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Archives : Danziger Gallery : Edward Steichen : Chefs-d’oeuvres d’un maître

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Archives – 22 septembre 2011

La Danziger Gallery inaugure son programme d’automne 2011 avec la présentation de 80 photographies d’Edward Steichen tirées par le renommé George Tice. Tice était la dernière personne à avoir tiré les photos de Steichen de son vivant. Ces tirages nous rappellent le génie de Steichen et mettent en lumière la formidable qualité de tireur qui a fait la réputation de George Tice pendant toute sa carrière.

Steichen est né Édouard Jean Steichen à Bivange, au Luxembourg, en 1879. Sa famille a émigré à Chicago en 1881 et s’est installée à Milwaukee en 1889, alors qu’il avait 10 ans. En 1894, à l’âge de 15 ans, Steichen a commencé un apprentissage de lithographie de quatre ans à l’American Fine Art Company de Milwaukee. Dessinateur précoce et talentueux, Steichen se voyait d’abord comme peintre, mais en 1895, il a acheté son premier appareil photo, un appareil photo Kodak « détective » d’occasion, et a commencé à expérimenter ce médium encore relativement nouveau.

Dans le petit monde de la photographie américaine du tournant du siècle, Steichen rencontra Alfred Stieglitz en 1900, lors d’une escale à New York en route pour Paris. Lors de cette première rencontre, Stieglitz fit l’éloge de la peinture de Steichen, mais acheta trois de ses tirages photographiques.

Les deux hommes restèrent en contact et, en 1902, alors que Stieglitz élaborait ce qui allait devenir Camera Work, il demanda à Steichen de concevoir le logo et de participer à la rédaction du magazine, qui allait devenir sans doute la revue de photographie la plus influente jamais publiée. Tandis que Stieglitz s’inscrivait résolument dans le camp des beaux-arts, Steichen souhaitait étendre son rayonnement, son influence et ses relations. Jamais opposé au monde commercial, Steichen acceptait volontiers, dès 1910, des missions éditoriales et ses photographies des robes de Paul Poiret parues dans le magazine Art et Décoration en 1911 sont d’ailleurs considérées comme les premières photographies de mode modernes jamais publiées.

Au milieu des années 1920, Steichen était le photographe le mieux payé des États-Unis. En 1923, il fut engagé comme photographe en chef chez Condé Nast Publications et, durant les années 1920, il gagna 100 000 dollars par an grâce à son travail publicitaire. Bien que son succès commercial marquât une rupture avec la vision magnanime de la photographie prônée par son mentor Alfred Stieglitz, Steichen était parvenu à la conclusion que la fonction première de la photographie était utilitaire : un moyen de communication humaine résolument moderne. Au cours des quinze années suivantes, Steichen tirera pleinement parti des ressources et du prestige conférés par l’empire Condé Nast pour produire une œuvre d’une brillance inégalée, mettant ses talents exceptionnels et son énergie prodigieuse au service de la dramatisation et de la glorifiabilité de la culture contemporaine et de ses créateurs en politique, en littérature, en journalisme, en danse, au théâtre, à l’opéra, au cinéma et dans le monde de la haute couture.

Les portraits de Steichen ont traversé les âges. Il avait une intuition étonnante pour distiller les personnalités publiques des célébrités et les rendre à la fois familières et emblématiques. C’est ce qui fait de lui le père fondateur de notre culte actuel de la célébrité. Ses portraits occupent une place extraordinaire dans notre mémoire visuelle : sa représentation saisissante de J.P. Morgan en baron voleur archétypal, serrant l’accoudoir de son fauteuil qui ressemble à une dague étincelante ; son gros plan sur une Gloria Swanson féline, lançant un regard noir derrière un feuillage de dentelle noire ; son observation retenue d’un Gary Cooper incroyablement beau et débonnaire.

L’ingéniosité de Steichen pour le portrait incitait ses modèles à exprimer avec force leur personnalité profonde. Il avait un jour envisagé de se lancer dans le cinéma, et une grande partie de son travail dégageait une qualité cinématographique. Comme le lui avait dit Greta Garbo après un tournage : « Tu devrais être réalisateur. Tu comprends. » Parfois, des artistes s’appropriaient même ses idées. Le portrait de Fred Astaire, se découpant sur son ombre démesurée, inspira au danseur des mises en scène similaires dans ses films ultérieurs.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Steichen devint chef de la photographie de combat de la Marine, un travail qu’il appréciait. Après la guerre, Steichen abandonna complètement ses missions et se consacra à ce qu’il considérait comme son plus grand accomplissement : un grand projet thématique destiné à faire avancer la cause de la paix mondiale. Intitulée « The Family of Man », l’exposition comprenait 503 photos prises par 273 photographes de 68 pays. Présentée pour la première fois au Museum of Modern Art en 1955, elle s’efforçait de dépeindre des expériences communes à toute l’humanité et reflétées dans diverses cultures. L’exposition voyagea dans 72 sites étrangers au cours de la décennie suivante et fut vue par neuf millions de personnes. Certains critiques trouvèrent son message sincère naïf et déconnecté des complexités d’un monde en pleine mutation.

Cependant, elle connut un immense succès populaire, deux millions et demi d’exemplaires du livre ont été vendu.

 

Edward Steichen, The last printing
Jusqu’au 29 octobre, 2011
Danziger Gallery
527 West 23rd Street
New York 10011
Telephone 212.629.6778
https://www.danzigergallery.com/

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