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Anne-Lore Mesnage–La Fleur de l’Age

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Il peut paraître étrange, voire même incongru de se demander si « Les Paysages d’Adonis » - titre que la photographe Anne-Lore Mesnage a donné à sa série - sont des portraits, des paysages ou des natures mortes tant ils semblent hésiter entre ces différents genres. Il n’est qu’à se référer au titre de la série pour avoir la réponse, serait-on tenté de nous rétorquer. Mais, une série photographique ne se résume pas au titre qui l’identifie, permet de la distinguer d’une autre série. Les mots charrient des images que les images elles-mêmes parfois réfutent ou contredisent. Ainsi, dans les paysages d’Anne-Lore Mesnage, des figures d’adolescents forment diptyque avec des paysages qui n’en sont pas toujours. Parfois identifiables, d’autrefois dissimulés, ses "portraits" semblent happés par la végétation qui en brouille l’identité, la masque comme pour mieux laisser place au paysage auquel le "portrait" fait écho. C’est qu’il y est question de métamorphose et de la place que l’environnement occupe dans nos existences. « L’être humain semble trop souvent oublier qu’il évolue dans un écosystème parmi des éléments interdépendants, et auxquels il est lui-même assujetti. Il met alors en péril les chaînons naturels qui lui sont liés. » dit la photographe. À voir ses images et à se souvenir du titre de la série on ne peut s’empêcher de songer qu’il y a sans doute une référence implicite à cet âge qu’est l’adolescence, considéré comme le printemps de nos existences d’êtres mortels. Mais on songe aussi aux métamorphoses d’Ovide ou encore à tous ces récits où à la fin de l’histoire la figure héroïque s’efface et laisse symboliquement une plante ou une fleur signifier son passage sur cette terre. La nymphe Clytie, amante d’Hélios, est ainsi changée en tournesol, tandis que Tristan et Yseult, s’incarnent respectivement, ou pour parler autrement, se réincarnent en glycine et en chèvrefeuille. Et la photographe de préciser au sujet des adolescents qu’elle « immortalise » : « Personnifiant tour à tour la divinité Adonis, ils se laissent partiellement intégrés par le végétal qu’ils semblent dompter. Faisant référence au peintre de la Renaissance (De Vinci, Flandrin, Boccaccino...), ils se tiennent ainsi, fiers et droits, prêts à prendre racine.» Les photographies d'Anne-Lore convoquent pour sûr la littérature mais elles ne s’en inscrivent pas moins dans l’histoire de la pratique photographique et plus largement artistique.

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