Notes de Tahiti
Cette série photographique s’articule autour de l’adaptation des étudiants polynésiens à la métropole. Elle cherche à documenter les projets de l’Université de la Polynésie française, la venue en France de certains élèves – dans un cadre sportif – afin de mesurer leurs ambitions, et d’entreprendre une étonnante aventure collective. Alors que le changement de fuseau horaire bouscule encore les organismes et les repères. Qu’il faut trouver sa place dans un environnement nouveau et un contexte de performance athlétique, j’ai voulu signifier les moments de flottements, la dilatation du temps et les fissures du réel. Souhaitant retranscrire l’expérience vagabonde de la découverte de l’hexagone dans un cadre parfois trouble, l’appareil se pose comme témoin, et cherche à articuler entre eux les espaces physiques et imaginaires. Ainsi, cette série cherche à retranscrire l’expérience du territoire comme une immersion rapprochée, comme un carnet de notes.
J’ai souhaité qu’elle interroge la notion de perception de la métropole par les étudiants polynésiens. Pour l’ensemble des universitaires présents dans ces images, il s’agit là d’une étape culturelle et intimement personnelle importante, celle de la découverte d’une culture à laquelle la tradition polynésienne se trouve politiquement et historiquement rattachée.
Arpenter un territoire continental aux multiples possibles peut intimider, lorsqu’on se trouve originaire d’un motu des archipels de la société. J’ai souhaité témoigner, par le médium photographique, de ces bouleversements et de ce voyage singulier. Mon objectif est de pouvoir faire trace de ce parcours émotionnel et physiologique. L’esthétique de cette série tend à l’onirisme, illustrant le dérèglement de l’environnement observé, cherchant à discerner les couleurs d’un cadre aux antipodes de la vie insulaire.














