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De Wall Street à South Street Seaport

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Suite à presque un an de fermeture, le South Street Seaport Museum a ré ouvert ses portes au public mercredi dernier. En conjoncture avec le Museum of City of New York, seize nouvelles galeries ont vu le jour présentant des artéfacts historiques, de la vidéo, du design contemporain ou de la photographie. Une large exposition est dédiée à la couverture en images du mouvement Occupy Wall Street, à deux pas de son berceau.

En se mêlant à la foule du mouvement Occupy Wall Street, à l’été 2011, il arrivait de croiser plus de photographes que d’activistes. D’innombrables images ont largement envahit la presse mais jusqu’ici aucun événement n’avait rassemblé les plus significatives. C’est donc naturellement que Sean Corcoran, conservateur au Museum of City of New York, qui parraine la réouverture du South Street Seaport Museum, a eu l’idée d’un appel à candidature. « Nous avons lancé le projet sur notre site, explique-t-il, puis j’ai consulté les éditeurs photo de publications américaines majeures pour rassembler un maximum d’images et en tirer une sélection. Ce ne fut pas si évident, surtout sur le point logistique. »

L’exposition fait figure de projet photo journalistique ambitieux, riche et éclectique. On y trouvera les images de ceux qui apparaissent de façon récurrente dans la presse, de Chang W. Lee, du New York Times, en passant par Martine Fougeron, contributeur régulier du New Yorker ou encore celles, magnifiques, d’Ashley Gilbertson, membre de l’agence VII. Pour autant, un grand nombre de photographies d’amateurs ou de photographes méconnus se sont glissées dans l’exposition.

C’est le cas de Cassandra Giraldo, jeune photographe encore étudiante en documentaire à l’International Center of Photography, dont le « regard du chien sur l’épaule » a pu en touché plus d’un. Une façon pour elle de s’immiscer au milieu de grands noms, sans avoir quelque chose à perdre.

« J’ai dédié beaucoup de mon temps à documenter les évènements d’Occupy Wall Street, raconte-t-elle ; il était pour moi naturel de tenter de contribuer à une tranche de l’histoire visuelle de mon pays. Faire partie de cette exposition groupée est un plus pour la photographe novice que je suis. Voir ma photographie au milieu de toutes les autres m’a rendue nostalgique de ces jours fleuris. »

Au milieu de la foule, celle des invités du vernissage cette fois, quelques activistes d’Occupy Wall Street ont pu retrouver leur visage et juger leurs sentiments, quelques mois après le départ de leur mouvement. L’un d’eux a déclaré publiquement : « C’est à la fois intéressant et bizarre de voir les évènements de l’automne si rapidement introduits dans une galerie d’art, particulièrement l’une d’entre elle qui massivement financée par le système que nous tentons de combattre. » On retiendra pourtant la diversité qui anime l’exposition et l’image qu’elle veut diffuser du mouvement, Celle des jeunes et des vieux main dans la main, du chaos et de l’ordre, du visage de ces hommes et de ceux qui se le sont caché. « L‘édition de l’exposition illustre bien l’intense mais ordonné chao d’Occupy Wall Street, analyse Cassandra Giraldo. Elle amène instantanément le spectateur au beau milieu des scènes, les poussant à sentir un groupe enragé et passionné de manifestants jusque dans leur chair. »

Jonas Cuénin

Occupy Wall Street, as captured by photojournalists
Au South Street Seaport Museum, en partenariat avec le Museum of the City of New York
12 Fulton Street,
New York NY 10038

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