André Rau : « L’art de l’illusion »
André Rau n’a jamais été un simple photographe de mode : il est un metteur en scène de l’invisible. Là où d’autres capturent une image, lui construit un espace de projection. Sa lumière, maîtrisée comme une matière sculpturale, cisèle les contours et creuse les regards avec une précision quasi picturale. Chaque portrait devient une énigme, une méditation sur la beauté et son pouvoir d’illusion.
Car Rau ne se contente pas de magnifier ses modèles — il interroge le statut même de l’image. Ses icônes, de Catherine Deneuve à Monica Bellucci, apparaissent à la fois lointaines et proches, divinisées et humaines. Dans cette tension réside toute sa force : offrir un glamour immédiatement lisible, tout en ouvrant un champ de réflexion sur ce que signifie « voir » et « être vu ». Ses photographies ne sont pas que des surfaces brillantes ; elles sont des miroirs critiques qui réfléchissent une époque obsédée par l’apparence, mais en quête de profondeur.
Cette approche a récemment trouvé une résonance particulière dans son exposition à la galerie Leica de Munich. Présentée dans un lieu emblématique de la culture photographique, cette rétrospective met en lumière la cohérence et la puissance de son œuvre : un corpus où la beauté se déploie comme un langage universel et où chaque portrait témoigne d’une esthétique exigeante, aussi intemporelle qu’audacieuse.
Héritier de l’élégance classique européenne et nourri d’une sensibilité contemporaine, Rau s’impose comme un architecte visuel de la mémoire collective. Ses images ne documentent pas seulement des visages célèbres : elles construisent des mythologies. En ce sens, il appartient à cette lignée rare d’artistes capables de transformer la photographie de mode en une réflexion esthétique et intellectuelle, au croisement du visible et du sensible.
Website : www.andrerau.com
Instagram : @andrerauphotography
Actu : Exposition The FAMOUS à la Leica Gallery Munich jusqu’au 18 octobre 2025.
L’homme ou la femme d’image qui vous inspire ?
André Rau : Roman Polanski.
L’image que vous auriez aimé réaliser ?
André Rau : Le Portrait d’Albert Einstein par Arthur Sasse.
Celle qui vous a le plus ému ?
André Rau : Le Dalaï Lama.
Une image clé de votre panthéon personnel ?
André Rau : Catherine Deneuve, YSL.
L’image qui a changé le monde ?
André Rau : La photographie prise par Nick Ut « Napalm Girl – The Terror of War » 1972, qui montre ce qu’était l’horreur de la guerre au Vietnam.
Sans limite de budget, quelle serait l’œuvre que vous rêveriez d’acquérir ?
André Rau : La photographie d’Einstein réalisée par Arthur Sasse.
Selon vous, quelle est la qualité nécessaire pour être un bon photographe ?
André Rau : La Patience.
Le secret de l’image parfaite, s’il existe ?
André Rau : Hélas, l’image parfaite n’existe pas. Et c’est très bien ainsi.
La personne que vous aimeriez photographier ?
André Rau : J’aurai adoré photographier Albert Einstein.
Celle par qui vous aimeriez être photographiée ?
André Rau : Sans hésiter, par Helmut Newton.
Un livre de photos indispensable ?
André Rau : Passage – Une vie d’artiste de Irving Penn.
L’appareil photo de votre enfance ?
André Rau : Un Instamatic.
Celui que vous utilisez aujourd’hui ?
André Rau : Nikon.
Votre drogue préférée ?
André Rau : LOVE !
Le meilleur moyen de déconnecter pour vous ?
André Rau : Nager.
Le travail que vous n’auriez pas aimé faire ?
André Rau : Photographe de guerre.
L’endroit dont vous ne vous lassez jamais ?
André Rau : Paris.
Votre plus grand regret ?
André Rau : Je ne suis pas un homme de regrets.
Couleur ou N&B ?
André Rau : Les deux.
Lumière du jour ou lumière artificielle ?
André Rau : Rien de tel que la lumière du jour.
Quelle est, selon vous, la ville la plus photogénique ?
André Rau : Paris, évidemment.
Si je pouvais organiser votre dîner idéal, qui serait à table ?
André Rau : Roman Polanski, Billy Wilder et Albert Einstein.
Si vous deviez tout recommencer ?
André Rau : Je referais tout à l’identique.

















