Laetitia Prieur publie Le Saisissement, elle le présente ainsi.
Je vous propose une traversée en 18 images, extraites de mon livre Le Saisissement, auto-édité ce printemps. Il s’agit d’une plongée visuelle et textuelle dans l’attachement au territoire comme fondement de nos récits intimes. Ce travail interroge les contours mouvants de l’identité, non comme une donnée fixe, mais comme un concept en perpétuelle négociation : entre mémoire héritée, ce qu’on nous impose, et ce que nous choisissons d’être. Cette mémoire qui n’est pas un bloc monolithique, qui peut être un carcan lorsqu’elle impose des récits figés mais aussi une source d’inspiration pour se réinventer.
Les paysages sont des cris étouffés. Ils s’étirent, immenses, comme des arbres entre ciel et terre. Une violence y gronde, sourde et nécessaire, celle d’un combat intérieur où chaque horizon est à la fois une promesse et une blessure. Face à eux, les macros — fleurs, insectes, fragments de vie — deviennent des univers parallèles. Ce sont les détails qui sauvent, ces riens qui, assemblés, composent le sel de nos existences. Entre les deux, une tension : l’intime qui se révèle universel.
Les images se déploient en extérieur comme en intérieur, mais toujours dans la sensation d’un huis clos invisible. Les visages en sont absents — par pudeur, mais aussi par choix. Leur absence creuse l’espace et y dépose une présence fantôme. On y entend presque le souffle d’un volcan lointain, cette menace douce et constante qui rappelle que l’on est vivant.
Laetitia Prieur
Laetitia Prieur : Le Saisissement
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