Dans la biographie abondamment illustrée, largement documentée et très divertissante de Bonnie Yochelson, « Too Good to Get Married: The Life and Photographs of Miss Alice Austen » (Fordham University Press / Empire State Editions), elle décrit comment une femme qui a grandi à l’âge d’or, lorsque le terme « lesbienne » n’existait pas encore, a défié et s’est conformée aux idéaux conservateurs de la haute société de Staten Island.
Photographe amateur prolifique, talentueuse et pleine d’esprit, Alice Austen (1866-1952) a documenté la vie trépidante de Staten Island à l’âge d’or : ses matchs de tennis, ses courses de yachts et ses fêtes. Inspirée non par les beaux-arts mais par la culture populaire, Austen est aujourd’hui surtout connue pour une série de photographies humoristiques dans lesquelles elle et ses amis remettaient en question les normes de genre – « fumer » des cigarettes, feindre l’ivresse et s’habiller en homme – et pour « Street Types of New York », un portfolio représentant des personnes travaillant dans les rues de Manhattan. Austen embrassait l’esprit rebelle de la « New Woman », surnom donné à celles qui défiaient les attentes en poursuivant des études supérieures, sportives ou professionnelles. Elle entretenait des relations amoureuses et, à 31 ans, elle rencontra Gertrude Tate, qui devint sa compagne de vie pendant plus de 50 ans. Lorsqu’en 1951 un jeune journaliste lui a demandé pourquoi elle ne s’était jamais mariée, Austen, alors âgée de 84 ans, a répondu : « Je suppose que j’étais trop bien pour me marier ».














