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La Chronique Instagram de Jean-Marie Périer

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 Sheila.                                                                                                            
Je n’ai jamais compris l’agressivité des gens des médias envers Sheila, dans les années 1960. Voilà une môme partie de rien, exploitée comme personne, qui a travaillé plus que tous les autres, et les journalistes d’une certaine presse ont pris un malin plaisir à la descendre en flèche pendant quinze ans, sans aucune raison. Ils lui ont tout fait jusqu’à prétendre qu’elle était un homme, comme ça, pour rien, juste pour vendre du papier. Vous vous rendez compte ? Se retrouver en couverture avec ce genre de méchanceté, comment voulez-vous qu’elle se défende ? J’aime autant vous dire que si elle avait été un homme, elle aurait mérité le prix Nobel de la chirurgie esthétique ! Il lui aura fallu être drôlement populaire pour survivre à la méchanceté gratuite de tels mensonges. En règle générale, pourquoi ces médias ne donnent-ils que des mauvaises nouvelles ? En réalité, ce n’est pas vraiment leur faute. À la télé, à la radio comme dans la presse, il est connu depuis toujours que seules les mauvaises nouvelles font vendre ; ils ne sont pas responsables si les événements réjouissants n’intéressent personne. Les médias étant pour la plupart des sociétés commerciales vivant de la publicité, les journalistes mettent en avant ce qui plaît à leur public ; bref ils font en sorte que la boîte marche, ce sont donc de bons petits soldats – vous n’allez quand même pas leur reprocher d’être efficaces. Les fautifs ce n’est pas eux, c’est nous les lecteurs, les téléspectateurs ; c’est nous qui demandons ça. On n’est pas obligés de lire ce genre de choses. Mais je sais bien, si vous écoutez les gens, personne ne les lit. Ou alors de temps en temps, « chez le dentiste ». Or ces journaux-là vendent à des centaines de milliers d’exemplaires chaque semaine, dites-donc ça en fait du monde qui va chez le dentiste… Je me suis trompé de métier !

Sheila et les grands musiciens.                                                                                                                                       Je n’ai pas le souvenir que Sheila m’ait jamais refusé une idée de photo. J’avais imaginé une série dont le thème était « Ce qui leur arrivera lorsque les artistes iront en enfer ». En l’occurrence, la jeune chanteuse se retrouvait assise, un verre vide à la main, entourée des plus grands musiciens classiques, tenant tous quant à eux un verre plein d’un vin délicieux. Et la légende disait que ces derniers refusaient de trinquer avec elle pour l’éternité parce qu’ils n’aimaient pas sa musique. Bien sûr, elle était au courant et, comme d’habitude, elle avait accepté mon idée avec joie, prouvant ainsi qu’elle avait beaucoup plus d’humour et de recul que le prétendaient les journalistes de l’époque. Et surtout ma chance c’est que son producteur n’était pas présent, il n’y avait qu’un assistant qui n’aurait jamais osé me contredire. Car Sheilita était toujours d’accord pour tout, pourvu qu’on rigole. Aujourd’hui, il serait inimaginable de proposer une idée pareille, les entourages, les managers ou autres conseillers en communication feraient barrage aussitôt. La voilà, la grande différence entre les années 1960 et aujourd’hui. Nous disposions d’une totale liberte. Nous n’avions peur de rien et les artistes n’étaient pas obsédés par leur « image ». Bref, nous savions surtout que tout ça n’était pas sérieux. Le but de mes photos c’était de distraire les adolescents, et leur permettre de mettre du spectacle sur les murs de leurs chambres. Bref le but était de les faire rêver.                                                           Sur l’étiquette de la bouteille, vous pouvez voir Dick Rivers qui représentait le diable sur toutes les photos de la série.

Jean-Marie Périer

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