Le Codex Astra Syzygy
En réponse aux bouleversements causés par la pandémie, une époque en proie à deux spectres – l’ennui et la terreur –, le Codex Astra Syzygy a apporté un réconfort dans les univers de la science-fiction et de la mythologie, convaincu que la science-fiction nous transporte hors du quotidien, nous offre une évasion, tout en reflétant nos peurs collectives. Inspirée par le canular de la Grande Lune du XIXe siècle, qui a semé les graines de l’émerveillement et donné naissance à des mythes de mondes cachés, ainsi qu’à des planètes hypothétiques comme Vulcain, X et Tyché, cette histoire se déroule comme un mythe sur la disparition de l’une de ces planètes.
Chaque jour, je créais une nouvelle œuvre avec l’idée d’un flux de conscience guidant mon processus créatif, une pensée (ou une image) unique évoluant et se transformant au fil du temps. Le Codex Astra Syzygy défie un récit singulier formant un cosmos surréaliste qui évolue et mélange de multiples perspectives et techniques. Mon rôle s’apparentait à celui d’un traducteur transcrivant ces trois transmissions extraterrestres différentes.
Dystopie I_$ store
Créés par multi-expositions intégrées, ces assemblages s’inspirent des principes de la caméra Multiplane (utilisée pour la réalisation de dessins animés vintage). Les objets sont disposés sur différentes plaques de verre pour créer une dimensionnalité. Évoquant l’esthétique science-fiction des années 70, ils utilisent des formes simples et réutilisent des objets du quotidien du magasin $. L’objectif est de transmettre des histoires complexes avec un minimum de matériaux, en misant sur la lumière, la couleur et la profondeur pour créer ces dioramas futuristes.
II_Aura
Inspiré par les échos granuleux des premières transmissions télévisées spatiales Apollo, mon procédé de photogramme cyanotype embrasse les irrégularités et les accidents. À partir des mêmes accessoires du magasin $, grâce à une superposition méticuleuse, ces formes sont exposées sur papier pour exploiter l’espace négatif, créant ainsi un récit parallèle. Les images évoquent une sonde extraterrestre lointaine livrant des instantanés granuleux de pictogrammes extraterrestres. Les images qui en résultent prennent une dimension mythique, devenant des artefacts visuels, tels des reliques d’une civilisation future.
III_hiéroglyphes célestes
Au cœur de mystérieux systèmes codés, ces photos font écho à l’atmosphère visuelle des Messages d’Arecibo, une initiative du SETI. Des signaux radio, des données devenues binaires, envoyés à travers l’espace, incarnent notre nature humaine. Pourtant, ces images sont créées à partir d’un jouet d’enfant, un canal permettant de créer des symboles graphiques qui ressemblent à des hiéroglyphes célestes.
En approfondissant mon exploration, chaque photographie est devenue le vecteur d’histoires : dieux, extraterrestres, virus invisibles. Les objets bon marché utilisés comme accessoires ont cessé d’être de simples objets, ils sont devenus des symboles et des portes vers d’autres dimensions. L’objectif est de surprendre et de remodeler nos perceptions, en nous encourageant à découvrir les détails et le symbolisme souvent négligés qui imprègnent les objets. Dans cette réalité construite de fins simples et heureuses et du charme des voyages héroïques. Le projet est devenu un moyen d’exorciser mes peurs et mes angoisses, en créant des contes populaires du futur.














