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Kulturalis – Villa Tamaris : Gérard Uféras : La grâce et le feu

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« La grâce et le feu », livre édité par Kulturalis et l’exposition à la Villa Tamaris de la Seyne sur Mer est une rétrospective de quarante ans du travail du photographe Gérard Uféras.
Présentée sur les trois niveaux de la prestigieuse Villa Tamaris, elle retrace en neuf étapes le parcours du photographe, et se compose de près de 300 photos, et vidéos.

La photographie, chez Gérard Uféras, est une vocation précoce. Dès l’âge de huit ans, le jeune garçon, né à Paris, utilise les appareils photo que collectionne son père. A onze ans, accompagné de ses deux meilleurs amis ils décident de découvrir Paris à travers ses musées, ce périple de deux ans sera le début d’une passion pour l’art qui ne le quittera plus et irriguera tout son travail. À partir de 1984, il entame une collaboration régulière avec le journal Libération, pour lequel il réalise de nombreux reportages et qui organise sa première exposition. Il publie ensuite régulièrement dans la presse française et internationale. En 1986 Il participe à la création de l’agence Vu, agence d’auteurs, puis entre en 1993 à l’agence Rapho où il rencontre Willy Ronis, une de ses premières influences avec Henri Cartier Bresson et André Kertsz. Il se se lie d’une profonde amitié avec le grand photographe humaniste.

 

Texte de Gérard Uféras :

Mon père, David, était un merveilleux conteur. Il captivait par sa science du récit, son sens de l’humour, son intelligence et sa profonde humanité. Quand des amis étaient invités à la maison, je n’aimais rien tant que de me glisser sous la table familiale et pendant que je jouais, il racontait ses aventures de résistant pendant la guerre. Et j’apprenais le monde… fait de dangers mais aussi de fraternité et de merveilles comme le chante si bien l’oiseau à ses petits dans Le Roi et l’Oiseau. Nous habitions à cinq dans un deux pièces minuscule qui prenait alors la taille de l’univers. Avec ma découverte de l’art dans les musées c’est je pense, le ressort profond de ma passion pour la photographie.

Je suis toujours émerveillé par cette capacité que peut avoir une photographie, objet inerte, en deux dimensions, de raconter le monde. Une grande photo, c’est un peu comme la lampe d’Aladin: on y frotte sa rétine et soudain en sort un génie. Il nous conte une histoire, nous transporte, ouvre notre imagination et notre sensibilité. Et si le rapport du photographe au réel est sensible et honnête, cette photo là nous informe sur le monde et notre humanité avec la profondeur et la complexité d’un grand roman. Et puis une grande image, c’est toujours la trace d’une émotion, elle ne peut naître que si nous portons un regard sensible sur le monde et nos contemporains, la fraîcheur n’aime pas les habitudes.

La photographie est un langage, il s’inscrit dans l’histoire des formes, il est de son époque et porte en lui l’héritage de toutes les générations passées. Ce langage est fait pour être vu, je fais toujours des images pour quelqu’un, même si je ne le connais pas, c’est un partage, un acte d’amour. Je souhaite partager mes émerveillements La beauté qui est si souvent décriée aujourd’hui fait partie de la nature, c’est une des conditions de notre survie en tant qu’espèce, elle porte en creux la notion d’amour.

Pendant bien longtemps je n’ai pas osé me déclarer photographe, je trouvais cela illégitime, et plus tard, ayant acquis de l’assurance, je ne pensais pas être un artiste. Les artistes m’on tellement inspirés, et je leur dois pour certains des rencontres qui ont bouleversé ma vie. Je sais maintenant que l’art n’est pas superflu, il est essentiel à l’humanité, il participe du questionnement que l’homme se pose sur la vie, il est une aspiration à la compréhension, à la transmission et à la transcendance. Il est une émanation de notre humanité. Nous avons besoin d’art comme nous avons besoin d’oxygène.

Quand j’étais enfant, je collectionnais des billes, ces petits objets qui ont la forme de notre planète, je les sortais de ma poche, les observais émerveillé. Doisneau disait que pour lui, une des plus grandes qualités que doit avoir un photographe est celle de croire aux miracles malgré toute logique. Je continue à prendre des photos, je continue à être émerveillé par le monde et les êtres qui peuplent ce monde… et chaque petit miracle est une bille que je glisse dans poche. Je suis heureux que ce livre et cette exposition me donne l’occasion de les partager.

Gérard Uféras

 

Gérard Uféras : La grâce et le feu
Jusqu’au 27 avril 205
Villa Tamaris
295 av de la Grande Maison
83500 La Seyne sur Mer
ouvert du mercredi au dimanche de 13:30 à 18:30
Entrée libre
https://www.villatamaris.fr/fr

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