Entre-lacement
« Portraits décontextualisés, femmes africaines des tribus reculées du sud de l’Angola, photographiés de dos: un choix intentionnel dicté par la volonté de représenter la dure condition des femmes dont la culture patriarcale dominante, dans leurs respectifs tribu à laquelle elles appartiennent, les oblige à subir l’injustice, la violence et les abus ou les oblige à lutter quotidiennement pour leurs droits essentiels.
La figure féminine, à qui j’essaie de donner la parole à travers mes photos, vit dans une condition de marginalisation et d’exclusion qui opprime ou annule tout désir de liberté.
Des femmes qui tentent apparemment de s’émanciper à travers une créativité qui se caractérise chez elles par l’habillement et coiffures; ces derniers, notamment, se présentent comme de véritables sculptures, en forme de tissage ou de corne, forgées avec de la boue, des herbes, de la graisse, de la bouse de vache, agrémenté de coquillages et de centaines de perles et boutons multicolores. Et pourtant, aussi dans cette expression esthétique, ils se conforment au conditionnement social, culturel et spirituel qui détermine et exige représentations symboliques précises.
L’aspect spirituel remonte à la religion animiste qui, à travers les formes et les canons dictés par les rites ancestraux de la tribu, il transmet ses croyances à travers des symboles. Puisque les cheveux sont la partie la plus extrême de l’individu tournée vers le ciel, oui croit que la communication avec les Dieux et les Esprits des ancêtres passe par eux pour atteindre l’âme : d’ici l’importance des cheveux.
Les implications sociales et culturelles se manifestent dans des caractérisations aux multiples facettes : chaque type de cheveux féminins évoque appartenir à un groupe ethnique; ou, dans un même contexte social, un âge différent, l’entrée dans l’âge adulte par la première menstruations ou un état civil et social particulier.














