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Eugène Atget : Voir Paris

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Henri Cartier-Bresson , Eugène Atget , Marc Riboud , Laurence Sackman , le Musee des Arts Decoratifs ; L’été photographique va être somptueux à Paris ! Restez à Paris en juillet et en Aout : Paris sera à vous. Vide toujours mais ouvert contrairement aux derniers 18 mois de cellule ! Et après celle d’Henri visitez l’exposition d’Atget; les deux sont sublimes ! – Jean-Jacques Naudet

Environ deux générations séparent les deux photographes. Le premier, Eugène Atget, abandonne sa carrière de comédien, le deuxième, Henri Cartier-Bresson, celle de peintre, au profit d’un art relativement nouveau, l’enregistrement photographique. Dans une double exposition exceptionnelle et des approches inédites, la Fondation HCB (du 17 novembre 2020 au 21 février 2021) et le musée Carnavalet – Histoire de Paris (au printemps 2021), s’associent pour montrer, à partir de leurs collections, l’essence de la capitale dans l’œuvre de ces deux grandes figures de la photographie française.

Henri Cartier-Bresson, subjugué par l’approche d’Eugène Atget, l’imitera jusqu’au moment où il découvre le Leica et « l’image à la sauvette ». « Prendre la poudre d’escampette » après avoir enregistré ce qu’il a vu, comme le disait souvent Cartier-Bresson, reste sa provocation favorite alors que pour Atget, dès l’aube, son lourd chargement sur le dos, l’enregistrement est très réfléchi ; on y devine peu de hasards mais un plaisir de la vision qui s’affirme avec le temps.

Atget, plus intéressé par la ville, depuis l’architecture la plus classique jusqu’aux cours les plus reculées, a mis en images de façon obsessionnelle un Paris marqué par l’histoire, proposant ses tirages à des peintres ou des bibliothèques. Les personnages qui s’invitent dans le cadre se fondent dans le décor. Henri Cartier-Bresson, après avoir fréquenté les surréalistes dans les années vingt, se découvre voyageur au long cours, avec Paris comme port d’attache. Plus que la ville, c’est l’Homme qui l’intéresse, il le saisit dans la rue ou à l’occasion de rencontres. Son boitier ne le quitte pas, photographier est une respiration, une affirmation, une protestation parfois, une flânerie parfois guidée par un reportage qui lui était demandé.

Atget n’a rien dit ou presque sur son travail. Des propos rapportés ont servi à définir un projet essentiellement documentaire mais son approche directe et emprunte de poésie a fasciné nombre de ses contemporains, d’où les commentaires les plus contradictoires sur cette œuvre atypique.

Cartier-Bresson, dont le musée Carnavalet possède une belle collection, a beaucoup commenté son travail et surtout en opposition à ce que l’on voulait lui faire dire. Il en résulte une autre complexité confirmée par l’examen de ses archives conservées au sein de sa fondation.

Photographes, Atget et Cartier-Bresson sont aussi de grands lecteurs. Ces deux figures foncièrement indépendantes, un brin austères, n’ont cultivé ni concepts intellectuels ni principes artistiques pour se fonder sur la valeur de l’expérience. Ils invitent à exercer notre regard, à considérer la complexité de ce monde comme la source même de notre faculté imaginaire. L’Histoire a voulu que ces deux œuvres, émancipatrices de la photographie, soient d’abord reconnues aux États-Unis, avant de laisser chacune une postérité immense. Les deux commissaires ont voulu que cette sélection originale reflète la dimension poétique des deux auteurs.

À l’occasion de la réouverture du musée Carnavalet et du deuxième anniversaire de l’arrivée dans le Marais de la Fondation HCB, c’est une célébration de Paris par des regards singuliers, avant qu’elle ne devienne l’une des villes les plus photographiées au monde.

 

COMMISSARIAT DES DEUX EXPOSITIONS

Anne de Mondenard, responsable du département Photographies et Images numériques, musée Carnavalet – Histoire de Paris

Agnès Sire, directrice artistique, Fondation HCB

 

EXPOSITION

À partir des collections du musée Carnavalet – Histoire de Paris, l’exposition présentée à la Fondation HCB est le fruit d’un long travail de recherche entrepris conjointement par les deux institutions. Le résultat est une exposition exceptionnelle autour de l’œuvre d’Eugène Atget (1857-1927), figure atypique et pionnière de la photographie. Avant tout artisan, dont la production prolifique d’images est destinée aux artistes et amateurs du vieux Paris, c’est à titre posthume qu’Eugène Atget accède à la notoriété. Critiques et photographes perçoivent dans ses images de Paris l’annonce de la modernité. Parmi eux, Henri Cartier-Bresson, qui cherche à l’imiter dans ses premières images. Ainsi, la place de Paris dans l’œuvre de Cartier-Bresson fera l’objet d’une exposition au musée Carnavalet au printemps 2021, projet conçu avec la Fondation HCB.

D’abord reconnu aux États-Unis et par les cercles surréalistes français, plébiscité par les générations de photographes qui lui ont succédé, Eugène Atget exerce encore au XXIème siècle une influence sans précédent même si le regard sur son œuvre reste encore parfois contrasté. Le photographe, chargé d’une chambre photographique et de plaques de verre, saisit souvent ses images au lever du jour et s’attache à collectionner le vieux Paris pendant une trentaine d’années. Il explore aussi la limite de la ville, que l’on appelle « la zone ». Ses images de rues quasi-désertes, de devantures de magasins et de cours témoignent aujourd’hui des changements urbanistiques réalisés au tournant du XXème siècle.

Au-delà de leur caractère documentaire, les images d’Eugène Atget témoignent d’une profonde sensibilité esthétique, caractérisant l’apport inestimable du photographe au medium. Alors que Paris change, la façon de travailler d’Eugène Atget évolue aussi pour devenir de plus en plus sensible à la lumière et aux effets atmosphériques. Son culte du détail (à partir de sujets modestes), à rebours du pictorialisme triomphant de l’époque, est aussi singulièrement moderne et laisse affleurer cette notion de plaisir, rarement évoquée à propos d’Atget. L’exposition et l’ouvrage qui l’accompagne offrent ce plaisir en partage.

 

Eugène Atget naît en 1857 à Libourne. Abandonnant une carrière de comédien, il commence à photographier en 1888. Autodidacte, il produit dès 1890 des documents pour les artistes – images de végétaux, de paysages et d’objets variés. En 1897, il se met à photographier systématiquement le vieux Paris, attentif aux scènes de la vie urbaine, aux détails architecturaux ainsi qu’à la topographie de la capitale. À la fin de sa vie, il rencontre l’assistante de Man Ray, Berenice Abbott, qui prendra deux portraits de lui. Eugène Atget meurt en 1927 à Paris. Berenice Abbott apprend son décès alors qu’elle s’apprêtait à lui remettre ces deux portraits. Avec le galeriste Julien Levy et le légataire d’Atget, André Calmettes, elle permet le sauvetage du fonds d’atelier d’Eugène Atget, la reconnaissance de son travail par la publication de divers ouvrages puis l’entrée de la collection Abbott/Levy aux collections du Museum of Modern Art à New York en 1968.

 

Eugène Atget : Voir Paris

Jusqu’au 19 septembre 2021

Fondation HCB

79 rue des Archives

75003 Paris

www.henricartierbresson.org

 

 

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