Au fur et à mesure de mes recherches argentiques, j’ai souhaité démontrer qu’il s’avérait possible de développer des films, pellicules et papiers noir et blanc dans divers produits naturels alternatifs et ce de manière écologique, voir depuis septembre 2023 mes fiches /recettes publiées dans notre rubrique de L’Oeil Argentique.
Récemment, j’ai décidé de pousser encore un peu plus loin ma curiosité.
Je me suis rendu compte, qu’avec différentes belles fleurs de printemps on pouvait, en les mélangeant d’une certaine façon, concevoir et fabriquer un révélateur naturel dont les résultats s’avèrent souvent assez surprenants. ( finesse du grain, contraste, modelé, large gamme de gris…).
Lors de mes récents essais, un seul et même type de révélateur alternatif m’a permis avec la même composition de développer un film, puis dans la foulée, de développer des tirages barytés issus du film en question. Résultat, un révélateur naturel dont je vais oser ici caractériser son côté quelque peu universel.
En mariant des fleurs conservées séchées de lavande avec celles fraîches de couleur violette d’un lilas de notre jardin, et en y ajoutant à la fabrication de la vitamine C pure en poudre, du carbonate de sodium et un peu de sel de table iodé, j’ai réussi finalement à concevoir un révélateur me permettant successivement de donc développer pellicule et tirages papiers.
Chronologie de la fabrication de ce révélateur alternatif universel, aux fleurs de lavande et de lilas.
– Peser en tout premier la quantité nécessaire de fleurs pour faire 1 litre et demi de produit de base prêt à emploi.
Soit: 35 Gr de fleurs de lavande séchée et 25 Gr de fleurs de lilas cueillies sur notre arbuste soit un total de 60 Gr de fleurs.
– Ensuite, comme pour la préparation d’un révélateur réalisé aux herbes aromatiques, il faut effectuer une décoction.
– Si vous souhaitez ne développer que des tirages papier, vous pouvez utiliser de l’eau courante. Si en revanche, vous souhaitez développer aussi un film ou une pellicule, alors dans ce cas, au départ choisissez de l’eau déminéralisée.
– Trempez pendant au moins 5 minutes le mélange de vos fleurs dans cette quantité d’eau froide afin qu’elles s’en imprègnent, après seulement commencez la décoction.
Dès que l’eau commencera à bouillir, comptez 15 minutes de décoction mais à douce ébullition, en remuant de temps en temps le mélange de vos fleurs.
– En fin de décoction, laissez un peu refroidir votre liquide puis filtrez-le.
– Une fois cette opération terminée, vous pouvez maintenant commencer à peser les produits nécessaires à la fabrication proprement dite de votre révélateur.
– Pour un litre et demi de produit, pesez en premier et dans l’ordre de la dissolution, 15 Gr de vitamine C pure en poudre, puis en second 57 Gr de carbonate de sodium, enfin 5 Gr de sel de table iodé et pour terminer rajoutez 2 gouttes de liquide vaisselle.
Je vous conseille d’effectuer votre dissolution entre 22°et 25°.
Le rôle du pH qui détermine un bon équilibre de votre révélateur.
Vous le savez sans doute, pour s’assurer qu’un révélateur puisse agir correctement, il est utile de connaitre son pH.
En effet, les révélateurs chimiques classiques ont un pH qui se situe généralement entre 9 et 11,5.( bon équilibre entre acidité et basicité ). Il est donc conseillé, si vous possédez un petit stylo pH-mètre, de vérifier à la fin de votre fabrication, à quel niveau se situe cette valeur.
Le pH influence le contraste, la densité du film, la stabilité de votre produit, enfin la vitesse de développement de votre solution. Un exemple, un pH trop haut augmentera le contraste de votre film alors qu’un pH trop bas le diminuera.
Si besoin, vous pourrez corriger le pH de votre révélateur en fin de sa fabrication, avec un peu de bicarbonate de soude. Procédez dans ce cas par l’ajout de très petites doses tout en contrôlant au fur et à mesure la modification à l’aide de votre stylo pH-mètre.
En ce qui concerne la formule proposée pour mon révélateur aux fleurs mélangées de lavande et de lilas, j’obtiens un pH final à 10,6, ce qui est tout à fait correct. (voyez ci-joint les différents résultats obtenus, négatifs et tirages papier).
Comme évoqué précédemment dans mes fiches/recettes publiées, le développement des papiers barytés s’effectue dans un révélateur alternatif naturel, que l’on utilise toujours à haute température, entre 32°et 35° afin de permettre la bonne pénétration du développeur naturel au sein de l’émulsion, quant au développement d’un film ou d’une pellicule, je vous conseille de le développer à une température qui avoisine les 25° maximum, pour une durée de développement de 15 minutes.
Selon vos genres de prise de vues, vous pourrez après expérience, soit augmenter soit diminuer un peu votre temps de développement. Décidez en fonction de ce que vous souhaitez obtenir plus tard lors du tirage. Pour un négatif normalement développé de densité normale, le temps de pose sous un agrandisseur classique se situe entre 1 à 2 minutes à une bonne ouverture de diaphragme .
A chaque développement de films ou de tirages papier, prenez le soin de bien noter tous les paramètres que vous aurez programmés, c’est important pour vous en souvenir lors de vos prochaines opérations.
Pour les papiers barytés. (voir mes articles précédents), il faut compter une durée de développement qui se situe entre 4 et 6 minutes, en prenant le soin dans la cuvette par intermittence, de retourner doucement votre feuille de papier de manière régulière.
Partez du principe qu’un révélateur alternatif naturel, agit plus lentement dans l’émulsion. Attention: n’oubliez pas aussi le bain-marie afin de maintenir la température de votre révélateur durant toute la durée du développement.
Enfin, sachez que lors du séchage de vos tirages, les papiers barytés ont une tendance à continuer un peu de « monter » en densité, terme utilisé dans le métier. Essayez d’en tenir compte lors du développement des tirages, ne les sur-développez pas.
D’une manière générale et pour conclure, dans les conditions d’utilisation que je viens d’expliquer, vous constaterez que lors du développement d’un tirage dans un révélateur alternatif naturel, il faut attendre une bonne minute avant de commencer à voir apparaitre l’image sur la feuille de papier.
Jacques Revon
Journaliste honoraire, auteur, photographe.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Revon
Jacques Revon photographe journaliste vous propose de participer à un premier atelier/stage photographique dans lequel vous découvrirez ses recherches argentiques alternatives vous permettant de développer vous même des films et pellicules noir et blanc dans des révélateurs à base de produits naturels.
Ce stage est organisé les 14 et 15 juin prochain par l’Association de Développement de la Photographie dans le Vallon, située en Occitanie dans l’Aveyron, au coeur des vignobles de Marcillac.
Inscription pour le stage sur le site de la plateforme HelloAsso.














