Mu isamaa
En juillet 2025 se tenait à Tallinn, en Estonie, le festiva estonien de la danse et de la chanson. Tous les 5 ans, des dizaines de milliers de choristes et danseurs folkloriques se rassemblent pendant plusieurs jours à Tallinn pour célébrer la culture estonienne et la liberté. Laulupidu, le festival de la chanson, se tient à Lauluväljak, une immense scène dédiée au chant choral pouvant accueillir jusqu’à 15 000 choristes simultanément. Inscrit sur la liste des chefs d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’Unesco, ce festival, dont la tradition remonte au XIXe siecle, est l’événement le plus important pour cette petite nation d’1,3 millions d’habitants. Riche d’un patrimoine musical, le pays possède un des répertoires de chants folkloriques parmi les plus riches au monde. C’est aussi a travers le chant que leur révolte face au régime soviétique s’est faite entendre. En 1988, pendant l’ère soviétique, des centaines de milliers de personnes s’y sont retrouvées pour chanter des chansons patriotiques en estonien, alors interdites, et exiger l’indépendance. Cet événement est considéré comme les prémices de ce qui sera plus tard appelé « la révolution chantante » et conduira à l’indépendance des pays baltes. Cette première édition depuis le début de l’invasion russe en Ukraine de 2022, résonne comme un symbole fort d’unité nationale et
d’attachement à leur terre. À chaque fin de festival, les voix des 15 000 choristes et celles du public de 100 000 personnes se mêlent et s’élèvent à l’unisson pour interpréter la dernière chanson « Mu isamaa on minu ar » (ma patrie est dans mon coeur) dans un grand moment de poésie qui
semble hors du temps.














