Robert Mann Gallery présente Fragmentary Glimpses: Alfred Stieglitz and David Vestal in New York, visible à partir du 5 février. Cette exposition intimiste invite le public à regarder New York à travers l’objectif de deux photographes fascinés par le paysage en constante évolution de la ville : Alfred Stieglitz et David Vestal.
Une chose est certaine à propos de New York : elle change en permanence. Nous le savons instinctivement, mais l’art de son époque révèle l’énergie protéiforme de la ville. Médium polyvalent, la photographie documente ce que la caméra voit tout en révélant, simultanément, plus que ce qui est visible à un instant donné.
Au début des années 1900, Alfred Stieglitz organisa des expositions d’art moderne dans ses Little Galleries of the Photo-Secession – nommées d’après le groupe pictorialiste qu’il contribua à fonder en 1902 – et défendit la photographie comme une forme d’art à part entière dans les pages de Camera Work. De 1903 à 1917, cette revue trimestrielle publia de nouvelles œuvres d’artistes de premier plan, accompagnées de critiques d’art et d’essais philosophiques. Si la revue présentait principalement le travail des autres, le numéro d’octobre 1911 fut consacré à la vision photographique propre à Stieglitz et est considéré comme l’un des numéros les plus importants de la revue.
Fragmentary Glimpses présente l’ensemble des images que Stieglitz publia dans Camera Work, No. 36 – des « snapshots » (comme les critiques les appelaient) de New York à l’un de ses nombreux tournants. Vapeurs et locomotives transportent les gens plus vite et plus loin que jamais, tandis que les dirigeables et les gratte-ciel nouvellement construits inaugurent une ère où l’on vise de nouveaux sommets. Des œuvres aussi emblématiques que The Steerage (1907), The Terminal (1892) et Spring Showers (1900) montrent comment le cadrage moderniste de Stieglitz et sa capacité à restituer l’atmosphère changeante de la ville – naturelle comme artificielle – ont contribué à ouvrir une nouvelle voie à la photographie au tournant du XXe siècle. Figure majeure du pictorialisme et l’un de ses défenseurs, Stieglitz maîtrisait la photogravure, procédé photomécanique permettant des effets atmosphériques et picturaux tout en étant reproduit en série.
Des décennies plus tard, David Vestal photographia la ville et ses habitants, vivant dans les retombées sombres de la modernité. Arrivé à New York à la fin des années 1940 après avoir étudié la peinture à The Art Institute of Chicago, Vestal se mit à la photographie et rejoignit la célèbre Photo League, regroupement de praticiens socialistes. Bien plus marqué par des préoccupations esthétiques que politiques, son sens de la composition et son attention à la lumière capturent avec finesse les réalités sociales troublantes qui, dans la plupart des villes américaines d’après-guerre, persistaient comme un smog.
Le titre de cette exposition à deux voix provient d’un essai publié dans le numéro d’octobre 1911 de Camera Work de Stieglitz. Évoquant New York comme « une vision qui s’élève hors de la mer », le photographe Alvin Langdon Coburn écrit que la ville « scintille un moment au soleil… [puis] disparaît, sinon par fragments d’aperçus… ». Les deux photographes savaient intimement comment leurs appareils pouvaient à la fois saisir l’insatiable faim de progrès de la ville et en rendre l’éclat lumineux et brumeux.
Fragmentary Glimpses: Alfred Stieglitz and David Vestal in New York
5 février – 21 mars 2026
Horaires du vernissage : 5 février, 18h-20h
Robert Mann Gallery
508 W 26th St Suite 9F
New York, NY 10001
www.robertmann.com














