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Livres de Nus : Chronique N° XVII : Back Is Beautiful III

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Avant que s’achève prochainement cette thématique fessière dans des publications monographiques consacrées exclusivement au postérieur, ma chronique d’aujourd’hui va, non sans quelques redites par rapport à la précédente, mais avec une indéniable délectation, s’attarder sur les plus aguichants des postérieurs, fermes et galbés, photographiés durant l’entre-deux-guerres, puis lors de la fin du 20e s. et au-delà. Démarche destinée en partie à montrer que, dans la seconde moitié du siècle dernier , les allemands, Josef Breitenbach [Ill. 5] et Günter Rössler [Ill. 6], puis Günter Blum [Ill. 7-10] persistèrent incontestablement à figurer parmi les meilleurs représentants de la photographie de nu. Mais, ce choix très personnel que je vous propose n’a pas été exclusivement dicté par mes préférences, puisque en sus du grand plasticien sensuel que fut Lucien Clergue [Ill. 11-14], ni André de Diénès, ni John Everard ou Fernand Michaud n’y figurent, ce qui aurait contraint un chapitre supplémentaire. Cette sélection anthologique a aussi pour objectif de (re)mettre en évidence les créations d’artistes plutôt rares dans l’édition comme Martin Munkacsi [Ill. 1-3] et la tendre Nell Dorr [Ill. 4], ainsi que de partager avec vous mes découvertes récentes de photographes contemporains, pratiquement tous en vie et en activité tels Fabrizio Ferri [Ill. 15], Hervé Lewis [Ill. 16-17], Thomas Ruff [Ill. 18] et Ralf Mohr [Ill. 19-20], ainsi que Reka Nyari [Ill. 21] et Atze Haytsma [Ill. 22-23] ou encore Matthieu Sonnet [Ill. 24-25]…, intentionnellement retenus de manière à composer un florilège contemporain cosmopolite de la fesse. Et je m’en voudrais de ne pas y réserver en fin une place méritée à Dahmane (Benanteur), le Newton français, pour sa prédilection affirmée pour les vues a retro et grand pourvoyeur en conséquence de postérieurs choisis et enviables, l’on s’en rendra compte sur les illustations 26 et 27.

« C’est la partie du corps la plus protégée, la plus secrète…, écrivait Jeanloup Sieff. C’est aussi, plastiquement, la partie du corps la plus émouvante (chez les dames, s’entend), faite de rondeurs et de promesses… Nous nous y arrêterons la prochaine fois. On découvrira alors qu’en matière de fessiers il y a deux écoles : la poire ou la pomme, l’ovale ou le rond, l’indigence ou la pléthore, enfin, le callipyge ou l’hottentot ; sans pour autant négliger l’essentielle nudité, des fesses toute nues comme au premier matin d’Eden ou bien partiellement couvertes d’infimes brimborions de dentelles, ‒ soyeux brésilien ou porte-jarretelles de satin, rétro et combien propice à de multiples et délicieux fantasmes. Jeanloup Sieff avait été le premier à ressentir cette veine, et affrontant les tabous, en proposera une spectaculaire illustration avec son Hommage à quatre-vingt treize derrières qui délivra la fesse de la réserve dans laquelle elle restait cloîtrée ; ouvrant bien involontairement libre cours à l’afflux débridé des débuts du 21e siècle, qui allait submerger les amateurs raffinés d’une déferlante de fesses à tout-va.

Alain-René Hardy
L’ivre de nus
[email protected]

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