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Parvis de Pau : Willy Ronis par Willy Ronis

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La photographie humaniste est un peu à la photographie ce que la chanson réaliste est à la chanson : une attention prêtée aux êtres humains, au contexte social d’une époque, et un refus de la sophistication. Si, du côté musique, on compte une majorité de chanteuses qui se sont illustrées, ce sont plutôt des photographes hommes que l’on a retenus au départ de ce mouvement, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, et Willy Ronis (1910-2009). C’est ce dernier qui est donc à l’honneur au Parvis de Pau – l’espace culturel E. Leclerc – grâce au fonds de la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie. En effet, Ronis fera don de son œuvre à l‘état français dans les années 80, dans un premier temps, puis en 2006.

À la croisée de plusieurs pratiques, il sera à la fois photojournaliste – il entrera à l’agence Rapho en 1946 – portraitiste, photographe de rue, et répondra à de nombreuses commandes pour des magazines comme Le Monde Illustré, Time, Life, Vogue, L’Écran français ou Point de vue.

« Willy Ronis, ce sont des photographies qui sont saisies, dans un instant particulier, avec une lumière merveilleuse, et c’est peut-être un des sommets du noir et blanc. Son regard est empreint de cette chaleur humaine et de cette sensibilité qui sont la marque unique de son approche photographique que l’on dit humaniste » nous dit avec passion Marc Bélit, programmateur artistique du lieu.

Ronis documentera autant la vie parisienne que le quotidien des ouvriers et leurs luttes, la douceur de vivre au bord de la marne, l’animation dans les cafés ou les amoureux qui déambulent dans les jardins ; le photographe de l’intimité, des relations sociales, en maintenant toujours sa distance pudique avec ses sujets. L’ensemble de l’exposition nous rappelle donc l’empathie qu’éprouvait le photographe à l’égard de ses concitoyens, et rapporte aussi le témoignage de la dureté d’une époque avec, tout le long de sa vie, un engagement social revendiqué. Il deviendra proche du Parti Communiste, publiera dans L’Humanité ou dans Regards et confiera « Le photographe peut dénoncer des choses, mais il ne doit pas avoir la prétention de les changer ».

Nombre de visiteurs reconnaitront l’enfant qui court, avec sous le bras, sa baguette plus grande que lui, les amoureux dominant Paris du haut de la colonne de la Bastille, le nu féminin enveloppé du soleil provençal, et, ils pourront pour certains, mettre enfin un nom sous ces images qui font partie de l’imaginaire visuel français.

Quatre vingt une images nous sont données à voir dans cet accrochage, toutes issues des quelques six cents tirages de référence, que Ronis lui-même avait sélectionnés en se plongeant dans son fonds, formant ainsi la quintessence de son travail. Cette série restera comme son testament photographique.

Jean-Jacques Ader

 

« Willy Ronis par Willy Ronis » exposition de photographies au Parvis, Espace Culturel E. Leclerc de Pau, avenue Louis Sallenave (64000) jusqu’au 24 juin 2025, entrée libre.
Informations : https://www.leparvispau.com/

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