Deauville, un territoire d’images, une ville au lien intime et privilégié avec celles et ceux qui cadrent, captent, racontent – que ce soit par le livre, la pellicule ou l’appareil photo. Et c’est sans surprise sur ce dernier médium que nous allons porter notre regard aujourd’hui.
Ce dialogue photographique nous le devons à Philippe Augier, maire de Deauville, qui a souhaité inscrire durablement la ville dans une relation de confiance et de création avec les artistes visuels. Un lien qui s’incarne depuis seize ans dans le festival Planches Contact, devenu un rendez-vous incontournable pour les passionnés de photographie, et reconnu pour son parti-pris audacieux et sa fidélité à l’esprit de résidence.
Ici, la photographie ne se contente pas de documenter le réel : elle invente des regards. Comme le décrivait Susan Sontag, les images sont des « morceaux du monde, des miniatures de la réalité ». À Deauville, ce sont des morceaux de Normandie que les photographes collectent, découpent, composent, pour mieux ouvrir des fenêtres sur le territoire. Depuis ses débuts, plus de 170 artistes ont exploré ses paysages, de ses emblématiques Planches aux campagnes intérieures, des intérieurs feutrés jusqu’aux bords de mer battus par les vents.
Une édition placée sous le signe de l’intimité
C’est donc sous les vents tempétueux de l’automne que s’est ouverte cette 16ème édition qui a choisi comme thème l’intimité. Capter l’invisible. Comment les espaces que nous habitons forgent-ils notre regard, nos récits personnels, nos mémoires ? Révéler ce qui se joue derrière les apparences. Tel a été le défi lancé à la vingtaine d’artistes sélectionnés cette année.
Parmi eux, les photographes invités : Lin Zhipeng, Myriam Boulos, Carline Bourdelas, Renato D’Agostin, Julien Magre, Anna Malarida, Amna Rafael Minkkinen, Henrike Stahl, Frédéric Stucin mais aussi les candidats pour le Prix de la Jeune Création Photographique, Jérémy Appert, Simon Bouillère, Naïma Lecomte et Anaïs Ondet. S’y ajoutent également les artistes soutenus par la bourse de la fondation photo4food : Daniel Blaufuks, Adrien Boyer, Amélie Chassary, Marilia Destot.
Leurs regards et leurs oeuvres seront dévoilées du 22 octobre 2025 au 5 janvier 2026.
Ce qui change cette année
Ce seizième cru se distingue par plusieurs nouveaux axes :
- Une nouvelle direction artistique, confiée à Jonas Tebibet (marché de l’art) et Lionel Charrier (presse), qui apportent une lecture renouvelée du festival.
- Une expérience de visite repensée, investissant différents lieux emblématiques de la ville : les Franciscaines, le Point de Vue, mais aussi des lieux en plein air tels que la plage ou le quai de l’Impératrice Eugénie ; non sans risques, comme l’a prouvé le vent violent qui a forcé le retrait de l’installation de Frédéric Stucin le jour de la visite presse.
- Une ouverture internationale, avec une résidence hors les murs sur ce même thème de l’intimité, menée à Beyrouth par Myriam Boulos (agence Magnum)
- Un engagement renforcé envers la jeune création, avec la refonte du dispositif désormais intitulé Prix de la Jeune Création Photographique, d’un jury élargi et d’une nouvelle présidence confiée à Rima Abdul-Malak. Le 26 octobre, c’est Naïma Lecomte a remporté le ce Prix et qui bénéficiera d’une exposition lors du festival InCadaqués, tandis que le lauréat du Prix du Jury se verra offrir une résidence à la Villa Pérochon, Centre d’art contemporain photographique de Niort.
- Un invité d’honneur, Samuel Becker, qui propose une sélection de livres autour de l’intimité.
Engagement solidaire & philanthropique
Planches Contact, c’est aussi un engagement social concret. Depuis 2020, le festival collabore avec la fondation photo4food, qui finance des repas pour les plus démunis. Un partenariat qui permet également d’élargir le nombre de résidences photographiques et d’enrichir la programmation. Ainsi, cette année, quatre artistes ont été soutenus pour créer des œuvres exposées au festival, puis mises en vente au profit de la Croix Rouge. Une vente aux enchères lors du week-end d’inauguration a également proposé 24 tirages issus des résidences, et une Boutique Solidaire permet d’acquérir à prix fixe des œuvres des éditions précédentes.
Voilà un festival dense et vivant, que celui de Planches Contact, et, pour reprendre les mots de son fondateur, un festival qui offre un « moment de respiration dans un monde saturé d’images et de vidéos qui s’enchaînent, nous distraient, mais finissent par nous priver du temps d’observer, de comprendre, de ressentir. »
Alors, cap sur Deauville, pour respirer l’odeur des embruns et celle précieuse, d’un temps retrouvé.
Festival Planches Contact 2025
18 octobre 2025 au 4 janvier 2026
planchescontact.fr














