Du 7 au 10 mai, l’île espagnole de Minorque accueille la première édition d’un festival photo ouvert, accessible, dédié à la photographie narrative et au storytelling visuel. Discussion avec Jorge Delgado-Ureña, cofondateur de The Raw Society, à l’origine du projet.
The Raw Society, organisatrice du festival, célèbre son dixième anniversaire. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette communauté internationale de photographie ?
Tout a débuté très naturellement : nous avons commencé à organiser des rencontres, des discussions en ligne autour de la photographie, et rapidement une communauté est née. Le Covid est arrivé, et tout a connu une croissance exponentielle. Aujourd’hui, nous comptons environ 350 membres dans 35 pays à travers le monde, dont beaucoup vont nous rejoindre au festival !
Vous organisez déjà des ateliers, publiez des travaux et collaborez à différents événements. La création d’un festival s’est-elle imposée comme une étape naturelle ?
L’une des raisons pour lesquelles nous avons créé The Raw Society était précisément d’exister dans le monde réel, pour vivre des expériences et raconter de vraies histoires. Bien sûr, la dimension en ligne est importante, mais nous cherchons toujours des moyens de traduire le sentiment de communauté et le talent de nos photographes en quelque chose de tangible, comme The Raw Society Magazine. Lors de l’une de nos conversations, nous avons pensé au festival, et en partageant l’idée avec certaines personnes, nous avons constaté un très bon accueil. Cela nous a donné de l’énergie pour nous lancer.
The Raw Society réunit des photographes confirmés, des professionnels, mais aussi des talents émergents et des amateurs. Cet esprit d’ouverture et d’accessibilité se reflétera-t-il dans le programme et le format du festival ?
L’un des éléments qui distingue ce festival des autres est l’idée que les festivals de photographie, en particulier ceux liés au documentaire et au storytelling, s’adressent souvent à des professionnels, « par des photographes pour des photographes ». Nous voulions changer cela. Bien sûr, nous accueillerons des figures majeures de la photographie, des auteurs légendaires, des éditeurs et des commissaires d’expositions, mais nous avons cherché à promouvoir l’événement comme quelque chose ouvert à tous, à tous les horizons et à tous les âges. En plus d’activités comme des spectacles et des débats, nous avons conçu les espaces comme des lieux de partage où auteurs et publics peuvent échanger, poser des questions et comprendre ce que signifie pour nous, photographies, ce monde et la manière dont nous y travaillons.
La narration et le récit visuel sont au cœur de The Raw Society. Comment cela prend-il vie pendant le festival ?
C’est en quelque sorte le reflet de l’esprit de notre communauté. Ce que tous partagent, c’est qu’ils ont quelque chose à dire, des histoires à raconter. Le festival sera à l’image de cela. Le thème est la narration, ni plus ni moins !
Le Raw Photo Fest vise à transformer Alaior en galerie vivante. Comment cela va-t-il se concrétiser ?
Les expositions auront lieu dans des lieux plus classiques comme des galeries, mais aussi dans la rue, sur des places, dans des maisons privées, des garages… C’est un festival auquel tout le monde peut participer.
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