D’abord : merci à Francine Deroudille. Cette journée hommage à son père, Robert Doisneau, c’est à elle que nous la devons.
C’est son choix que nous publions aujourd’hui, ce regard surprenant sur une oeuvre aux pans encore méconnus.
J’ai eu la chance de connaitre Robert Doisneau et de partager avec lui quelques déjeuners.
À chaque fois, c’était magique, l’un notamment au debut des années 80.
Ce matin là, je m étais réveillé pour d’obscures raisons oubliées depuis, sinistre et malheureux.
Un temps, j envisageais même d’annuler le déjeuner, mais on ne décommande pas Doisneau.
Nous arrivâmes au même instant tous les deux chez Mario, notre cantine de l’époque. J’avais la boule au ventre, l’angoisse de paraitre débile et ennuyeux.
“Naudet, il vient de m’arriver un truc incroyable”, commenca t’il à peine assis. “J’avais ce matin un examen médical a passer à l’hôpital. On m’a allongé sur un lit et bardé de fils et de tuyaux. Au bout de 10 minutes, le professeur est arrivé accompagné d’une dizaine d’internes. Il m a jeté un coup d’oeil puis regardé longuement les appareils et fait a un signe a son équipe.
Il partirent dans une piece attenante. Pendant 5 minutes, je ne compris rien à leur brouhaha.
Quand le silence se fit, j’entendis le professeur affirmer : Oui , il faut faire quelque chose, cette situation n’est pas possible.”
À cette époque la femme de Doisneau n’allait pas très bien et l’avenir de ses deux filles le préoccupait particulièrement.
Doisneau reprend : “Je commence paniqué à me lever, à arracher quelques fils. Le professeur revient dans la piece, comprend ma fébrilité, éclate de rire et me dit ‘Mr Doisneau, je ne parlais pas de vous je parlais de la machine.’”
Ce jour là, nous avons pleuré de rire.
Jean-Jacques Naudet
- Le 17 avril s’ouvre au Musée Maillol une exposition-évènement « Robert Doisneau – Instants données ».
Associant Tempora et l’Atelier Robert Doisneau, cette exposition monographique et rétrospective est la première à Paris depuis plus de 10 ans.
Les co-commissaires Benoit Remiche, Isabelle Benoit, Francine Deroudille et Annette Doisneau proposent une relecture approfondie de l’œuvre de Robert Doisneau.
Cherchant à dégager « l’esprit » du photographe, sa philosophie personnelle, ses solidarités essentielles et un mode de travail en tension permanente entre le sérieux de la commande et la fantaisie la plus revendiquée, cette grande traversée est une date importante dans la présentation d’une œuvre unanimement célébrée. Mais si souvent simplifiée.
- En Mars la Galerie Joseph 78 rue de Turenne a célébré l’entrée de Robert Doisneau dans la collection PODA désormais disponible sur site https://www.poda-photo.com/collections/podacollection
- Le 15 mai la Galerie Claude Bernard, 7/9 rue des Beaux-Arts présentera une quarantaine de tirages de collection signés par Robert Doisneau.
- Du 1er juin au 5 octobre 2025 c’est au Festival de la Gacilly que … « nous irons voir la mer avec Robert Doisneau » …
- Du 6 juin au 25 septembre le « Musée des Beaux-Arts de Pau » présentera « Un certain Robert Doisneau »
- Du 5 juillet au 31 septembre 2025 « Les Grandes Vacances » prendront leurs quartiers d’été à l’Eglise Saint Etienne de Beaugency
- A partir du 23 octobre c’est au Château des Ducs de Bourbons de Montluçon que les 80 tirages de « A l’imparfait de l’Objectif » seront exposés
Atelier Robert Doisneau
46 place Jules Ferry
92120 Montrouge
https://www.robert-doisneau.com/fr














