Les éditions Maisonneuve et Larose présentent Algériennes surexposées, un livre par Zalia Sékaï.
« Ouvre ton œil » dit une expression kabyle car « oui vaste est la prison algérienne», et plus particulièrement celle des femmes.
« L’effacement, l’enfermement, le refoulement, l’encerclement, autant de négativités qui assaillent depuis l’origine, pour un noir destin, cette terre âpre et drue où la féminité même semble ne faire qu’exaspérer une cruauté diffuse. ‘Oui, vaste est la prison algérienne ! » – Jacques Berque lettre à Assia Djebar, du 2.06.95 (cinq jours avant sa mort)
1960 : guerre d’Algérie, camps de regroupement et contrôle de la population. L’armée française dévoile les femmes algériennes pour les photos d’identité. Clandestinement, Marc Garanger, appelé anti-militariste, réalise des portraits, dans un cadre officieux. Derrière ces photos, ce sont des femmes détruites par les violences, et la guerre qui exalte la suprématie masculine. Derrière l’image, il y a des histoires et l’Histoire, un hors-champ : une aliénation coloniale si forte qu’elle fait jaillir l’aliénation ancestrale. Des corps de la honte et du gibier de guerre, survivant dans des univers hypersexualisés et hypergenrés, des femmes anéanties, coincées entre tous les dominants, tous les conservatismes. Les paroles d’auteurs tels que M. Feraoun, J. Roy, T. Amrouche, G. Mattéi, J. Sénac, …, complètement dévastés par ce conflit, prêtent renfort à ces photos, en rapportant des moments de leur vécu, et en contribuant à l’émancipation des femmes. Les photos nous incitent à nous introduire dans les interstices de l’histoire, de cette tragédie coloniale profondément déstructurante et d’un esprit contraire à la mixité ethnique et sexuelle.
Zalia Sékaï est auteure dramatique. Elle a notamment publié Autopsie d’un exil algérien ou Lux beauté à la rose (éd. du Cygne) et créé la pièce En Attendant l’Algérie.
Zalia Sékaï : Algériennes surexposées
Éditions Maisonneuve et Larose
342 pages
40 photos environs
https://www.hemisphereseditions.com/














