Le Cristóbal Balenciaga Museoa de Getaria, ville natale de Balenciaga, en Espagne présente Vivre sa vie – Georges Dambier et la mode. Anabela Becho est la commissaire de l’exposition.
À la fin des années 40, dans l’ambiance pleine d’espoir de l’après-guerre, Paris récupéra sa place de capitale mondiale de la mode et la haute-couture devint l’une des principales industries de France.
La haute-couture vécut alors un véritable âge d’or, marqué par la maîtrise créative des maisons de mode qui devaient poser les bases de la féminité moderne : Dior, Balenciaga, Chanel, Givenchy, Fath…
Ces grands noms ensemble ne se contentèrent pas de dominer la scène parisienne, ils marquèrent également le destin de la mode à l’échelle mondiale. Leurs créations étaient reproduites, réinterprétées et diffusées par les magazines, les grands magasins et les clientes internationales, tandis que la haute-couture et son influence devenaient un moteur culturel et économique.
Le magazine ELLE, fondé en 1945 par Hélène Gordon-Lazareff transmettait l’image d’une femme émancipée et en constante évolution, clairement à l’encontre de la presse de mode de l’époque.
L’entrée du photographe Georges Dambier (1925-2011) dans le monde exclusif de la haute-couture fut marquée par deux femmes : Françoise Foucault, une jeune mannequin qu’il épouserait plus tard, et Lazareff elle-même qui lança sa carrière dans la photo de mode jusqu’à son apogée dans les années 50 et 60.
Dambier, avec son approche pionnière, sut casser les codes de la photo de studio en faisant sortir les mannequins dans la rue, en les libérant de leurs poses rigides et leurs attitudes stéréotypées, sans pour autant jamais renoncer à une exécution technique rigoureuse et sublime. Paris devint son studio de prédilection, et la Place Vendôme, Montmartre, les Champs Élysées, la rue de la Paix et la Seine ses scènes favorites pour cette tendance qu’il baptisa lui-même Couture en mouvement.
L’esprit vibrant et curieux de Georges Dambier, la vision avant-gardiste d’Hélène Gordon-Lazareff et la démocratisation des voyages dans les années 50 formèrent une alliance parfaite pour donner forme au concept du touriste-photographe. Dambier proposa pour ELLE des éditoriaux de mode dans des destinations lointaines comme le Maroc, l’ancienne Yougoslavie, le Brésil, les Antilles françaises, Tahiti ou Ceylan où la femme libre et voyageuse jouait le rôle de personnage principal.
Dans son œuvre, la femme devient l’axe central et indiscutable. Influencé par le cinéma et l’esthétique de la Nouvelle Vague, Dambier capture une beauté qui reflète une femme puissante et transcendant l’éphémère : vibrante, lumineuse et profondément intemporelle.
Le projet d’exposition doit son titre au film existentialiste de Jean-Luc Godard Vivre sa vie (1962). Tout comme Nana, le personnage principal interprété par Anna Karina, toutes les belles femmes photographiées par Dambier vécurent leur vie en liberté et sans inhibitions, en bousculant les bonnes manières dans un monde où les hommes sont encore prédominants.
La mode et la photo ont de tout temps été de puissants véhicules pour voyager dans le temps et dans la mémoire. L’exposition « Vivre Sa Vie. Georges Dambier et la Mode» est une invitation à plonger dans le contexte de la haute-couture parisienne des années cinquante guidé par le coup d’œil singulier du photographe français.
L’Exposition est présentée dans les salles du palais Aldamar et organisée comme un parcours reliant l’exposition de la collection du Musée Cristóbal Balenciaga, Technique, Matière et Forme, et l’exposition temporaire consacrée aux liens entre Balenciaga et Givenchy, The Givenchiaga Family.
Le point culminant du parcours est un discours axé sur l’âge d’or de la haute-couture, avec le regard final de la presse de mode : une vision construite par les éditeurs, interprétée par les photographes et incarnée par les mannequins, qui traduit et projette la mode du moment dans la société.
Anabela Becho est commissaire de l’exposition ; historienne de la mode et commissaire d’expositions, elle travaille en étroite collaboration avec Guillaume Dambier, conservateur de la collection Georges Dambier Photos.
Les 77 photos choisies sont organisées autour de sept grands sujets représentatifs de son œuvre et de la société du moment, avec des sections consacrées à Balenciaga et Givenchy: Scènario : La fotographie de Mode révéllée, Réelle et Surréaliste, Balenciaga vu par Dambier, Le premier défilé d’Hubert de Givenchy, Esprit couture, Une femme dans la ville, Invitation au voyage et Le soleil que c’est bon.
La photo de Georges Dambier nous montre une haute-couture renouvelée, vue sous le prisme d’une mode profondément moderne. Dans l’œuvre de ce photographe français, le temps et la mémoire s’entrelacent avec la couture parisienne et ses traditions, enrichissant un témoignage capital de l’un des âges d’or de l’histoire de la mode —Anabela Becho, commissaire de l’exposition.
Vivre sa vie – Georges Dambier et la mode
Jusqu’au 13 décembre 2026
Cristóbal Balenciaga Museoa
Aldamar Parkea 6
20808 Getaria, Espagne
T +34 943 008 840
www.cristobalbalenciagamuseoa.com
L’oeuvre de George Dambier est représentée par:
Michael Hoppen Gallery
10 Portland Rd.
London W11 4LA, Royaume-Uni
www.michaelhoppengallery.com
Peter Fetterman Gallery
2525 Michigan Ave, #A1
Santa Monica, CA 90404
www.peterfetterman.com
Holden Luntz Gallery
332 Worth Avenue
Palm Beach, FL 33480
www.holdenluntz.com














