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Quoi de neuf, Simon de Pury ? Interview par Nadine Dinter

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J’ai rencontré Simon de Pury dans le cadre de mon travail à la Fondation Helmut Newton. Simon est l’un des esprits les plus brillants de la scène artistique internationale, avec une carrière remarquable de commissaire-priseur, de conservateur et de galeriste. Pourtant, son propre travail créatif – sa photographie – mérite à lui seul toute notre attention. J’ai été ravi de me plonger dans cet aspect de sa pratique et de parler de son inspiration, de ses motivations, et bien plus encore. Bonne lecture !

 

Nadine Dinter : Pour la première fois, vous exposez votre propre travail photographique à Londres – c’est passionnant ! Comment a débuté votre parcours de photographe ? Y a-t-il eu un moment qui vous a incité à prendre l’appareil photo plus au sérieux ?

Simon de Pury : Mon père m’a offert mon premier appareil photo. Au début, je prenais principalement des photos en noir et blanc de formations rocheuses que j’observais lors de randonnées familiales dans les montagnes suisses. Adulte, j’ai toujours utilisé la photographie comme un moyen d’immortaliser quelque chose qui m’intriguait visuellement. Nous sommes tous confrontés au passage inexorable du temps, et la photographie nous offre l’illusion d’un temps suspendu.

 

Votre exposition actuelle, Blow Up, emmène les spectateurs dans des lieux comme Miami, Aspen et Los Angeles. Parmi tous les lieux que vous avez photographiés, quelle ville ou quel paysage vous a le plus inspiré ?

SdP : Dès que je vois quelque chose qui attire mon attention lors de mes voyages à travers le monde, je prends une photo. Ça rend fous ceux qui m’accompagnent, car je m’arrête toutes les deux ou trois minutes. Tokyo est probablement la ville que je trouve la plus inspirante, mais même à Monaco, où je vis, je découvre constamment de nouveaux angles fascinants.

 

Bien que votre appareil photo ait beaucoup voyagé, vos images sont d’une netteté saisissante, des détails complexes du Tapis de Barbara à l’atmosphère épurée du Battement d’Ailes au Clair de la Lune. Qu’est-ce qui attire votre regard dans ces moments ?

SdP : Lors de ma première visite chez Barbara Becker à Miami Beach, j’ai été complètement fascinée par l’intérieur original que Lenny Kravitz avait créé pour elle. Avant même qu’elle ait pu terminer une phrase dans sa salle à manger, je rampais par terre pour photographier en gros plan son magnifique tapis rose.

 

Le titre Blow Up évoque immédiatement le film culte d’Antonioni. Était-ce une référence délibérée, ou l’expression a-t-elle une autre signification pour vous ?

SdP : Le titre est volontairement tiré de l’un de mes films préférés, le chef-d’œuvre d’Antonioni, Blow Up. David Hemmings y incarne un photographe librement inspiré de David Bailey. Regarder une photo que j’ai prise la nuit dans un parc londonien m’a rappelé les magnifiques scènes du film. Comme certaines de mes images sont des détails agrandis, le titre me semblait approprié.

 

Né à Bâle, vous avez mené une vie cosmopolite et vous résidez désormais à Londres. Présenter vos propres photographies ici vous a-t-il semblé différent de vos précédentes expositions à Berlin, Genève, Paris ou Moscou ?

SdP : Après avoir vécu de nombreuses années à Londres, je me suis installé à Monaco il y a sept ans. C’est très important pour moi que Leica, dont le nom est indissociable de l’excellence de l’histoire de la photographie, m’ait offert l’opportunité d’exposer mon travail dans sa galerie londonienne. Je suis un citadin et j’aime Londres autant que Berlin, Paris, Moscou et Genève, où j’ai déjà exposé, et Monaco, qui est pour moi un mini-Hong Kong.

 

Comment vos nombreuses années de curateur et de conseiller artistique influencent-elles votre façon de sélectionner et de présenter vos œuvres ?

SdP : Ma vie professionnelle m’oblige à une grande rigueur dans mes choix esthétiques et à une rigueur éditoriale. Il peut être plus difficile de prendre le recul nécessaire avec son propre travail. Dans ce cas précis, j’ai eu le privilège d’être aidé par Lou Proud, la formidable directrice de la galerie Leica.

 

Qu’est-ce qui vous inspire actuellement – ​​dans l’art, la photographie ou la vie en général ?

 SdP : La curiosité est mon moteur, et rien ne me passionne plus que de découvrir l’actualité quotidienne dans les mondes de l’art, du design, de la photographie, de l’architecture, du cinéma, de la musique, de la mode, de la gastronomie et du sport. C’est pareil dans la vie. Si nous savons tous comment notre voyage terrestre se termine, je suis toujours convaincu que le meilleur reste à venir. Dès qu’on cesse de rêver, c’est la fin !

 

Quels sont vos projets futurs ? De nouveaux thèmes, lieux ou projets se profilent à l’horizon ?

SdP : Instagram est un outil formidable qui permet de partager ses passions. J’adore réaliser des portraits d’artistes devant leurs œuvres. J’aime également partager mes impressions sur les nombreux endroits merveilleux que mes voyages me font découvrir.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes photographes qui débutent ?

SdP : Laissez libre cours à votre créativité. Vous développerez automatiquement votre propre écriture artistique !

 

Pour plus d’informations, consultez le compte Instagram de l’artiste @simondepury


Exposition en cours :
Simon de Pury – Blow Up
Jusqu’au 30 octobre 2025, Galerie Leica, Londres

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