À partir du 5 mars 2026, The National Maritime Museum à Amsterdam présente l’exposition Ekō – Japan in two visual narratives. Conçue comme un dialogue d’artistes à travers le temps, l’exposition met en regard les premières photographies du Japon issues des collections du musée, notamment celles de Felice Beato, et le travail contemporain qu’elles ont inspiré, tel que l’a capté la photographe et artiste visuelle Anaïs López.
En 1859, la photographie s’épanouit au Japon après l’ouverture des ports du pays au commerce international. Portes d’entrée vers des régions encore inconnues de l’Occident, les villes portuaires étaient intrinsèquement liées à la photographie. Les photographies rassemblées par le consul néerlandais Dirk de Graeff van Polsbroek (1833‑1916) comptent parmi les plus anciennes prises au Japon. Bien que De Graeff ne fût pas photographe lui‑même, son soutien s’avéra indispensable au photographe étranger le plus influent de l’époque : Felice Beato. Depuis une perspective européenne, l’Anglo‑Italien Beato a construit une image du Japon soigneusement mise en scène, répondant aux attentes d’un public occidental. Les retirages et copies de ses images se sont diffusés largement, imposant un modèle visuel d’un pays supposément exotique — un modèle qui a continué d’influencer les photographes jusque dans le présent.
Lorsque l’artiste Anaïs López s’est rendue au Japon en 2016, elle a, sans le savoir, emporté avec elle les images de Beato, dont l’œuvre résonne dans sa photographie comme un écho (Ekō) venu d’un passé lointain. À la recherche de la tortue d’or Kami, López a suivi la rivière Kamo et s’est aventurée dans les montagnes. Au cours de son voyage, elle s’est inspirée d’un artiste local et de techniques séculaires, laissant se déployer un nouveau langage visuel. The Turtle and the Monk révèle une artiste qui tourne son regard vers l’intérieur pour raconter une histoire à plusieurs strates sur le deuil, la volonté de contrôler la nature et la magie de l’imagination.
L’exposition présente les trois albums photographiques que Dirk de Graeff van Polsbroek a laissés de son séjour au Japon (collection du The National Maritime Museum). Ils comprennent le plus ancien album réalisé par Beato au Japon (1863) ainsi qu’un précurseur de son célèbre Photographic Views of Japan — des albums de photographies‑souvenirs qu’il commence à commercialiser en 1868. Beato a collaboré avec des spécialistes japonais issus d’ateliers de xylographie, qui coloriaient les photos à la main — une pratique ancrée dans des traditions d’image japonaises préexistantes.
Les photos des albums de De Graeff ont une grande valeur culturelle et historique. Elles ont été produites durant le Bakumatsu, période au cours de laquelle le Japon s’est rapidement transformé d’un État féodal en un empire moderne. Les albums de De Graeff constituent une source primaire pour la recherche sur les débuts de la photographie au Japon. L’exposition met en lumière le rôle joué par le diplomate néerlandais dans la création de ces premières images.
En parallèle, le travail d’Anaïs López (1981) issu de the Turtle and the Monk est présenté. En associant la photographie à des techniques d’impression particulières, telles que le gyotaku et la gravure photopolymère, l’artiste entraîne les visiteurs dans un voyage unique.
López crée des récits multimédias à l’intersection de la fiction et du documentaire, abordant des thèmes universels depuis une perspective personnelle. Pour chaque projet, cette conteuse‑née s’immerge dans une recherche intensive qu’elle traduit ensuite en un récit visuel, stratifié. Elle emmène son public dans des mondes fabuleux, souvent plus proches de la vérité qu’il n’y paraît au premier abord. López est considérée comme une pionnière dans son domaine et a remporté des prix pour son travail, en Europe comme à l’international. The Migrant a été nommé pour un Golden Calf et a remporté le DirectorsNL Award for Digital Storytelling ainsi que le Silver Camera Award for Storytelling.
Livre d’artiste et carnet
Un livre d’artiste du même nom, the Turtle and the Monk, est disponible à la boutique du The National Maritime Museum. Également disponible : In the Light of the Rising Sun. The photo albums of Dirk de Graeff van Polsbroek, 1857–1869, écrit par Sara Keijzer, commissaire de l’exposition. Cette seconde publication s’appuie sur de nouvelles recherches consacrées aux trois albums photographiques de Dirk de Graeff van Polsbroek présentés dans l’exposition au musée.
Ekō – Japan in two visual narratives
du 5 mars au 30 août 2026
The National Maritime Museum
Kattenburgerplein 1,
1088 KK Amsterdam
Horaires d’ouverture 10.00 à 17.00
www.hetscheepvaartmuseum.com














