L’inquiétante étrangeté des choses
Il y a longtemps que je m’intéresse à la nature morte.
Réunir des objets pour les photographier (selon la définition de la nature morte de Charles Sterling) provoque comme une alchimie mystérieuse entre eux. Il y a le plaisir du jeu avec la composition. J’ai aussi chercher à saisir l’inquiétante étrangeté de ces choses qui se manifeste parfois. Cette sensation très particulière où quelque chose de familier nous apparaît soudainement comme étrange, un trouble face à quelque chose que l’on connaît très bien.
Je n’aime pas trop l’idée de rechercher l’essence de ces choses. La photographie est un instrument que prétend enregistrer une certaine vérité. Mais on sait qu’elle n’y parvient pas.
Le projet de pousser à sa limite un travail, d’y revenir systématiquement m’a séduit. Pour une fois, aller au bout d’une démarche avec un peu d’obstination.
La nature morte, toujours disponible, le travail de studio, sans contrainte de temps, me semblent bien adapté pour cela.
Quelques fantômes hantent cette série, des artistes, peintres ou photographes, qui ont travaillé de façon récurrente, presque jusqu’à l’obsession, sur un même sujet, sur un thème parfois très restreint. Les artistes poursuivent leur tâche tout au long de leur vie comme par nécessité, comme pour en faire une quête.
J’ai choisi d’en faire mon projet, systématiquement, façon méthode Coué.
Je verrai bien où tout cela va me conduire.













