« Avoir 20 ans, c’est croire que tout commence » (et c’est souvent vrai). S’il est une intention que porte cet anniversaire de Getxophoto, c’est bien celle de penser sa renaissance. Pour ses vingt ans, le festival ne fait pas que célébrer son histoire, il réaffirme son goût pour l’exploration et les enjeux qui questionnent notre époque.
Fondé par Begihandi Kultur Elkartea (Jokin Aspuru) le festival a vu le jour en 2007 et s’apprête donc à fêter, en Mai-Juin 2026, ses deux décennies d’existence. Depuis lors, plus de 350 artistes visuels venus du monde entier y ont été présentés, principalement dans l’espace public – places publiques, marchés, façades et bord de mer – au travers des supports et formats inattendus, signature emblématique de l’événement.
Après les thématiques PAUSE, PLAY et REC, qui ont structuré les trois précédentes éditions, la nouvellee s’articule autour d’un mot évident : RESET. Une injonction à relancer le système, à redémarrer. Cette édition, la dernière dirigée par la programmatrice artistique basée à Bilbao, María Ptqk, réunira des projets explorant les mutations et recyclages, autant que les cycles et les récits du recommencement.
Parmi les artistes invités, Cristina de Middel revient, dix-sept ans après sa première participation, avec Snap Fingers and Whistle. Elle y revisite le film West Side Story, icône visuelle de New York, en rejouant ses scènes parfois plan par plan, dans une artificialité assumée. Ce geste interroge à la fois les frontières de la photographie de rue et la capacité du langage visuel à se réinventer.
De son côté, Chloé Azzopardi développe une pratique mêlant photographie, performance et installation. Ses recherches, centrées sur l’écologie par le biais des désirs et des imaginaires, prennent forme à travers une série d’objets hybrides. Branches, coquillages, pierres, fleurs ou verre composent un ensemble d’artefacts évoquant des dispositifs électroniques. Autant de formes organiques et poétiques qui interrogent l’utilité réelle des technologies et invitent à reconsidérer leur impact sur nos perceptions.
Né en 1998 à Nantong, en Chine, Yuxing Chen est un artiste partagé entre Londres et Shanghai. Sa pratique interroge avec acuité les dimensions historiques et contemporaines de la chinoiserie. Son projet The Oriental Scene, lauréat de l’Open Call Getxophoto 2026, s’intéresse à l’histoire singulière d’une réplique de la célèbre Porcelain Tower of Nanjing, érigée au XVIIIe siècle dans les jardins de Kew à Londres. Après la destruction de la tour originale au XIXe siècle, cette reproduction demeure le seul vestige de cette spectaculaire pagode de porcelaine blanche de 80 mètres de haut, édifiée sous la dynastie Ming.
Autres artistes présentés : Eugenia Maximova, Gohar Dashti, Mark Formanek,
Yao Lu, Mohamed Hassan, Lisa Barnad etc…
Getxophoto 2026 ne se contente pas d’explorer son thème annuel à travers une diversité de regards, il s’applique également à lui-même ce principe de réinitialisation. Il remet en lumière des œuvres présentées lors de précédentes éditions, à travers de nouveaux dispositifs d’exposition, aux côtés d’une riche sélection d’archives. Ce RESET, à la fois introspectif et tourné vers l’extérieur, célèbre le chemin parcouru et rend hommage à une aventure collective. Le festival a su évoluer sans perdre son idée de départ ; proposer une photographie accessible, ancrée dans la ville et ouverte sur des perspectives contemporaines. Une manière de relancer le système, de reprendre de l’élan, avant d’entamer un nouveau voyage ; voyage que le public est invité plus que jamais à poursuivre aux côtés du Festival.
Jean-Jacques Ader
20e Festival Getxophoto du 28 Mai au 21 Juin, à Getxo (Biscaye, Espagne)
Informations : https://www.getxophoto.com/en/














