Ingrid Dorner (images 1-11) & Gert Motmans (images12-16) à IN-DEPENDANCE pendant PhotoBrussels
De nombreux facteurs témoignent du dynamisme du 10e festival PhotoBrussels : le nombre de participants (et sa croissance), l’organisation et la diversité ne sont que quelques-uns d’entre eux. Mais aussi son rôle de pôle d’attraction pour les initiatives extérieures à Bruxelles : Ibasho/IN-DEPENDANCE, galerie de renommée internationale située à Anvers, a échangé son emplacement pendant la durée du festival avec la galerie Hopstreet, tout aussi réputée, à Bruxelles. La preuve d’un vent de fraîcheur, d’une ouverture et d’une nouvelle dynamique qui souffle sur le milieu artistique belge.
Sous le titre « Land- & Bodyscapes », IN-DEPENDANCE présente une sélection d’artistes d’Ibasho et d’IN-DEPENDANCE : Albarrán Cabrera (SP), Ingrid Dorner (FR), Sayuri Ichida (JP/UK), Hideyuki Ishibashi (JP/FR), Anton Kusters (BE), Gert Motmans (BE), Thomas Vandenberghe (BE) et Daphne van de Velde (NL).
Il serait trop long de parler de tous les artistes, c’est pourquoi nous avons fait une sélection. Dans une première contribution, je parlerai d’Ingrid Donner & Gert Motmans, dans la seconde de Daphne van de Velde et Sayuri Ichida.
Ingrid DORNER (1980) travaille toujours de manière analogique et aime dépasser les limites de la photographie. Ses sujets sont toujours liés à la sphère personnelle, familiale, aux origines, à l’image de la famille, à l’image trouvée dans les archives familiales.
Elle a appris à utiliser la technique du mordançage. Cette méthode s’inspire des techniques industrielles de teinture et de tonification du XIXe siècle, qui étaient utilisées dans un large éventail d’industries (y compris la photographie). Mais tout le mérite de l’utilisation moderne de ce procédé revient à Jean-Pierre Sudre (1921-1997), qui l’a perfectionné, lui a donné un nouveau nom et a exploité pleinement ses possibilités expressives.
Grâce au mordançage, Dorner modifie ses clichés : l’action des émulsions déplace (littéralement) des parties de l’image et crée des voiles, ajoute des couches et des nuances à l’image. C’est un processus prévisible, mais finalement incontrôlable. Dans la chambre noire, on détruit l’image pour la reconstruire – un exercice ultime de lâcher-prise.
La série LIMINAL – La chimie du temps présentée ici a été conçue lorsque la fille de l’artiste a dû faire face à une grave maladie. Ce point de départ représente pour elle un double engagement : en tant que mère et en tant qu’artiste. Les interventions médicales répétées et prolongées qui tentent de soutenir la résistance humaine présentent des parallèles avec les processus qui se déroulent dans la chambre noire. Elles attaquent, détruisent dans l’espoir de reconstruire la vie, de lui donner une nouvelle chance.
Dorner parvient à un équilibre parfait entre technique et expressivité. Ses images montrent des figures humaines dans la nature, où le paysage fusionne avec les figures humaines grâce au mordançage, rappelant visuellement, par exemple, un tissu organique sous un microscope.
Chacun des quatre chapitres de Liminal fait référence à une phase du processus de la maladie. Avec la partie IV qui fait référence à la guérison, elle conclut ce travail et abandonne également le procédé du mordançage. Elle intervient avec de l’aquarelle sur les négatifs, laissant ainsi transparaître dans les images le fragile espoir du processus de guérison ainsi que la lumière.
« Liminal » fait référence à une phase de transition, un passage entre deux états qui s’accompagne d’incertitude pour le sujet et son environnement. La relation entre la nature et le corps est source de tension et se transforme en un choc entre beauté et violence.
Ingrid Dorner est née en Auvergne, se décrit comme « Bretonne d’adoption » et vit et travaille avec sa famille à Munich depuis environ 15 ans. Elle a mené une carrière artistique riche et diversifiée, axée sur le théâtre, la mise en scène et le doublage.
Gert MOTMANS (1972) est un artiste belge qui vit et travaille à Anvers. Après avoir étudié la mode à l’académie, il travaille aujourd’hui avec le collage, utilisant ses propres photographies, des images trouvées et divers autres matériaux pour enrichir l’image sur le plan tactile et visuel.
Motmans crée « des compositions stratifiées qui reflètent la mémoire, le désir queer et les traces émotionnelles du temps. Ses images évoquent souvent la lenteur, le silence et la vulnérabilité, faisant écho à la douceur du papier et à la fragilité de la lumière.
Les thèmes récurrents dans son œuvre incluent la nature comme refuge, le corps masculin comme lieu à la fois de tendresse et d’absence, et la tentative de s’accrocher à ce qui est éphémère. Profondément influencé par la poésie, le cinéma et la mémoire personnelle, son langage visuel est suggestif plutôt qu’explicite, invitant le spectateur dans un espace calme et introspectif. »…
Le travail de Motmans oscille entre abstraction et figuration, intimité et distance. »
Les œuvres de Gert Motmans sont également exposées à
- Art Rotterdam, du 27 au 29 mars, de 11 h à 19 h, à Ibasho/In- dependance, Rotterdam Ahoy, Ahoyweg 10, 3084 BA Rotterdam
Land & Bodyscapes – Hopstreet Gallery/In-dependance Gallery by Ibasho
Albarrán Cabrera (SP), Ingrid Dorner (FR), Sayuri Ichida (JP/UK), Hideyuki Ishibashi (JP/FR), Anton Kusters (BE), Gert Motmans (BE), Thomas Vandenberghe (BE) et Daphne van de Velde (NL).
Du 11 janvier au 7 mars 2026.
Rivoli Brussels (espace n° 44 – Hopstreet Gallery)
Sint Jorisstraat 109 / Rue St Georges 109
1050 Bruxelles / Brussel
John Devos














