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Kyotographie à Arles, Lucille Reyboz et Yusuke Nakanishi cofondateurs du festival japonais

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Kyotographie festival & Sigma présentent Kikuji Kawada à Vague-Arles jusqu’au 5 Octobre 2025. Notre collaborateur Jean-Jacques Ader a rencontré les créateurs de ce festival.

En 2024, Kyotographie, le festival international de photos de Kyoto, présentait les images de Kikuji Kawada, grand photographe japonais hélas trop méconnu. Cette année, c’est la déclinaison de cette exposition « The Map/Visions of the Invisible » supervisée par Sayaka Takahashi – directrice de la galerie PGI à Tokyo -, qui est présentée à l’espace VagueArles en programme Arles associé des Rencontres de la photographie 2025. Entretien avec les cofondateurs de Kyotographie, Lucille Reyboz et Yusuke Nakanishi.

 

Jean-Jacques Ader : Nous sommes ici chez Vague-Arles, où vous présentez avec Sigma plusieurs séries de Kikuji Kawada ; est-ce que la manifestation arlésienne était un modèle inspirant au moment de créer Kyotographie ?

Lucille Reyboz/Yusuke Nakanishi : Oui bien sûr ; Yusuke et moi venions de nous rencontrer et je lui ai proposé d’aller voir les expos d’Arles. Il n’en revenait pas que cette ville se transforme autant et devienne un lieu dédié à la photographie. La société au Japon est un monde très cloisonné, le milieu de la photographie est une petite niche, et il y a peu de gens pour pousser la porte d’une salle d’expo. C’est une des raisons qui nous ont fait choisir pour nos présentations des maisons d’artisans, des temples etc… où le grand public n’a pas l’habitude de voir de l’art. Ça nous a permis de fédérer un grand nombre de visiteurs, 300000 pour les dernières éditions.

 

JJA : Kikuji Kawada n’est pas encore très connu en France ni en Europe, est-ce une des raisons qui vous ont poussé à l’exposer ici à Arles ?

LR/YN : Tout d’abord, avec le festival international Kyotographie, nous avons aussi voulu créer un espace de transmission pour la scène photographique japonaise. Nous avons exposé Kawada il y a deux ans à Kyoto, et pas mal de japonais l’ont découvert aussi. Nous avons choisi l’opportunité de faire partie du programme associé des Rencontres d’Arles, et nous avons pensé que c’était le bon moment de présenter son travail ; il s’est lui-même beaucoup impliqué dans le projet, même s’il ne voyage plus en raison de son âge.

 

JJA : La présentation est aussi soignée que ce que vous faites à Kyoto, où vous investissez souvent des maisons aux architectures traditionnelles ; cela n’a pas été trop compliqué ?

LR/YN : Ici, les bâtiments sont solides, en pierres, en briques ou en béton ; au Japon, les constructions anciennes sont très fragiles. C’est pourquoi nous créons des espaces dans les espaces existants, des supports et des cloisons en matières naturelles, bois ou papier, les plus symboliques possible et en connexion avec les œuvres. Un de nos arguments pour installer ces scénographies était aussi de créer un pont culturel, pour que les visiteurs habituels découvrent le médium photographique et accèdent aux artistes présentés.

 

JJA : vous donnez un thème au festival tous les ans, comment le choisissez-vous ?

LR/YN : La thématique s’impose souvent à nous, naturellement j’allais dire, en fonction de l’air du temps. Nous essayons de nous retrouver autour de valeurs qui nous semblent importantes, pour traverser ensemble ces périodes assez troubles et déprimantes.

 

JJA : Après avoir présenté un ensemble de femmes photographes japonaises, en 2024, vous faites donc à nouveau partie du programme associé des Rencontres

LR/YN : Oui, c’est précieux d’être dans la programmation officielle et c’est important de conserver cette synergie entre nous, voire, de la développer à l’avenir, en présentant par exemple des projets des Rencontres d’Arles à Kyoto.

 

JJA : Votre festival vient d’être complété par Kyotophonie récemment, vous nous en dites un mot ?

LR/YN : Oui, ça fait trois ans maintenant. Nous sommes de grands amateurs de musique nous-même, et au dixième anniversaire du festival, ça s’est un peu imposé à nous. La musique ponctuait déjà certains moments ou évènements de Kyotographie. Nous avons une programmation musicale qui se fait en parallèle du festival et vient en écho à la photographie.

 

Texte & interview par Jean-Jacques Ader

 

Kyotographie festival & Sigma présentent Kikuji Kawada à Vague-Arles jusqu’au 5 Octobre 2025 ; The Map et Endless Map, The last cosmology, Los Caprichos, Vortex ; commissariat d’exposition de Sayaka Takahashi – galerie PGI, Tokyo –
Publication d’un ouvrage anniversaire « A Kyoto story » regroupant les douze éditions du festival (Seigensha) bilingue, Anglais-Japonais.
Informations : https://www.kyotographie.jp/en/
https://www.rencontres-arles.com/fr/expositions/view/1650/kikuji-kawada

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