Solace
Depuis l’enfance, j’ai cherché un endroit à appeler chez moi, sans jamais me sentir véritablement chez moi nulle part. Après une émigration inattendue, ce sentiment s’est intensifié, et j’ai commencé à rechercher un lien avec le monde au-delà des contextes familiers.
En me promenant dans les parcs et les forêts de pays qui m’étaient encore inconnus, j’ai commencé à reconnaître quelque chose de familier, un écho du sentiment d’appartenance. La nature parlait un langage au-delà des mots. J’ai appelé ce processus « méditation sur la nature » — une manière de regarder en profondeur, à travers laquelle j’ai commencé à ressentir une harmonie avec moi-même et avec le monde qui m’entoure.
Le dualisme — l’opposition entre soi et le monde extérieur — est profondément enraciné dans la pensée occidentale, où l’individu est souvent perçu comme une entité distincte, séparée de son environnement et en quête d’une définition autonome. Cette division de l’existence ne fait que renforcer le sentiment de séparation, nourrissant à la fois les conflits intérieurs et extérieurs.
Depuis l’enfance, j’ai cherché un autre regard, une perspective porteuse de sens et d’espoir. La nature m’a offert une forme de solace, révélant une vision du monde unie et indivisible.
Dans mon dialogue avec la nature, j’ai découvert que tout est lié, tout est un — vivant et entier. Cette idée résonne avec la philosophie orientale, qui considère l’être humain comme intrinsèquement relié au monde plutôt que séparé de lui. Comme l’écrivait le poète soufi Rumi : « Tu n’es pas une goutte dans l’océan, tu es l’océan entier dans une goutte. »
J’explore cette expérience fluide de la vie à travers la photographie documentaire de la nature et le dessin intuitif. Je photographie la nature lors de promenades thérapeutiques en forêt — une pratique connue au Japon sous le nom de Shinrin-Yoku — capturant ces instants de connexion. Dans mon atelier, je poursuis ce dialogue avec la nature à travers l’aquarelle et le fusain. Je photographie mes dessins encore humides pour préserver l’instant et maintenir une approche photographique dans mon projet.
En intégrant des formes humaines abstraites, je souligne leur appartenance organique à la nature — leurs lignes et textures se fondent dans ses motifs. Tout comme les nervures des feuilles, les ondulations de l’eau et les formations rocheuses, le corps humain est tissé de la même matière.
Il n’y a pas de séparation — tout est interconnecté, partie d’un seul tout vivant. Tout est un. Tout est Nature.














