Agathe Gaillard est morte il y a 3 jours.
Elle était une icône du monde des galeries et de la photographie.
La sienne, elle l’avait ouverte il y a 50 ans : 4 rue du Pont Louis-Philippe
C’est François Delebecque qui nous l’a appris et qui nous a donné ce très beau texte.
Jean-Jacques Naudet
Agathe Gaillard par François Delebecque
Agathe Gaillard s’est envolée dans les limbes des photographies qu’elle a défendues avec tant d’ardeur et de franc-parler.
Vendredi 13 juin à 20h23, j’ai reçu un SMS d’Eglantine Charbonnier, sa fille, m’annonçant le décès d’Agathe à l’hôpital de Narbonne, où elle était en soins palliatifs, suite à une embolie pulmonaire.
Elle était malade depuis quelques temps. J’étais allé la voir à l’hôpital Tenon à Paris où elle n’avait rien perdu de sa verve, à l’adresse du corps médical, peu bavard sur son état.
En novembre dernier, je me suis occupé, avec Simone Klein, de faire une sorte d’inventaire de sa collection personnelle de photographies, achetées directement aux artistes tout au long de sa vie.
Certains chefs-d’œuvre intemporels ornaient les murs -gris forcément- de son appartement en face de la Galerie.
J’avais osé l’aborder à Arles en 1980 et elle m’avait enjoint de venir à la Galerie à l’automne. J’ai exposé chez elle en 1982, 1985 et 1990.
Nous n’oublierons pas sa faconde, son franc-parler, ses prises de position franches du collier, percutantes parfois, mais si personnelles, pour cette pionnière, ardente défenseuse de la Photographie.
Je la vois circulant avec passion et éblouissement dans les allée de la Villa Médicis, à Rome, ou à Bomarzo, en 1984, où, pensionnaire, je l’avais faite inviter.
Ou discutant en militante féministe de l’art avec Marie-Claude Beaud, alors directrice de la Fondation Cartier (à Jouy-en-Josas) en 1985 , à qui je l’avais présentée et qui souhaitait un pilotage dans le monde de la Photographie.
Les vernissages bruissants de monde capturés par l’œil malin d’Yvette Troispoux… Hervé Guibert, adepte de l’effacement public, des secrets et des confessions à voix basse, préférant nos dîners espacés avec Astrid, mon épouse, et Mathieu Lindon, et bien entendu, Ralph Gibson, le fidèle pilier incommensurable.
C’est l’époque de Bernard Faucon, d’Erica Lennard, de Bill Brandt, de Cartier Bresson bien entendu, d’Édouard Boubat, et tant d’autres.
Les discussions passionnées avec Christian Caujolle, Jean-Philippe Charbonnier déboulant dans la Galerie, le verbe haut, Agathe, assise sur son radiateur à accumulation, la théière à portée de main…
Plus récemment, l’œil toujours aiguisé et le verbe parfois cinglant, elle aimait soutenir de nouveaux talents comme Jean-François Spricigo.
Merci Agathe.
François Delebecque














