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Le Questionnaire : Karine Paoli par Carole Schmitz

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Karine Paoli : Un regard silencieux

La photographie de Karine Paoli se caractérise par une approche profondément humaniste et introspective, où chaque image devient un espace de dialogue silencieux entre le regard de l’artiste et celui du spectateur. Son travail interroge la représentation du féminin et de l’intime, privilégiant la justesse et la sincérité sur l’esthétique pure. Les portraits de Paoli ne se contentent pas de capturer une apparence : ils explorent l’intériorité, les nuances de l’émotion et la présence authentique de ses sujets, révélant des vérités souvent tues ou invisibles.

Son style, à la croisée du documentaire et de l’art poétique, se distingue par la maîtrise de la lumière naturelle, le cadrage précis et la capacité à traduire le mouvement et la spontanéité en images puissantes et émouvantes. La technique, ici, n’est jamais une fin en soi : elle sert l’émotion, la narration et la pensée critique que Paoli injecte dans chaque image.

Au-delà de l’œuvre individuelle, son engagement via le festival Objectif FEMMES traduit une vision éthique de la photographie : rendre visibles des créations féminines, documenter les réalités invisibles et créer un pont entre sensibilité esthétique et conscience sociale. Son œuvre interroge la photographie comme instrument de mémoire, de résistance et de transmission, incarnant un dialogue entre le réel et l’interprétation, entre l’intime et l’universel.

 

Website : www.karinepaoli.com / www.objectif-femmes.art
Instagram : @karinepaoliphotographe / @objectiffemmes

 

Votre premier déclic photographique ?
Karine Paoli : Le désir de donner la parole aux regards trop souvent tus. Depuis 10 ans, on s’y tient l’équipe du festival Objectif FEMMES et moi.

Un souvenir photographique de votre enfance ?
K.P. : Une image de femme, forte et silencieuse, ma grand-mère parisienne.

L’appareil photo de votre enfance ?
K.P. : Un objet fascinant, symbole de liberté (un polaroïd) j’avais 11/12 ans.

Celui que vous utilisez aujourd’hui ?
K.P
. : Un Nikon Z8, puissant, précis, mais assez léger pour laisser place à l’émotion ;). 

L’homme ou la femme de l’image qui vous a inspiré(e) ?
K.P. : Toutes celles et ceux qui ont cadré le monde autrement.

L’image que vous auriez aimé réaliser ?
K.P. : La photo de Dorothea Lange : Migrant Mother et une de Peter Lindbergh où l’on peut admirer ses portraits de femmes sans artifice.

Celle qui vous a le plus ému(e) ?
K.P
. : Certainement un portrait flou de Sarah Moon

Et celle qui vous a mis en colère ?
K.P. : Celles qui utilisent le corps féminin sans le respecter.

Quelle photo a changé le monde ?
K.P
. : Ou pas dans le sens rêvé.

Et quelle photo a changé votre monde ?
K.P
. : Si je devais en choisir non pas une mais 2, elles seraient : le premier portrait du HUG ME Concept et la première photo de mon fils que j’ai faite à sa naissance.

Une image clé de votre panthéon personnel ?
K.P
. : Une image de moi courant et riant après mon fils de 2 ans sur un ponton du Lac Léman. Le mouvement, la transmission, la joie d’être femme et mère dans la même lumière.

Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans une image ?
K.P. : Ce qu’elle dit du regard de celui, ou celle qui la pose.

Quels détails recherchez-vous dans un visage, un paysage ou un objet ?
K.P. : Le signe d’une présence vraie.

Elliott Erwitt disait : « La couleur est descriptive. Le noir et blanc est interprétatif. » Êtes-vous d’accord ?
K.P. : Oui. Et j’ajouterais : le regard féminin transcende les deux.

Selon vous, la technique peut-elle parfois primer sur l’émotion en photographie ?
K.P. : L’émotion précède tout. La technique ne fait que l’honorer.

La beauté en photographie est-elle, pour vous, purement esthétique ?
K.P. : Non. Elle réside dans la justesse, pas dans la perfection.

Quels éléments peuvent rendre le silence visible dans une photographie ?
K.P. : La pudeur. L’absence de démonstration.

L’unicité d’une photographie vient-elle du moment ou de la mise en scène ? Une photographie peut-elle être plus vraie que la réalité ?
K.P. : Elle est unique lorsqu’elle révèle ce que le réel dissimule.

Une photographie peut-elle changer notre perception d’un événement ?
K.P. : Oui, surtout lorsqu’elle est portée par un regard sincère et engagé.

La photographie est-elle un témoignage ou une forme de manipulation ?
K.P. : Elle est un choix de regard, donc une responsabilité.

Qu’est-ce qui fait une bonne photo ?
K.P. : Sa capacité à nous faire réfléchir, pas seulement rêver.

Selon vous, quelle est la qualité nécessaire pour être un bon photographe ?
K.P. : L’écoute du monde et laisser son égo de côté (merci ;)). 

