Carlo Gallerati présente La Ballerina e altre storie, une exposition personnelle de Stefano David, sous le commissariat de Michela Becchis.
La Ballerine et autres histoires. C’est dans le mot « histoires » que se concentre le sens de cette exposition. Car c’est une narration et, comme telle, elle a un temps qui peut devenir succession ou instant narré à son apogée, mais qui doit toujours demeurer récit. Récit en images d’une immersion onirique, d’un état intermédiaire entre rêve et veille, entre conte et mythe, où chaque photographie devient un modèle praticable qui ordonne l’hétérogène multiplicité de l’expérience de Stefano David, la rendant traversable et reconnaissable par les observateurs comme leur appartenant aussi. Dans ce travail, la structure élémentaire, mais aussi la construction symbolique fondamentale pour reprendre les termes de Levi-Strauss c’est la couleur, qui fonctionne comme un élément créateur du corpus narratif et mythologique. Chaque photographie, dans son intégrité et son autonomie de sens, devient la variante d’une histoire unique que David laisse libre d’être racontée aussi par celui qui regarde, non pour qu’elle devienne un banal exercice de fantaisie débridée, mais plutôt pour qu’elle réponde à une construction logico-chromatique. C’est la couleur qu’on y prenne garde, elle n’est pas « naturelle », elle n’est pas dans le sujet saisi par la photo, mais est choisie a posteriori par l’auteur, seulement après avoir tiré la photographie qui constitue le véritable « opérateur logique » (pour reprendre encore un outil de la théorie de Levi-Strauss) de ce projet : même lorsqu’elle détermine le dépaysement auquel le choix chromatique de David nous invite. Un opérateur logique qui permet aussi à l’auteur de rentrer dans l’espace de la photographie qu’il a prise, parce que la couleur redétermine un rapport spatial non seulement pour celui qui regardera l’œuvre, mais pour David lui-même, qui, en superposant des plans chromatiques, bouleverse l’espace naturel et en invente un autre, doté d’une logique nouvelle. Dans ce dialogue narratif entre symboles, espaces et couleurs, la technique se révèle comme une part du contenu. Une photographie n’est pas seulement une image : c’est un objet. C’est une matière engendrée par des traces de lumière saisies par l’auteur dans un cadre spatio-temporel précis et extrêmement réfléchi. La Ballerina e altre storie est ainsi la lumière que cette action artistique de David stratifie et transpose sur le papier, en se servant de sels d’argent pour concevoir d’inattendues allusions tonales. (Michela Becchis)
Stefano David est né à Rome d’une mère grecque et d’un père italien. Entre la fin des années quatre-vingt-dix et le début des années 2000, il se spécialise comme photographe et tireur en photographie argentique, avant d’approfondir également des techniques anciennes de tirage. Il étudie la mise en couleur manuelle des photographies en noir et blanc et expérimente le tirage analogique en utilisant l’émulsion sur différents matériaux (verre, bois, ciment) et en réalisant des fresques photographiques. Il a participé à plusieurs festivals, parmi lesquels FotoGrafia Festival Internazionale di Roma, Festival della Creatività (Fortezza da Basso, Florence), Sguardi Sonori (Rome), et a pris part à des expositions personnelles et collectives dans de nombreuses galeries italiennes et étrangères, parmi lesquelles Galleria Fondaco (Rome), Galleria Santa Cecilia (Rome), Accademia delle Arti SantaGiulia (Brescia), Vhs-photogalerie (Stuttgart), La Cave (Rome). Dans les premières années de sa recherche artistique et de son étude des techniques photographiques, il a dirigé la section arts visuels de l’espace autogéré romain Brancaleone.
Stefano David : La Ballerina e altre storie
6 mars – 8 avril 2026
Galleria Gallerati
Via Apuania, 55
00162 Rome, Italie
www.galleriagallerati.it














