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GOST Books : Constance Jaeggi : Escaramuza

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GOST Books publie Escaramuza (Escarmouche) de la photographe suisse Constance Jaeggi.

Dans la discipline de l’escaramuza, des équipes féminines de précision exécutent des manœuvres audacieuses à cheval, chevauchant en amazone, vêtues d’atours traditionnels. Constance Jaeggi a parcouru les États‑Unis pour documenter cette tradition mexicaine en photographiant les participantes et en enregistrant leurs récits. En tant qu’outsider de cette culture, elle a invité les poétesses mexico‑américaines Ire’ne Lara Silva et Angelina Sáenz à écrire des textes sur son travail. Dans le livre à paraître Escaramuza, leur poésie est présentée aux côtés des photographies de Jaeggi afin de transmettre collectivement les récits stratifiés et complexes de la tradition de l’escaramuza.

L’escaramuza a évolué à partir de la charrería le sport national du Mexique, historiquement réservé aux hommes. Cette discipline équestre est à la fois une performance esthétique et une démonstration de prouesse athlétique, dont les origines se trouvent dans l’élevage bovin. La discipline de l’escaramuza a été inventée pour permettre la participation des femmes, et les costumes ainsi que les figures synchronisées qu’elles exécutent s’inspirent des Soldadera ou Adelita, les femmes qui ont combattu pendant la Révolution mexicaine entre 1910 et 1920. Chaque équipe se compose de huit cavalières qui éxecutent des figures en croisant leurs trajectoires à grande vitesse, handicapées par la monte en amazone, qui ne permet un bon contrôle que d’un seul côté du cheval.

Jaeggi, elle‑même cavalière de compétition, a d’abord été attirée par l’aspect visuel de ce sport. Les robes traditionnelles d’inspiration victorienne sont colorées et sophistiquées, et la performance est décrite comme un ballet à cheval. Mais elle a vite été captivée par les histoires des femmes qu’elle a rencontrées. Un récit s’est dessiné, centré sur l’immigration et son rôle dans le développement du sport aux États‑Unis. Beaucoup de cavalières ont exprimé le fait de ‘ne pas se sentir assez mexicaines lorsqu’elles voyagent au Mexique, mais de ne pas se sentir assez américaines chez elles non plus.’

Les escaramuzas travaillent toute l’année pour perfectionner leurs compétences. Elles s’occupent de leurs chevaux et les nourrissent, s’entraînent avec eux, conduisent de longues heures en remorquant des vans vers les compétitions et gèrent leur budget pour payer l’équipement, le harnachement et les tenues. Pendant deux ans, Jaeggi s’est rendue en Arizona, Californie, Colorado, Géorgie, Idaho, Illinois, Iowa, Oregon, Texas et Washington pour documenter cette culture qui fait le pont entre l’identité mexico‑américaine contemporaine et les femmes combattantes de la Révolution mexicaine.

‘Mes portraits cherchent à amplifier l’émancipation et je crois que le regard des sujets est central à cet égard. Les femmes affrontent l’objectif et s’approprient les espaces qu’elles occupent. Ces choix sont significatifs, car j’ai photographié les escaramuzas dans un paysage qui, historiquement, a été le domaine privilégié de l’homme blanc. Dès lors, on peut considérer l’escaramuza comme une reconquête de cet espace par les femmes, de leur droit à y coexister, et comme un refus d’être confinées à la sphère domestique. Pour toute sa tradition et sa formalité, je crois que l’escaramuza est une force puissante de perturbation des rôles de genre établis dans la charrería.’ – Constance Jaeggi

 

Constance Jaeggi : Escaramuza
Poésie d’Angelina Sáenz et d’ire’ne lara silva
GOST Books
Décembre 2025
350×282 mm
128 p.
50 images
Relié
ISBN 978-1-915423-96-2
ISBN signé 978-1-915423-97-9
https://gostbooks.com/en-us

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