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Robert Mapplethorpe

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Il y a quatre ans mourrait Robert Mapplethorpe – le 9 mars 1989, pour être exact. Robert était très exigeant. On pouvait le sentir dans son travail, empreint d'une précision qui rendait toutes ses photos si reconnaissables. Sa manière de traiter l'homosexualité dans ses œuvres était révélatrice d'un aspect de sa personnalité. Il n'y avait rien de déguisé dans sa démarche. C'était une décision simple et claire. L'homosexualité était un tabou dans l'art qui l'attirait, et il partait du principe qu'il avait le même effet sur d'autres. Il sentait que ce tabou était sur le point d'être brisé. Ambitieux et sincère, il voulait être celui qui y parviendrait dans le domaine de la photographie. Bien sûr, d'autres que lui avaient pris des photographies d'hommes aimant d'autres hommes avant cela, mais aucun n'avait fait usage des mêmes tactiques choc que Mapplethorpe. De ce fait, il est quasiment devenu celui qui a inventé le sexe comme sujet photographique. Ce que Robert fit en réalité, ce fut de capturer avec précision l'essence de notre époque – le besoin pressant de voir, de comprendre le sexe selon la place qu'il occupe vraiment dans nos vies. Quand il produisit ses travaux les plus crus à la fin des années 70, les galeries – sans parler des musées et des éditeurs – pensaient qu'elles ne pourraient pas montrer ses œuvres et rester en activité. C'était une toute autre époque qu'en 1992, l'année où Madonna a vendu trois ou quatre millions de copies de Sex dans les jours qui suivirent sa sortie. Je me rappelle quand, dans le courant des dernières semaines de sa vie, Robert disait : « Eh bien, je n'ai pas aussi bien réussi qu'Andy, mais mes œuvres valent quand même des millions. Pas mal pour un photographe, non ? » C'était amusant et émouvant. Il était là, très, très malade, et pourtant toujours avide de se mesurer à Warhol. C'était le côté fanfaron de cet homme dont les yeux s'illuminaient à la nuit tombée comme ceux d'un chat. Ce qui était émouvant, également, c'était sa fierté que ses photographies soient devenues des objets précieux. Elles prenaient plus de valeur chaque jour, et je ne parle pas de leur valeur pécuniaire. Et sa mort, ainsi que celles de tous ceux qui ont disparu à cause du sida, ne semble pas plus acceptable aujourd'hui qu'elle ne l'était alors.

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