Nature, écologie et esthétique sont au cœur de la Flat//Land Gallery :
ANNELIES DAMEN NL 1968
Depuis plus de deux décennies, Annelies Damen retourne régulièrement dans l’archipel de Lamu, au large des côtes du Kenya. Lamu est depuis longtemps un carrefour des cultures africaine, arabe, perse et indienne. Au fil des siècles, des peuples venus de différentes régions s’y sont installés, chacun apportant ses racines, ses traditions et son identité propres. De cette convergence est née une culture swahilie dynamique, qui s’est développée à partir du XIIe siècle et qui est encore florissante aujourd’hui. Pourtant, le savoir transmis de génération en génération comment vivre en communauté, partager les ressources, transmettre les traditions et maintenir la vie collective s’estompe, et avec lui, l’identité culturelle elle-même.
LONGING FOR LAMU se présente à la fois comme une lettre d’amour et un témoignage une simplification formelle qui reflète la précarité de l’écosystème et le savoir culturel menacés. Ses œuvres témoignent d’un lieu où la mémoire culturelle, l’équilibre environnemental et l’identité humaine restent indissociables et de plus en plus fragiles.
ZANA BRISKI Royaume-Uni 1966
Dans NIGHT WILD – PHOTOGRAMS OF ANIMALS MADE IN THE WILD, Zana Briski a approfondi son lien et sa collaboration avec les animaux sauvages en retirant l’appareil photo de l’équation. Elle crée des photogrammes uniques, grandeur nature, d’animaux sauvages la nuit, sur le terrain. Ces tirages photographiques sont réalisés directement sur un support photosensible, sans appareil photo, sans objectif ni négatif – seulement le temps, la présence et la confiance.
De l’Afrique à l’Australie, du Brésil à Bornéo, Zana se lance dans des expéditions tranquilles qui durent cinq mois. Lorsqu’un animal apparaît, Zana réalise une prise de vue rapide à l’aide d’un petit flash portable, suffisamment discret pour passer inaperçu. Une fois l’animal disparu dans la forêt, elle récupère le papier et développe ensuite le tirage dans sa chambre noire. Ce n’est qu’alors que l’image se révèle.
Le résultat est une empreinte directe, unique et magique, d’un animal sauvage sur du papier photographique. Ce qui en ressort n’est pas l’image d’un animal, mais l’empreinte physique d’une rencontre mi-ombre, mi-apparition. L’effet est viscéral et profond.
KIM BOSKE NL
Les multiples couches des images photographiques de Kim Boske semblent retenir les images les unes sur les autres, se fondant et entremêlant, différents moments dans le temps, révélant des phénomènes hallucinants impossibles à percevoir à l’œil nu. En allant au-delà du médium photographique, qui capture l’« instant », Boske recueille des fragments de réalité qui sont ensuite superposés en compositions complexes et envoûtantes rendant hommage à l’incroyable complexité du monde naturel. Cette multitude de couches peut être interprétée comme un jeu avec les notions écologiques de diversité et de symbiose, embrassant la nature de l’environnement comme une complexité non hiérarchique et en constante évolution. Dans le dernier projet de Kim Boske, Ensō, aucun objectif photographique n’a été utilisé. Boske a travaillé uniquement avec du papier washi et des couches de ses propres points indigo recyclés, fabriqués à la main à partir de morceaux de photographies indigo antérieures.
Ces minuscules œuvres d’art représentent des rivières qui coulent et des micro-organismes invisibles. L’utilisation de matériaux naturels reflète, au sens propre comme au figuré, l’importance de la diversité biologique à travers la présence de nombreux micro-organismes du sol dans son travail.
VINCENT MUNIER F 1976
Vincent Munier est l’un des photographes et cinéastes animaliers les plus acclamés et les plus respectés au monde. Son travail est reconnu pour sa capacité exceptionnelle à capturer le silence, le mystère et le respect de la nature.
Munier a remporté de nombreux prix internationaux, dont le César du meilleur documentaire pour « The Velvet Queen », l’une des récompenses les plus prestigieuses en France. En 2026, il a de nouveau reçu un César du meilleur documentaire et un César du meilleur son pour son nouveau film « Le Chant des Forêts ».
SCARLETT HOOFT GRAAFLAND NL
Scarlett Hooft Graafland est connue pour mettre en scène des paysages surréalistes dans la nature qui reflètent les problèmes auxquels sont confrontées les communautés locales. Récemment, en janvier 2026, elle s’est rendue sur l’une des plus anciennes pyramides d’Égypte. Construite vers 2700 avant J.-C. pour servir de dernière demeure au tout premier pharaon, sa valeur culturelle et architecturale est immense. Hooft Graafland a créé une nouvelle œuvre, « Dust to Dust », dans laquelle deux balais et leur ombre dessinent une nouvelle pyramide.
En voyageant dans les coins les plus reculés de la planète, Scarlett Hooft Graafland transforme ces environnements austères en véritables acteurs vivants au sein des performances minutieusement chorégraphiées qu’elle met en scène. Qu’il s’agisse du désert de sel de Bolivie, de l’Arctique canadien, de Madagascar, de l’île de Socotra ou de Vanuatu, Scarlett Hooft Graafland ne fait plus qu’un avec le cadre et la culture locale. Après des semaines de préparation, en étroite collaboration avec les habitants, Scarlett crée une scène où les enjeux sociaux locaux occupent le devant de la scène et où le vaste paysage surréaliste devient le chœur d’une tragicomédie classique qui commente silencieusement le sujet.
John Devos
johndevos.photo (a) gmail.com














