dans une phase de découverte mutuelle. Nous consolidons progressivement les liens et construisons des passerelles entre nos pratiques.

Julie Laporte : Nous avons nos singularités et nous souhaitons aussi les garder dans nos pratiques. Créer ensemble, c’est faire des ponts, se stimuler, créer une effervescence, se nourrir des travaux de chacun et chacune et avancer ensemble.

 

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