Comment choisissez-vous vos projets ?
K.P. : Je choisis ceux qui viennent du cœur, avec mon intuition profonde.

Comment décririez-vous votre processus créatif ?
K.P
. : Mon processus créatif naît d’une idée qui me fait rêver, que je projette dans le temps, et que je nourris ensuite par l’échange, la rencontre et la joie partagée.

Un projet à venir qui vous tient particulièrement à cœur ?
K.P. : Continuer de faire grandir Objectif FEMMES, pour rendre visible toujours plus la création féminine.

La personne que vous aimeriez photographier ?
K.P. : J’aurais adoré photographier Dr Jane Goodall en Afrique du Sud lors de mon dernier voyage.

Celle par qui vous aimeriez être photographié(e) ?
K.P. : Par une femme qui voit au-delà de l’apparence, j’ai beaucoup de noms en tête et je ne vais pas en citer une pour ne pas oublier les autres ;).

Un livre de photographie indispensable ?
K.P. : Le catalogue d’Objectif FEMMES 2025, parce qu’il me rappelle comment tout à commencer.

Quelle est la dernière photo que vous avez prise ?
K.P
. : De la fenêtre de mon bureau, un arc-en-ciel après la pluie avec vue sur Montmartre.

Sur les réseaux sociaux, êtes-vous plutôt Instagram, Facebook, TikTok — et pourquoi ?
K.P. : Instagram. Un espace visuel pour faire circuler la lumière des femmes.

Qu’est-ce qui a changé en photographie depuis le succès des réseaux sociaux ?
K.P. : Le regard est devenu collectif, même si parfois c’est trop rapide et  éphémère, copié aussi, mais plus accessible pour découvrir de nouveaux talents.

Un compte Instagram à suivre absolument ?
K.P. : Celui d’Objectif FEMMES bien sur ( @objectiffemmes).

Quel est votre point de vue sur l’IA ?
K.P. : Un outil fascinant, qui fait gagner du temps. MAIS l’humain doit rester au centre (le plus longtemps possible)

Couleur ou noir et blanc ?
K.P. : Les deux.

Lumière naturelle ou lumière artificielle ?
K.P. : La lumière naturelle, toujours plus sincère.

Quelle ville vous paraît la plus photogénique ?
K.P. : Elle n’est pas encore construite… 

La ville, le pays ou la culture que vous rêvez de découvrir ?
K.P. : Toute culture où le respect, la transmission et la beauté sont les axes principaux de vie…

L’endroit dont vous ne vous lassez jamais ?
K.P
. : La Corse.

L’image qui représente pour vous l’état actuel du monde ?
K.P. : Une foule de regards qui cherchent à se croiser (relevez vos visages de vos téléphones et regardez-vous avec bienveillance, la vraie Vie est là !!!)

Selon vous, qu’est-ce qui manque dans le monde d’aujourd’hui ?
K.P. : La patience et la PAIX.

Si Dieu existait, lui demanderiez-vous de poser pour vous, ou opteriez-vous pour un selfie avec lui ?
K.P. : Je lui demanderais de poser pour moi, pour essayer de comprendre le regard qu’il porte sur nous.

Votre drogue préférée ?
K.P. : La création. Une nouvelle idée ou projet : Gooo !

Votre meilleure façon de déconnecter ?
K.P. : Marcher, observer, écouter, dessiner, écrire, rire et danser.

Votre dernière folie ?
K.P
. : Éditer mon premier roman…

Votre plus grande extravagance professionnelle ?
K.P. : Croire qu’un regard « illuminé » peut changer une vie.

Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ?
K.P. : Celui qui impose le silence.

Quelle question vous déroute le plus ?
K.P. : « Pourquoi un festival dédié aux femmes ? »  comme si la réponse n’allait pas de soi. 

La dernière chose que vous avez faite pour la première fois ?
K.P. : Répondre à ce questionnaire.

Votre plus grand regret ?
K.P
. : Ne pas avoir fait un HUG à quelqu’un qui m’était cher… Le HUG ME Concept est né de cela. Donc plus de regret.

Si vous deviez tout recommencer ?
K.P. : Je le ferais encore, mais plus tôt.

Si je pouvais organiser votre dîner idéal, qui serait à table ?
K.P. : Des femmes qui osent, et quelques hommes qui écoutent et partagent leur point de vue avec respect pour améliorer ce monde, en laissant les égos, les intérêts personnels de côtés et en pensant réellement « collectif ».

Qu’aimez-vous que les gens disent de vous… après ?
K.P. : Que j’ai fait ce que j’aimais, avec l’énergie qui était la « KarinePaoliTouch » ! (rire)

La seule chose que l’on doit absolument savoir sur vous ?
K.P. : Si vous savez lire dans mon regard, vous saurez… (ou pas) 

Un dernier mot ?
K.P
. : Pas qu’un seul : Transmettre grâce à la gentillesse et à l’Art.

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