Ces images ne font pas partie du Festival d’Arles.
Ce sont celles que Jeff Dunas, présent comme chaque année à l’hôtel du Forum, a realisées pendant les incendies de Los Angeles et qu’il montre a ses amis. Il écrit.
J’ai grandi à West Los Angeles, à environ 15 minutes en voiture de Pacific Palisades. J’y allais à vélo avec mes amis. Il y avait le Bay Theatre où nous allions au cinéma le samedi. Il y avait aussi un glacier et une quincaillerie, un ou deux cafés, un marché alimentaire et quelques autres commerces. C’était un petit village tranquille à l’époque, à seulement 5 minutes en voiture des plages de la Pacific Coast Highway. Au fil des ans, il a conservé son caractère. Bien sûr, il s’est développé et est devenu très agréable à vivre. Le lycée proposait un programme d’éducation physique incluant le surf. Je ne connaissais aucune autre école proposant des cours de surf. C’était un cadre idyllique. Mes amis d’enfance ont ensuite acheté des maisons et fondé une famille là-bas. Personne ne voulait vivre ailleurs.
Puis vint le matin du 7 janvier de cette année.
Je me souviens que le vent était intense là où nous vivons à West Hollywood et j’avais de nouveau peur pour Malibu, où de nombreux incendies terribles ont sévi au fil des ans. Ce matin-là était inhabituel. Habituellement, le vent se lève la nuit et s’apaise en fin de matinée ici, mais ce matin-là était différent. Très différent. Le vent a atteint une force fulgurante en début d’après-midi. Les incendies ont commencé le matin et se sont propagés pendant quelques heures seulement, projetant des braises ardentes dans les maisons en feu, jusqu’à ce que le village où j’ai passé tant d’été enfant soit complètement détruit. Nous avons reçu plusieurs ordres d’évacuation au cours des jours suivants, tout comme mes collègues Greg Gorman, Mona Kuhn, Andrew Macpherson et bien d’autres. Heureusement, nos maisons n’ont pas brûlé.
Les incendies de janvier sont devenus la pire catastrophe de l’histoire récente de la Californie, peut-être l’équivalent des grands tremblements de terre et incendies du début du XXe siècle. C’est une perte totale. Pour beaucoup, qui pensaient n’évacuer que pour un court instant avant de rentrer sains et saufs chez eux, tout était perdu à jamais. Ce fut un cauchemar, comme les conséquences de l’explosion d’une bombe à neutrons. Ces images révèlent tout ce qui reste de leur bonheur, de leur quotidien. Maintenant, il n’y a que le vide. Imaginez le quartier de Neuilly détruit en quatre heures.
Jeff Dunas














