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Grand Arles Express 2026 : Musée Granet : Paul McCartney : Eyes of the storm 1963-1964

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Le Musée Granet d’Aix‑en‑Provence présente, jusqu’au 3 janvier 2027, une exposition inédite consacrée aux photographies de Paul McCartney (Liverpool 1942) « Paul McCartney Photographe 196364 Eyes of the Storm ». Plus de 250 clichés pris par le musicien entre 63 et 64 offrent un regard spontané sur une période charnière, où la célébrité des Beatles dépasse Liverpool et le Royaume‑Uni, pour s’imposer à l’échelle mondiale, et qui va changer leurs vies à jamais.

 Redécouvertes en 2020 dans les archives personnelles du compositeur, près d’un millier de photographies livrent un témoignage profondément personnel. Ces images prisent avec un simple Pentax racontent la fièvre des tournées, les journées de répétition, les chambres d’hôtel, les trajets en voiture ou en train, et la pression médiatique omniprésente. « À l’époque, on n’avait pas le droit à la paresse. Il fallait prendre la bonne photo, composer soimême l’image dans son cadre sans se dire qu’au pire, on pourrait la rogner après coup », confie McCartney. Déjà, il est flagrant qu’il se passionne pour les arts visuels, au travers des images véhiculées par la Nouvelle vague, par le cinéma documentaire et le photojournalisme ; « C’était après la guerre, les choses s’amélioraient et j’étais exposé à de l’art et de la photographie de qualité ».

Rosie Broadley, conservatrice en chef à la National Portrait Gallery de Londres témoigne : « Paul McCartney a participé en personne au choix des images. Il a également enrichi l’exposition de souvenirs précis et captivants sur cette époque, si bien que ce sont, autant que possible, ses propres mots qui accompagnent les oeuvres. Ce n’est qu’au moment où les clichés ont été tirés et agrandis pour l’exposition que Paul McCartney a découvert pour la première fois des photographies qu’il avait prises plus de soixante ans plus tôt. »

Ces photographies dévoilent donc des atmosphères propres aux sixties, entre le Royaume-Uni, Paris et l’Amérique. Coins de trottoir devant l’Olympia, où ils partagent l’affiche avec Sylvie Vartan et Trini Lopez ; une série de dix-huit concert est prévue, avec parfois jusqu’à trois représentations par jour (!). Images captées à la volée à travers une vitre de voiture, flous et cadrages improvisés côtoient des images plus composées. McCartney, qui a pratiqué la photographie dès l’enfance avec son frère et un Kodak Brownie familial, saisit ces tranches de vie qui disent autant la jeunesse que l’ampleur soudaine de la célébrité. À cette époque, le regard porté sur l’Amérique est particulier, c’est le pays qui a libéré l’Europe et qui fascine. Moins de vingt ans après la fin de la seconde guerre mondiale, les États‑Unis apparaissent aussi pour beaucoup d’Européens comme le berceau d’une modernité musicale et culturelle. « L’Amérique fut sans conteste le gros lot, c’était le berceau d’une grande partie, voire de toute la musique qu’on aimait. Je disais : je ne pense pas que nous devrions aller aux Étas-Unis avant d’avoir un tube n°1 », précise l’un des textes de l’exposition, qui replace la fascination des Beatles pour ce pays dans son contexte historique. Le 15 Janvier 64, le groupe reçoit un télégramme qui annonce que leur titre I want to hold your hand vient de se classer premier aux USA.

Le parcours de l’exposition permet de suivre le groupe de ville en ville. Liverpool et Londres à la fin de 1963, Paris, puis les États‑Unis en février 1964 ; et de mesurer la transformation culturelle à l’œuvre. La performance des Beatles dans l’émission The Ed Sullivan Show, alors visionnée par quelque 73 millions de téléspectateurs, marque l’instant où les Fab Four accèdent au statut de stars planétaire. Plus qu’une simple anthologie de portraits, « Eyes of the Storm » restitue l’urgence et l’intensité d’une époque où tout bascule. Le célèbre chanteur le reconnaît lui-même : « La vue de ces photos ne me procure pas tant un sentiment de perte que de joie rétrospective. Chaque cliché fait remonter des souvenirs, et je peux m’amuser à retrouver l’endroit où a été prise telle ou telle photo, à me remémorer ce qu’on faisait hors champs à ce moment-là ». L’expo invite ainsi le public à redécouvrir, à travers l’un de ces principaux acteurs en plein dans l’œil du cyclone, la naissance de la Beatlemania et l’esquisse d’une nouvelle idée de la célébrité.

Jean-Jacques Ader

 

« Eyes of the storm » exposition de Paul McCartney (avec Sarah Brown, pour MPL Communications Ltd et Rosie Broadley – National Portrait Gallery de londres) au musée Granet d’Aix-en-Provence du 4 Juillet 2026 au 3 Janvier 2027. Programme de célébration du Bicentenaire de la Photographie et des Rencontres d’Arles « Grand Arles Express ».
Informations :
https://www.museegranet-aixenprovence.fr/accueil

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