Rechercher un article

Alizé Le Maoult, Ce que leurs yeux ont vu…

Preview

Chaque vendredi, durant dix semaines consécutives, L’Oeil de la Photographie publie l’un des 34 portraits de photographes de guerre réalisés par Alizé Le Maoult. Cette semaine, le français Patrick Robert est à l’honneur.

Patrick Robert, né en Algérie en 1958, passionné par l’actualité internationale, exerce le métier de reporter de guerre depuis près de trente ans. Il a couvert de nombreux conflits en Afrique, en Asie, au Proche et Moyen-Orient, ainsi qu’en Europe de l’Est. Tout en réalisant des portraits de personnalités politiques ou du monde du spectacle, ainsi que des reportages de fond. Il a été grièvement blessé par balles au Libéria en 2003. Il a reçu une douzaine de prix internationaux, dont deux Visa d’Or au festival Visa pour l’Image à Perpignan.

J’ai connu Patrick Robert grâce à mon amie Katia Clarens, grand reporter, qui m’avait emmenée à Perpignan pour les 20 ans de Visa pour l’Image en 2008. J’écrivais alors un long-métrage avec des personnages de photographes de guerre et découvrais ce rassemblement annuel si particulier. Nous avons dîné avec Patrick, qui venait de recevoir un Visa d’Or, il n’avait pas un « look » de reporter avec son blazer bleu marine, nous avons tant ri tous les trois. Patrick a fait partie de toutes mes séries de portraits de photographes de guerre, de la première en noir et blanc au Polaroïd 180  Sarajevo 2012, à la série en couleur avec mon Leica destinée à cette exposition au Musée de la Grande Guerre. Difficile parfois de faire le portrait d’un ami. Le premier portrait « dos au mur » était pour la série Génération Sarajevo. Nous nous sommes retrouvés à Bastille, le temps était orageux, Patrick n’avait pas beaucoup de temps. J’ai trouvé un mur près du port autonome de Paris. La lumière était belle. Mais je n’étais pas aussi satisfaite que je le désirais. Deux ans plus tard, en fin d’après-midi près du canal Saint-Martin, Patrick était là avec son blouson en cuir noir, un mur graphique sur notre chemin, c’était le bon moment.

Patrick Robert explique ainsi le choix de cette image qui symbolise la guerre : « Ce paysan de Sierra Leone a été victime des rebelles sanguinaires et mafieux du Front Révolutionnaire Uni qui ont utilisé son corps comme support à leur propagande. Il est couvert d’inscriptions gravées au couteau sur sa peau. Sa lèvre inférieure et une de ses oreilles ont été tranchées. Le mot « TERROR » barre sa poitrine. Cela résume bien l’objectif recherché par ces rebelles, connus aussi pour mutiler les mains et les bras des éventuels votants : régner par le chaos en s’opposant à toute tentative de restauration de l’état de droit et donc d’élection. J’ai resserré le cadrage sur sa poitrine pour ne pas affaiblir le message en provoquant la répulsion que ces nombreuses mutilations auraient suscitées. »

Alizé Le Maoult

Alizé Le Maoult, Ce que leurs yeux ont vu…
Du 1er octobre au 31 décembre 2016
Musée de la Grande Guerre
Rue Lazare Ponticelli
77100 Meaux, France

 

http://www.museedelagrandeguerre.eu/

Merci de vous connecter ou de créer un compte pour lire la suite et accéder aux autres photos.

Installer notre WebApp sur iPhone
Installer notre WebApp sur Android