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Bande organisée : Collectif 867

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Dans une ancienne propriété viticole du Beaujolais, un collectif de huit photographes s’est formé autour d’un lieu devenu atelier, laboratoire et terrain d’exposition à ciel ouvert. Rencontre avec Michel Paccalin, à l’origine du projet.

Le collectif est né à partir d’un lieu. Pouvez-nous parler de cet endroit ?
Il était là bien avant que le collectif naisse ! C’est ma maison dans le Beaujolais : une ancienne propriété viticole au cœur des vignes, à 867 mètres du centre de Saint-Étienne-des-Oullières.

Pourquoi l’avoir transformé en lieu de création ?
Après les Beaux-arts, j’ai fait de la photo jusqu’en 1984 et puis j’ai changé de vie. Je suis revenu à l’image il y a 4-5 ans et j’ai rééquipé ma maison avec un labo, un studio. J’ai participé à un atelier à Lyon animé par la photographe Sarah Mulot. À la fin, j’ai eu envie de continuer. Comme j’avais de la place pour loger quelques personnes, j’ai décidé de faire un lieu où on pourrait se retrouver. Le 867 est né comme ça.

Qui sont les personnes qui ont rejoint le collectif ?
Ça c’est fait par rencontres. Avec Denis Laveur, on était voisins depuis des années mais on ne s’était jamais rencontrés, jusqu’à ce qu’on se voit à Arles. C’est lui qui a amené Gilles Pautigny. À une exposition de Sarah Mulot, j’ai discuté avec Nadine Lecoeur. Pendant des rencontres professionnelles à Arles, j’ai rencontré Estelle Rebour et Marie-Jo Magnière… On ne se connaissait pas bien, mais on a appris à se connaître au fil de nos temps de création.

Comment avez-vous formalisé la création du collectif ?
Mon idée était d’occuper les quatre hectares autour de la maison pour exposer. Dès la première réunion, on s’est mis d’accord pour travailler sur deux thématiques : le champ des possibles et la blessure avec un planning de sept rencontres par an pour se connaître, se montrer des images, travailler ensemble, avec l’idée d’avoir une restitution chaque année.

Quelles formes ont pu prendre ces restitutions ?
On occupe l’espace avec différents médiums liés à la photo : on va du collodion à la performance en passant par l’écriture. Chacun travaille et expose à sa façon. La première exposition s’est appelée Le passage des sarments. Un parcours s’est créé entre les différents espaces. L’année suivante, on a continué l’occupation du champ en agrandissant l’espace et cette année, une huitième personne a travaillé également sur l’écriture avec moi autour de notre nouvelle exposition : Champs libres. On a aussi fait une soirée à Arles pour La Nuit de la Roquette et sorti un zine.

Vous avez entamé une nouvelle saison du collectif en octobre dernier et sortez d’un weekend de travail. Sur quoi travaillez-vous ?
On a fait un peu de technique photographique autour du lumen, un peu de labo. Une partie des travaux va être liée au champ et à sa nature, sa composition, comment elle évolue. On s’essaie à des techniques argentiques. On fait de l’expérimentation sur place mais la nouveauté est que notre prochaine restitution ne se fera pas au 867. On se déplacera à Lyon à l’Orangerie à la fin de l’été 2026.

Comment vit ce lieu lorsque vous n’êtes pas en création collective ?
Il va être amené à accueillir d’autres artistes. Je suis sur place, j’ai du temps et j’aime ça. C’est un peu un retour à mes années d’expérimentation. On est en discussion avec une galerie marseillaise, l’idée étant de le mettre à disposition pour des projets cohérents : par exemple autour du lien entre écriture et photographie, ou peinture et photographie. J’ai proposé aussi de mettre à disposition le lieu pour des membres du collectif qui veulent faire des ateliers. Gilles Pautigny, Denis Laveur et Estelle Rebour y ont organisé des workshops. C’est à la campagne, donc ramener des gens n’est pas si évident. Mais une fois qu’on y est, c’est parfait pour travailler !

 

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