Le Prix international de photographie Hamdan Bin Mohammed Bin Rashid Al Maktoum (HIPA) a célébré la 14e édition de ses prix 2025 sur le thème « Le pouvoir ». Le photographe omanais Salim Al Hajri a remporté le titre de Photographe HIPA de l’année pour son reportage poignant sur le patrimoine culturel omanais et arabe.
Pour son œuvre comme son engagement constant en faveur de la préservation et de la transmission du patrimoine culturel Omanais et Arabe, Salim Al-Hajri est nommé photographe de l’année par le jury du HIPA Awards. Ses débuts en photographie commencent bien avant l’acquisition de son premier appareil professionnel en 2014.
Enfant et adolescent, il développe une sensibilité à l’image à travers des magazines, des voyages en famille et une pratique intuitive de la photographie. Lorsqu’il achète enfin son premier appareil, il explore les différentes possibilités de la photographie, et comprend son potentiel narratif : donner forme et visibilité aux histoires, aux traditions et aux paysages qui lui tiennent à cœur.
Son évolution est spectaculaire. Quatre ans après ses débuts en 2018, il organise son premier atelier, entièrement financé par ses propres moyens. En 2019, il remporte son premier prix majeur en Oman. À partir de là, sa pratique s’accélère notamment pour constituer un fonds d’archives qui compte aujourd’hui plus de 6 000 images professionnelles.
Son engagement envers la documentation du patrimoine omanais culmine avec une couverture de National Geographic consacrée à la production traditionnelle des dattes. Il remporte également la plus haute récompense lors de la compétition internationale de photographie de la FIAP au sein de l’équipe nationale omanaise.
Au-delà de sa propre pratique, Salim Al-Hajri a bâti un héritage considérable à travers les ateliers qu’il organise. A ce jour, plus de trois mille photographes y ont participé. Totalement autofinancés et gérés par son équipe ces ateliers expriment son indépendance mais aussi sa conviction que la transmission du savoir est un devoir culturel. Beaucoup de ces ateliers sont consacrés aux traditions omanaises, à la vie dans le désert et à la documentation des communautés rurales.
L’un de ses projets emblématiques demeure l’atelier photographique d’Al Sharqiyah Sands, organisé dans le désert des Wahiba Sands avec le photographe Samir bin Isa Al Busaidi. Celui-ci plonge les participants au cœur de l’environnement désertique et de la vie quotidienne de ses habitants. D’autres ateliers, comme ceux consacrés à la tradition équestre marocaine de la Tbourida ou la vaste série « We Are Oman », témoignent de son souhait d’élargir son regard au-delà d’Oman pour dire la richesse culturelle du monde arabe.
Ces activités éducatives ont renforcé son influence bien au-delà d’Oman. Son travail a été exposé par des institutions comme le Qatar Museums. Pour Al-Hajri, la mise en lumière de la richesse visuelle d’Oman à travers ses ateliers est indissociable du développement d’une culture photographique régionale et d’une meilleure visibilité des traditions arabes. Les ateliers ont également contribué au tourisme, car les images produites et diffusées par les participants ont offert un nouvel éclairage international sur les coutumes, les paysages et les communautés omanaises.
Recevoir le titre de photographe de l’année décerné par le HIPA Awards fut un moment quelque peu marquant pour lui. Al Hajiri apprend la nouvelle au cours du tournage d’une vidéo qu’il pensait ordinaire. Al-Hajri voit pour autant ce prix non comme un aboutissement, mais comme le début d’une nouvelle étape. Sa vision à long terme est claire : à partir d’Oman, il souhaite étendre son travail de documentation aux cultures du Golfe, puis à l’ensemble du monde arabe. Son ambition est de créer un vaste ensemble visuel relié, une archive vivante des traditions régionales qui célèbre la diversité et la profondeur des identités arabes.
Le prix HIPA lui offre une nouvelle visibilité, de nouvelles collaborations et la possibilité de réaliser des projets qu’il imaginait depuis longtemps, projets qui associent préservation du patrimoine, exigence artistique et volonté profonde de transmission culturelle.
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