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Moscou 2012 : Taiyo Onorato & Nico Krebs

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L’humour Suisse demeure largement méconnu au-delà des sommets helvètes. Taiyo Onorato & Nico Krebs , qui sont tous deux suisses, comme leur nom ne l’indique pas, viennent de faire une percée à Moscou. Les visiteurs russes un peu attentifs pouffent à mesure qu’ils découvrent les subterfuges du duo. Les nouvelles icônes de l’humour, Onorato et Krebs ? En désespoir de cause, car leur intention de départ, avant de s’embarquer en 2005 pour une grande virée aux Etats-Unis, était de capturer le rêve américain, et de revivre les émotions de leurs idoles. Soit les grands maîtres de la photographie américaine : Robert Frank, Stephen Shore, William Eggleston, William Christenberry, Robert Adams et Joel Sternfeld.
 
Nos trentenaires suisses, qui travaillent essentiellement en duo, ont rapidement réalisé une fois sur place toute l’absurdité consistant à suivre scolairement les parcours de leurs prédécesseurs. “Nous faisions face simultanément à deux expériences : découvrir pour la première fois et ressentir que nous avions déjà vu tout ça à travers des livres, des photos, des films, des récits. Tout ça était déroutant. Mais nous avons trouvé un moyen de travailler avec le déroutage ». Soit dit en passant, le thème central de la Biennale Photo de Moscou 2012 est précisément « la route ».
 
Au cours de leurs deux épopées suivantes aux Etats-Unis (2006 et 2008), les compères ont peu à peu bâtit une large collection de photographies et ce n’est qu’à la fin du troisième voyage qu’ils ont réalisé que la technique du collage leur permettrait de trouver une voie originale dans la conquête de l’Amérique. Un travail qui leur a pris trois années supplémentaires, jusqu’en 2011.
 
En fin de compte, le duo donne dans le grotesque, le bizarre et la satire, non pas des Etats-Unis, mais de leurs propres fantasmes et représentations du pays. Une aube où se profile un champignon atomique, une maquette de soucoupe volante ratant son atterrissage, des frites plantées dans le sable observant le Grand Canyon… et surtout toutes ces routes absurdes, comiquement collées sur des paysages typiquement américains.
 
Par malheur, l’exposition d’Onorato & Krebs tient tout entière sur le mur au fond du foyer, là où les visiteurs lassés attendent leur moitié, passent un coup de téléphone. Les photos sont « empilées » sur le mur des plaisantins, là où le « MAM » gare les expos jugées trop anecdotiques pour occuper une « vraie » salle. Les Suisses méritaient mieux. Leur fantaisie tire la biennale hors du banal.
 
Emmanuel Grynszpan
 
Jusqu’au 15 avril
Multimedia Art Museum


Ostozhenka, 16
Moscou – Russie

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