Du 8 au 12 juillet, Fujikina réinvestissait l’Hôtel Quiqueran de Beaujeu en plein cœur d’Arles, à l’occasion des Rencontres de la Photographie. Retour sur le franc succès de cette deuxième édition.
Fraichement débarqué à Arles l’an dernier, Fujikina s’est rapidement imposé comme un rendez-vous incontournable de la programmation des Rencontres de la Photographie. Initié par Fujifilm en vue de promouvoir l’art et la technique photographique, l’événement était de retour pour une seconde édition enrichie de nouvelles propositions et a rassemblé pendant la semaine d’ouverture 5000 visite (contre 3200 l’année précédente).
Expositions, conférences, ateliers à guichets fermés, lectures de portfolio, prêt ou entretien de matériel, démonstration de produits… Près de cent activités étaient proposées aux visiteurs. Une sortie photo menée par la photographe Agathe Poupeney explorait notamment les subtilités de la photographie de danse. Mathias Zwick du collectif Inland a quant à lui imaginé une balade dans les rues d’Arles au prisme de la photographie et du texte.
Ce dernier a par ailleurs partagé les dessous de sa pratique lors d’une conférence intitulée « Raconter des lieux en suspens » où il a pu revenir sur son intérêt pour les territoires de latence et les récits qu’ils contiennent. Grand invité de cette édition, Raymond Depardon a lui-même participé à une discussion avec Matthieu Rivallin, chef du département photographique de la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie, autour des archives de Magnum Photos, que la MPP met actuellement en lumière grâce à un grand projet de numérisation mené en partenariat avec Fujifilm. Près de 650 000 diapositives, couvrant une période allant des années 1950 au début des années 2000, refont progressivement surface pour nous révéler leurs secrets.
À cette occasion, une exposition était organisée à la galerie Arena pour laquelle le photographe américain Grégory Halpern a été invité à revisiter ces archives couleurs rarement dévoilées. Il poursuit le travail d’interprétation mené par différents photographes lors de précédentes éditions de Fujikina : Rafal Milach en Tchéquie, Alec Soth en Italie et Myriam Boulos en Belgique. À Arles, l’exposition offre une immersion pleine de poésie dans les images d’Halpern en miroir avec les diapositives de Magnum Photos. Une exposition à voir jusqu’au 30 août !
Parmi les 16 ambassadeurs de Fujikina, certains ont investi les anciennes salles de l’École Nationale Supérieure de Photographie. Souffle Aride, série omanaise de Laura Bonnefous sur la transformation vertigineuse d’un petit village de pêcheurs, était confrontée à une vision méconnue de l’Adriatique dans The Silent Shore de Mathias Zwick à travers un dialogue épousant l’architecture boisée de la pièce. Plus loin, Mathias Benguigui et Jonathan Bertin rendaient un hommage aux possibilités de l’instax WIDE Evo™ dans un patchwork photographique de couleurs et de lumière.
En conjuguant transmission, expérimentation et exploration des archives, cette seconde édition de Fujikina confirme la volonté de Fujifilm de penser la photographie comme un terrain d’échanges et de création. Entre regards émergents et figures majeures, récits contemporains et mémoire des images, l’événement affirme une vision généreuse du médium, ouverte à la multiplicité des pratiques et des sensibilités.















