Pour sa quatorzième édition, le HIPA Awards célèbre les photographes du monde entier autour d’un thème central : Power et de cinq catégories majeures. Du processus de sélection des images à l’impact de cette distinction sur leur parcours artistique, échanges avec Rahul Sachdev, Karim Iliya et Norris Niman, trois lauréats des années précédentes.
Pouvez-vous nous parler de l’image, de la série, de la vidéo que vous avez soumise pour le prix ?
Rahul Sachdev : J’ai choisi une photographie d’un rhinocéros blanc, solitaire, se tenant au milieu des teintes dorées du matin dans une forêt d’acacias à écorce jaune. L’image capture la présence majestueuse du rhinocéros, soulignant à la fois sa force et sa vulnérabilité.
Karim Iliya : C’est la deuxième fois que je gagne au concours HIPA. Pour cette récompense la plus récente, j’ai soumis une photo d’un surfeur pagayant à travers l’écume, blanche et mousseuse. J’ai pris cette photo avec un drone afin de montrer une perspective unique, comme celle qu’un oiseau pourrait avoir en survolant une vague.
Norris Niman : La vidéo qui a remporté le prix est la documentation d’une expédition en voilier de deux semaines le long de la côte est reculée du Groenland : une bande de 2 600 kilomètres abritant seulement 3500 habitants. Elle est protégée par un mur presque impénétrable de blocs de glace. Tout semble dire : ce n’est pas un endroit pour les humains. Mais nous avons survécu pour en raconter l’histoire du mieux que nous le pouvions.
Pourquoi avoir choisi ce travail particulier pour votre candidature ?
Rahul Sachdev : Cette image a profondément résonné en moi, car elle résume l’essence du monde sauvage et l’urgence de sa préservation. Je pensais que cette photo, avec ses couleurs riches et sa composition émotive, s’alignait parfaitement avec la célébration par HIPA d’un récit visuel puissant.
Karim Iliya : Je l’ai soumis dans la catégorie Sport. Habituellement, quand les gens pensent au sport, ils imaginent des mouvements puissants et de l’action. C’était un peu risqué de proposer quelque chose de non conventionnel, mais je voulais montrer une photo un peu différente, qui pourrait capter l’attention des juges.
Norris Niman : Cette immensité, ce sentiment d’isolement, les icebergs, les chants des baleines, les aurores boréales, la chaleur humaine de ceux qui vivent là-bas : c’était l’histoire la plus unique que j’avais à raconter.
Quel impact ce prix a-t-il eu sur votre carrière ? Sur votre visibilité en tant que photographe ?
Rahul Sachdev : Remporter le prix HIPA a été une transformation. Cela a révélé mon profil dans la communauté photographique internationale, entraînant de nombreuses opportunités de collaboration. Cette reconnaissance a également renforcé ma crédibilité, me permettant de participer à des projets et des discussions significatives autour de la conservation de la faune et de la photographie.
Karim Iliya : Pour moi, l’impact sur la visibilité est difficile à mesurer mais financièrement, le prix lui-même est très généreux. Il m’a permis de me lancer dans d’autres projets, de voyager pour photographier de nouvelles choses dans le monde entier et de continuer à documenter les animaux et la nature de notre planète.
Norris Niman : HIPA est un prix encore jeune, mais qui mérite plus de reconnaissance. J’espère que cela viendra. Pour moi, gagner ce prix a été une reconnaissance fantastique après plus d’une décennie de travail acharné sans toujours avoir de résultats pour l’effort, la passion, la sueur, le temps et l’argent investis.
Avec le recul, que retenez-vous de cette expérience ?
Karim Iliya : Devoir passer en revue son travail et essayer de le réduire à une seule photo est un processus intéressant. Je pense qu’il est important d’apprendre à condenser notre travail de manière à capter l’attention et à raconter une histoire en un instant très bref. L’expérience d’être invité pour rencontrer les autres lauréats et assister à la cérémonie de remise des prix a aussi été palpitante : discuter avec les autres gagnants, des gens venus du monde entier avec des styles photographiques magnifiques.
Rahul Sachdev : Cette expérience a renforcé en moi la conviction du pouvoir de la photographie comme moyen d’inspiration et de plaidoyer. Elle a souligné l’importance de l’authenticité, de la patience et de la passion pour capturer des moments qui résonnent. Elle a aussi mis en valeur le rôle des plateformes comme HIPA pour attirer l’attention mondiale sur des histoires qui comptent.
Quel conseil donneriez-vous aux photographes qui envisagent de participer à cette nouvelle édition de HIPA ?
Karim Iliya : Essayez d’avoir une vue d’ensemble de votre travail et repérez les images les plus uniques et intéressantes, celles qui reflètent votre passion et racontent une histoire. Parcourez vos archives avec un œil neuf, à la recherche d’images qui montrent quelque chose que les gens ne voient pas habituellement.
Rahul Sachdev : Rappelez-vous que ce n’est pas seulement une question d’excellence technique, mais aussi de capacité à raconter une histoire poignante qui peut inspirer et émouvoir. « Impactful Visual Storytelling » (récit visuel marquant) sont les trois mots que je retiendrais.
Norris Niman : Foncez ! Le pire qui puisse arriver, c’est que vous ne gagniez pas. Et vous ne gagnerez probablement pas. Mais si vous gagnez, c’est assez incroyable. Très souvent, c’est juste une question de chance. Vous avez probablement jugé votre propre travail pendant bien trop longtemps. Laissez quelqu’un d’autre le faire à votre place.
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